Le mécanicien de précision Mécachrome traverse une phase délicate. Redevenu président en lieu et place de son fils Guillaume, Gérard Casella redéploie les implantations du groupe.
A Aubigny-sur- Nère (18), la suppression d’une centaine de postes est prévue. Les syndicats craignent, à terme, le transfert d’une partie du siège social, installé à Tours, vers le Québec.
Mauvaise passe pour Mécachrome. Le mécanicien de précision d’Aubigny-sur-Nère (18), commune où est implantée la principale unité de l’entreprise, est à la peine depuis plusieurs mois.
Ce groupe de 2 000 salariés (11 sites), confronté aux retards de programmation de ses principaux donneurs d’ordre dans l’aéronautique (Boeing, Airbus), aux effets dévastateurs de la parité €/$ et à la baisse de son activité de motoriste pour les écuries de F1 (en particulier Renault Sport) et les championnats US (Nascar), est dans une phase délicate depuis 2006 (perte de 8,9 M€ sur l’exercice, ramené à 1,3 M€ en 2007).
Afin de retrouver la confiance des banques et de ses clients, Mécachrome se devait de réagir. Il l’a fait de plusieurs manières : tout d’abord, les milieux d’affaires ont appris cet été le retour à la présidence et à la direction opérationnelle de Gérard Casella en lieu et place de son fils Guillaume (ci-contre) qui présidait la société depuis 2002. Ce dernier n’aura pas démérité. Il a été, en effet, l’artisan de l’internationalisation plutôt réussie du groupe et notamment de son implantation au Québec via l’acquisition, en 2002, des ateliers d’usinage d’Aero, devenu Aero Mécachrome. Une implantation qui a permis à l’entreprise française de se rapprocher de donneurs d’ordre aussi importants que Boeing ou Bombardier. Mais l’échec essuyé à la bourse de Toronto – le titre introduit à l’automne 2007 au prix de 14 $CAN ne valait plus que… 1,01 $CAN à la mi-août 2008… – aura précipité son éviction. Revenu aux affaires, Gérard Casella s’est employé à redresser la barre. Il a annoncé dès cet été un plan qui “vise à réaliser chaque année une économie de 10 M€”. Logiquement, le groupe s’est engagé dans un programme de réduction des effectifs qui se traduira par la suppression d’une centaine de postes à Aubigny où Mécachrome emploie 700 collaborateurs (cf. LV n° 480). La réduction du nombre de salariés – également engagée au Québec – va s’accompagner de la création d’une nouvelle unité industrielle à Tanger sur une zone franche qui prendra en charge des fabrications à plus faible valeur ajoutée, confiées jusqu’alors à des sous-traitants dans le nord de la France.
Une remise en cause de la récente implantation tourangelle du groupe ?
Par ailleurs, la direction souhaite “mieux contrôler ses coûts et opérer des réductions ciblées de certaines dépenses immobilisées”. Selon les syndicats, le groupe pourrait notamment remettre en question son implantation tourangelle… encore toute fraîche. Mécachrome a, en effet, décidé l’an passé d’implanter son siège social à Tours Nord dans le programme immobilier Aéronef. La direction projetait encore récemment de prendre à bail 1 000 m2 supplémentaires. Mais, soucieuse de réduire les coûts, l’entreprise se serait ravisée et aurait mis à l’étude le transfert d’au moins une partie des tâches – qui emploient aujourd’hui quelque dizaines de salariés – vers le Québec où elle a déjà installé son siège international et dispose d’importantes capacités foncières.
Selon une source proche de ce dossier, Mécachrome souhaiterait remettre à disposition une partie des surfaces louées dans l’immeuble de Tours Nord. Rappelons que le mécanicien de précision exploite une unité (Silmeca) à Amboise (37), spécialisée dans l’usinage et l’assemblage d’ensembles complexes pour l’aéronautique et l’automobile, qui n’est pas concernée par ce programme de restructuration.
En guise de lot de consolation, Gérard Casella a annoncé du Québec – où il tenait une conférence de presse très attendue – que le groupe envisageait de développer à Aubigny une activité de traitement de surface susceptible de créer – à terme – près de 150 emplois. Il a aussi donné rendez-vous le 30 septembre à la communauté financière. De nouvelles actions correctives pourraient être présentées, le groupe se livrant dans cette attente à une “revue complète” de ses activités.
Mauvaise passe pour Mécachrome. Le mécanicien de précision d’Aubigny-sur-Nère (18), commune où est implantée la principale unité de l’entreprise, est à la peine depuis plusieurs mois.
Ce groupe de 2 000 salariés (11 sites), confronté aux retards de programmation de ses principaux donneurs d’ordre dans l’aéronautique (Boeing, Airbus), aux effets dévastateurs de la parité €/$ et à la baisse de son activité de motoriste pour les écuries de F1 (en particulier Renault Sport) et les championnats US (Nascar), est dans une phase délicate depuis 2006 (perte de 8,9 M€ sur l’exercice, ramené à 1,3 M€ en 2007).
Afin de retrouver la confiance des banques et de ses clients, Mécachrome se devait de réagir. Il l’a fait de plusieurs manières : tout d’abord, les milieux d’affaires ont appris cet été le retour à la présidence et à la direction opérationnelle de Gérard Casella en lieu et place de son fils Guillaume (ci-contre) qui présidait la société depuis 2002. Ce dernier n’aura pas démérité. Il a été, en effet, l’artisan de l’internationalisation plutôt réussie du groupe et notamment de son implantation au Québec via l’acquisition, en 2002, des ateliers d’usinage d’Aero, devenu Aero Mécachrome. Une implantation qui a permis à l’entreprise française de se rapprocher de donneurs d’ordre aussi importants que Boeing ou Bombardier. Mais l’échec essuyé à la bourse de Toronto – le titre introduit à l’automne 2007 au prix de 14 $CAN ne valait plus que… 1,01 $CAN à la mi-août 2008… – aura précipité son éviction. Revenu aux affaires, Gérard Casella s’est employé à redresser la barre. Il a annoncé dès cet été un plan qui “vise à réaliser chaque année une économie de 10 M€”. Logiquement, le groupe s’est engagé dans un programme de réduction des effectifs qui se traduira par la suppression d’une centaine de postes à Aubigny où Mécachrome emploie 700 collaborateurs (cf. LV n° 480). La réduction du nombre de salariés – également engagée au Québec – va s’accompagner de la création d’une nouvelle unité industrielle à Tanger sur une zone franche qui prendra en charge des fabrications à plus faible valeur ajoutée, confiées jusqu’alors à des sous-traitants dans le nord de la France.
Une remise en cause de la récente implantation tourangelle du groupe ?
Par ailleurs, la direction souhaite “mieux contrôler ses coûts et opérer des réductions ciblées de certaines dépenses immobilisées”. Selon les syndicats, le groupe pourrait notamment remettre en question son implantation tourangelle… encore toute fraîche. Mécachrome a, en effet, décidé l’an passé d’implanter son siège social à Tours Nord dans le programme immobilier Aéronef. La direction projetait encore récemment de prendre à bail 1 000 m2 supplémentaires. Mais, soucieuse de réduire les coûts, l’entreprise se serait ravisée et aurait mis à l’étude le transfert d’au moins une partie des tâches – qui emploient aujourd’hui quelque dizaines de salariés – vers le Québec où elle a déjà installé son siège international et dispose d’importantes capacités foncières.
Selon une source proche de ce dossier, Mécachrome souhaiterait remettre à disposition une partie des surfaces louées dans l’immeuble de Tours Nord. Rappelons que le mécanicien de précision exploite une unité (Silmeca) à Amboise (37), spécialisée dans l’usinage et l’assemblage d’ensembles complexes pour l’aéronautique et l’automobile, qui n’est pas concernée par ce programme de restructuration.
En guise de lot de consolation, Gérard Casella a annoncé du Québec – où il tenait une conférence de presse très attendue – que le groupe envisageait de développer à Aubigny une activité de traitement de surface susceptible de créer – à terme – près de 150 emplois. Il a aussi donné rendez-vous le 30 septembre à la communauté financière. De nouvelles actions correctives pourraient être présentées, le groupe se livrant dans cette attente à une “revue complète” de ses activités.









