Le Loiret cherche son second souffle

Les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent dans le ciel du Loiret. Le tissu industriel se délite et les suppressions d’emplois se multiplient. L’ouverture de l’A 19 et l’aménagement de nouveaux parcs d’activités suffiront-ils à redonner un élan au département ? 
Tourmente dans le Loiret. Depuis le début de l’année, les annonces ou confirmations de fermetures d’usines et de plans de sauvegarde de l’emploi s’accumulent : ThyssenKrupp à Amilly, Faurecia à Nogent-sur- Vernisson, après Beaugency en 2005, les Fonderies de Meung-sur- Loire, TDA Armement à la Ferté-St-Aubin, FagorBrandt à St-Jean-de-la-Ruelle, Quelle à Saran, Lexmark à Boigny-sur- Bionne, Hitachi à Ardon, Avon Spencer Moulton à Malesherbes, Isochem et Supinfor Securex à Pithiviers, St- Gobain Desmarquest à Courtenay, Gascogne à Dordives… ont, tour à tour, rayé plus de 1 000 postes des effectifs salariés du département. Steco Batteries, à nouveau en difficulté à Outarville, et Duralex à la Chapelle-St-Mesmin pourraient fort alourdir la note d’ici à quelques mois. Comment expliquer ce marasme dans un département qui faisait pourtant figure de modèle à la fin de la précédente décennie ? “Nous payons certainement une forte exposition à l’industrie automobile” avance l’un des acteurs du développement économique local. “Mais la situation du Loiret est-elle si catastrophique ?” s’interroge-t-il, en notant “les résultats satisfaisants des opérations de reclassement”. Chez Quelle, par exemple, la grande majorité des 150 salariés licenciés auraient retrouvé du travail. Idem chez Faurecia, à Beaugency, où le taux de réemploi est “tout à fait acceptable”. Force est toutefois de constater que la population salariée est en baisse dans le Loiret (1 444 emplois de moins sur un an, source Assédic), alors que, dans le même temps, elle se renforce de 3 300 postes en Indre-et-Loire et de 1 300 dans le Loir-et-Cher, pourtant en pleine convalescence après la disparition de Matra Automobile. Le Loiret “a préservé sa primauté dans le domaine de la logistique” assure notre interlocuteur. Il est vrai que Deret, associé à ProLogis, poursuit son expansion. Il s’apprête à lancer un nouveau programme de 110 000 m2 au nord d’Orléans (cf. LV n°439) et a rempli en début d’année, avec l’installation de Transalliance, le bâtiment de Meung-sur-Loire en façade de l’A 10. L’an passé, l’américain Office Depot a choisi le même parc d’activité Synergie Val de Loire pour sa plate-forme de distribution, génératrice de 260 emplois nouveaux. FM Logistic, en dépit du conflit engagé avec les riverains, promet 80 000 m2 à Neuville- aux-Bois. Reste que la concurrence est plus rude et que les départements voisins peuvent présenter un bilan aussi favorable. Révélateur : Mondial Relay quitte la commune de Baule, à côté de Beaugency, pour construire une plate-forme de 3 000 m2 sur le parc d’activité des Portes de Chambord, à Mer, dans le Loir-et-Cher voisin. “Ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on soigne le malade, corrige un observateur attentif de la vie économique régionale. Il y a quelques années, il aurait été impensable que Mécachrome préfère Tours à Orléans pour implanter son siège social (115 salariés) ou que Renault choisisse d’installer son centre logistique de pièces détachées, avec 350 emplois à la clé, à Villeroy, dans l’Yonne, à une dizaine de kilomètres de Courtenay.”

Pas de foncier, pas de développement

Le Loiret ne se serait-il pas assoupi ? Sa politique d’aménagement a connu un net ralentissement et l’échec du dossier Renault, en mal de trouver sur place les 200 ha nécessaires à son projet logistique, en est l’illustration. Il faut ici rappeler l’évidence : sans foncier et locaux disponibles, le développement économique d’un territoire relève du tour de force. L’ouverture en 2009 du barreau Artenay-Courtenay de l’A 19 et la création de zones d’activité le long de son tracé pourraient sonner le réveil. A Montargis, comme au nord d’Orléans, la CCI renoue avec sa vocation d’aménageur. Cela s’est d’ailleurs presque immédiatement traduit par l’émergence de projets, comme celui du promoteur Gicram sur Arboria. D’aucuns rétorquent que si “la raréfaction des implantations d’entreprises extérieures au département est évidente”, l’industrie continue à investir… C’est le cas de la Comap qui va engager 20 M€ à St-Denis-del’Hôtel (cf. notre rubrique Affaires), mais aussi de Proma à Gien, V2Med à Ste-Geneviève-des-Bois, Ibiden à Courtenay ou Sanofi-Aventis à Amilly. Et Christian Dior s’apprêterait à annoncer, probablement dans les tout prochains jours, une nouvelle étape de développement du centre de R&D du groupe LVMH à St-Jean-de-Braye.

François-Xavier Beuzon

et Jean-Christophe Savattier

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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