Le Medef demande moins de dépenses publiques

S’il minimise l’impact réel de la hausse de la part régionale des impôts locaux, Etienne Rouxel, président du Medef Touraine et du Medef Centre, demande instamment une pause dans la progression des prélèvements obligatoires.

La Lettre Valloire : La fiscalité régionale fait-elle peur aux entreprises ?
Etienne Rouxel : Il s’agit pour nous d’une question de principe. L’augmentation de la part régionale des impôts locaux ne représente pas de sommes considérables (voir plus haut, NDLR), mais la pression fiscale, toutes catégories confondues, devient insupportable pour les entreprises. C’est pourquoi nous tirons la sonnette d’alarme et demandons un effort très important d’assainissement des finances publiques.

LV : Que préconisez-vous ?

ER : La réforme de l’Etat et la baisse de son train de vie. Entre l’annonce des mesures et leur application, trop de temps s’écoule. Le monde de l’entreprise ne comprend pas ce décalage. Quand cela va mal, les chefs d’entreprise prennent des décisions quasi immédiates. Le gouvernement doit avancer plus vite dans la voie de la réforme. Il serait souhaitable de profiter du départ à la retraite des fonctionnaires nés dans les années d’après-guerre pour réduire leur nombre en limitant les remplacements, par exemple, à 1 arrivée pour 2 départs.

LV : Que répondez-vous à ceux qui accusent le gouvernement de faire la politique du Medef ?

ER : C’est complètement faux. Le Medef propose des mesures de simple bon sens. En ce qui concerne la taxe professionnelle, celui qui a fait le plus pour les entreprises est certainement Laurent Fabius, lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances (gouvernement Jospin, NDLR), en instaurant une suppression progressive de la part salariale.
 

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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