Le rachat de l’entreprise de Joué-lès-Tours Frans Bonhomme par le britannique Cinven a intrigué Le Monde, qui lui a consacré lundi 24 octobre un long papier. Depuis l’entrée de Butler Capital dans le tour de table de la SNCM, le célèbre quotidien s’est trouvé un nouvel ennemi à pourfendre : les fonds d’investissement.
Après les patrons voyous, voici venu le temps des fonds d’investissement prédateurs. Walter Butler et sa société Butler Capital Partners, co-repreneurs de la SNCM, en sont les héros involontaires. Le patronyme américain du fondateur – quoique citoyen français, passé par Sciences Po, l’Ena et les cabinets ministériels – a fait de lui un nouveau symbole du capitalisme apatride. Jamais en retard d’un combat contre l’argent roi, Le Monde a choisi d’instruire son procès en relatant les rachats successifs de l’entreprise jocondienne Frans Bonhomme, dont le dernier remonte au mois d’octobre. Si son siège est installé dans l’agglomération tourangelle depuis des lustres, Frans Bonhomme n’est guère connue du grand public que par ses quelque 300 points de vente de tubes et raccords plastiques. Un maillage important qui lui a permis de réaliser un CA de 538 M€ en 2004. Discrète en Touraine, Frans Bonhomme semble posséder une forte notoriété dans le milieu de la haute finance. Pour les gérants de fonds, indique le quotidien du soir, “la PME est une superbe vache à lait, qui génère une abondante trésorerie. Elle dispose (…) d'un pouvoir de négociation important auprès de ses fournisseurs, ce qui lui permet de dégager des marges confortables”. Elle a le profil idéal “pour faire l'objet d'acquisitions en LBO car elle peut supporter une lourde dette d'acquisition (à ce sujet, on peut utilement consulter notre récent numéro hors série sur la cession-reprise d’entreprises, NDLR)”. Et Le Monde d’égrener les transactions dont a fait l’objet la blue chip company de Joué-lès-Tours. Dans les années 1980, les actionnaires sont les armateurs Delmas Vieljeux et Blanzy-Ouest. Puis, Frans Bonhomme “tombe” entre les mains de l'homme d'affaires Vincent Bolloré qui va la revendre en 1994 via un LBO auquel sont associés Fonds Partenaires Gestion (filiale de la banque Lazard) et Apax. L'entreprise réalise alors un CA d'environ 240 M€ et emploie plus de 1 100 personnes (700 de moins qu’aujourd’hui). En 2000, nouvelle vente, cette fois à PAI, Cinven et Astorg. En six ans, la valorisation est passée de 180 à 390 M€. En 2003, nouveau LBO avec Apax, Goldman Sachs et Barclays Private Equity. Frans Bonhomme vaut alors 520 M€. Enfin, le mois dernier, quatrième LBO avec revente à Cinven sur la base de 900 M€. “Peut-on mettre en oeuvre une véritable stratégie d’entreprise en si peu de temps ?” s’interroge le journaliste. Un des directeurs d’Apax a beau plaider que sa société “a permis à 400 salariés de participer au LBO et d'acheter des parts du capital de l'entreprise avec des conditions d'endettement avantageuses”, on sent le rédacteur franchement hostile… n’hésitant pas à citer un hypothétique “bon connaisseur de l’entreprise” (ficelle habituelle qui consiste à faire dire à un inconnu ce que l’on veut dire soi-même, NDLR) : “A leur arrivée, les précédents actionnaires de Frans Bonhomme voulaient tous la développer. Quand ils voyaient que ses résultats étaient excellents, ils estimaient que ce n'était plus nécessaire”.
Après les patrons voyous, voici venu le temps des fonds d’investissement prédateurs. Walter Butler et sa société Butler Capital Partners, co-repreneurs de la SNCM, en sont les héros involontaires. Le patronyme américain du fondateur – quoique citoyen français, passé par Sciences Po, l’Ena et les cabinets ministériels – a fait de lui un nouveau symbole du capitalisme apatride. Jamais en retard d’un combat contre l’argent roi, Le Monde a choisi d’instruire son procès en relatant les rachats successifs de l’entreprise jocondienne Frans Bonhomme, dont le dernier remonte au mois d’octobre. Si son siège est installé dans l’agglomération tourangelle depuis des lustres, Frans Bonhomme n’est guère connue du grand public que par ses quelque 300 points de vente de tubes et raccords plastiques. Un maillage important qui lui a permis de réaliser un CA de 538 M€ en 2004. Discrète en Touraine, Frans Bonhomme semble posséder une forte notoriété dans le milieu de la haute finance. Pour les gérants de fonds, indique le quotidien du soir, “la PME est une superbe vache à lait, qui génère une abondante trésorerie. Elle dispose (…) d'un pouvoir de négociation important auprès de ses fournisseurs, ce qui lui permet de dégager des marges confortables”. Elle a le profil idéal “pour faire l'objet d'acquisitions en LBO car elle peut supporter une lourde dette d'acquisition (à ce sujet, on peut utilement consulter notre récent numéro hors série sur la cession-reprise d’entreprises, NDLR)”. Et Le Monde d’égrener les transactions dont a fait l’objet la blue chip company de Joué-lès-Tours. Dans les années 1980, les actionnaires sont les armateurs Delmas Vieljeux et Blanzy-Ouest. Puis, Frans Bonhomme “tombe” entre les mains de l'homme d'affaires Vincent Bolloré qui va la revendre en 1994 via un LBO auquel sont associés Fonds Partenaires Gestion (filiale de la banque Lazard) et Apax. L'entreprise réalise alors un CA d'environ 240 M€ et emploie plus de 1 100 personnes (700 de moins qu’aujourd’hui). En 2000, nouvelle vente, cette fois à PAI, Cinven et Astorg. En six ans, la valorisation est passée de 180 à 390 M€. En 2003, nouveau LBO avec Apax, Goldman Sachs et Barclays Private Equity. Frans Bonhomme vaut alors 520 M€. Enfin, le mois dernier, quatrième LBO avec revente à Cinven sur la base de 900 M€. “Peut-on mettre en oeuvre une véritable stratégie d’entreprise en si peu de temps ?” s’interroge le journaliste. Un des directeurs d’Apax a beau plaider que sa société “a permis à 400 salariés de participer au LBO et d'acheter des parts du capital de l'entreprise avec des conditions d'endettement avantageuses”, on sent le rédacteur franchement hostile… n’hésitant pas à citer un hypothétique “bon connaisseur de l’entreprise” (ficelle habituelle qui consiste à faire dire à un inconnu ce que l’on veut dire soi-même, NDLR) : “A leur arrivée, les précédents actionnaires de Frans Bonhomme voulaient tous la développer. Quand ils voyaient que ses résultats étaient excellents, ils estimaient que ce n'était plus nécessaire”.









