A mi-chemin de Blois et de Vendôme, l’aérodrome du Breuil a fédéré autour de sa piste d’envol une poignée d’entreprises liées au marché de l’aéronautique. Si leurs effectifs cumulés ne dépassent guère la quarantaine de personnes, elles constituent un mini-pôle de compétitivité en milieu rural.
Il y a une bonne dizaine d’années, l’installation du fabricant de drones CAC Systèmes sur l’aérodrome du Breuil, entre Blois et Vendôme, avait fait naître beaucoup d’espoirs. Si la startup créée à La Celle-St- Cloud par de jeunes passionnés d’aéronautique n’a pas survécu - EADS a définitivement sifflé la fin de la partie en juin 2004 -, la graine plantée à l’époque a généré de jeunes pousses. Les six entreprises désormais implantées au Breuil - trois d’entre elles se partagent les anciens locaux de CAC - ont toutes été séduites par la situation privilégiée de l’aérodrome blésois - "Le Breuil est au centre de la France, donc au coeur de notre marché" résume l’un des arrivants -, sa piste de 1 250 mètres, complétée par une piste ULM de 300 mètres, et ses équipements de qualité (VFR-IFR, balisage lumineux...). La première à s’être enracinée est le fabricant d’ULM Sauper Aviation. Arrivé au début de l’année 2002 en provenance de Morand, p r è s d e C h â t e a u - Renault, avec un court intérim à Blois, Sauper est déjà un constructeur éprouvé d’engins ultra-légers motorisés : après le Joker J 300, dont il a vendu une centaine d’exemplaires, il s’apprête à lancer la production commerciale de son dernier-né, le Papango, actuellement en cours de certification. Sauper, qui emploie 16 personnes, mise beaucoup sur ce nouvel appareil qu’il destine, entre autres, à une clientèle de professionnels. "Le Papango pourrait notamment être très utile à la lutte antiacridienne (contre les criquets, ndlr)" avance un porte-parole de l’entreprise. Plus jeune sur ce marché de l’ULM, Aéronix compte livrer son premier appareil au début de l’année prochaine. L’Airelle d’Aéronix est le seul à utiliser la technique du push-pull, ses deux moteurs, à l’avant et à l’arrière, lui assurant à la fois une traction et une propulsion et, surtout, une sécurité pour le pilote et son passager en cas de panne de l’un d’entre eux. "Dans la situation de perte de l’un des deux moteurs, leur positionnement dans l’axe permet d’éviter un vol dissymétrique comme un appareil équipé d’un moteur sur chaque aile. En outre, la perte de puissance est limitée et l’avion peut encore voler à 155 km/h, soit largement au-dessus de la limite en-deçà de laquelle il n’est plus manoeuvrable" précise Lionel de Mauduit, le fondateur de l’entreprise. Arrivée au Breuil en février 2004 après avoir quitté Elancourt (78), Aéronix compte aujourd’hui 14 salariés. D’ici à la fin de l’année, la jeune société passera en SAS et fera entrer un nouveau partenaire à son capital. Dotée d’environ 3 M€ de fonds propres, elle pourra attendre sereinement la phase d’industrialisation et de commercialisation de ses appareils, vendus environ 95 000 € prix public.
Le retour des drones
De création encore plus récente, Gates Technology s’est positionnée sur le marché des drones. Ses deux fondateurs, Pascal Le Roux et Christophe Loustaudine - deux anciens de la R&D de CAC Systèmes - ont conçu un modèle dirigeable équipé de deux ballons gonflés à l’hélium, défini, en toute simplicité, "comme un catamaran des airs". Comme tout dirigeable, il est capable - et c’est là sa grande originalité par rapport aux drones classiques - d’un vol stationnaire. "Cela fait quatre ans que nous travaillons sur ce projet" explique Pascal Le Roux. Il aura fallu effectivement des mois de recherche pour diviser par deux ou trois la prise au vent - inconvénient majeur du dirigeable - et trouver l’astuce permettant de limiter l’effet pendulaire de la nacelle. Gates Technology a choisi de s’installer à Naveil, en banlieue de Vendôme, mais n’exclut pas de se transporter d’ici à quelques années jusqu’au Breuil, situé à faible distance. En attendant, ses créateurs s’apprêtent à terminer un premier drone et se déclarent en mesure de lancer une production commerciale. Ils visent le marché civil et notamment celui de la surveillance et de la sécurité (sites sensibles, ouvrages d’art, protection incendie). Après une seconde levée de fonds et une avance remboursable de l’Anvar, Gates dispose d’un pécule d’environ 300 000 € pour assurer sa subsistance jusqu’aux premières rentrées. Toujours dans le domaine des drones, Onboard- Controls a rejoint Le Breuil et l’ancien bâtiment de CAC Systèmes après avoir décollé à Sophia-Antipolis. La société met au point des systèmes électroniques embarqués pour les fabricants de drones (EADS, Sagem, Dassault) et d’avions d’affaires. Benjamin Lehmann, l’un de ses fondateurs, ne consentira pas à en dire plus sur cette société qui apprécie surtout... la discrétion et l’isolement de l’aérodrome du Breuil. Décidément très éclectique, Le Breuil est aussi la base arrière d’une petite compagnie aérienne, Air Taxi, plutôt tournée vers les marchés de niche : transport à la demande, tournée d’hommes politiques ou de vedettes du show-biz, fret urgent... Blois Aéro-Services, créée en décembre 2003, s’est quant à elle spécialisée dans la maintenance d’avions d’affaires. Gérard Guy, son gérant, possède une expérience d’une trentaine d’années dans ce secteur "très fermé, où tout le monde se connaît". Les ateliers du Breuil - un hangar de 900 m2, qui sera prochainement porté à 1 500 m2 - assurent l’entretien d’avions jusqu’à 19 places de type Beechcraft, Cessna ou Piper mais les 5 salariés - bientôt 8 - de Blois Aéro Services se déplacent aussi à l’étranger pour des visites de contrôle ou des travaux de maintenance sur site. Autre projet, l’ouverture vers le marché des avions Falcon (24 places). Dernière société de l’ensemble, Aéro Systèmes commercialise des aérostats et un hélicoptère fabriqué en Ukraine tout en assurant "des prestations dans le domaine de l’aéronautique.”
Il y a une bonne dizaine d’années, l’installation du fabricant de drones CAC Systèmes sur l’aérodrome du Breuil, entre Blois et Vendôme, avait fait naître beaucoup d’espoirs. Si la startup créée à La Celle-St- Cloud par de jeunes passionnés d’aéronautique n’a pas survécu - EADS a définitivement sifflé la fin de la partie en juin 2004 -, la graine plantée à l’époque a généré de jeunes pousses. Les six entreprises désormais implantées au Breuil - trois d’entre elles se partagent les anciens locaux de CAC - ont toutes été séduites par la situation privilégiée de l’aérodrome blésois - "Le Breuil est au centre de la France, donc au coeur de notre marché" résume l’un des arrivants -, sa piste de 1 250 mètres, complétée par une piste ULM de 300 mètres, et ses équipements de qualité (VFR-IFR, balisage lumineux...). La première à s’être enracinée est le fabricant d’ULM Sauper Aviation. Arrivé au début de l’année 2002 en provenance de Morand, p r è s d e C h â t e a u - Renault, avec un court intérim à Blois, Sauper est déjà un constructeur éprouvé d’engins ultra-légers motorisés : après le Joker J 300, dont il a vendu une centaine d’exemplaires, il s’apprête à lancer la production commerciale de son dernier-né, le Papango, actuellement en cours de certification. Sauper, qui emploie 16 personnes, mise beaucoup sur ce nouvel appareil qu’il destine, entre autres, à une clientèle de professionnels. "Le Papango pourrait notamment être très utile à la lutte antiacridienne (contre les criquets, ndlr)" avance un porte-parole de l’entreprise. Plus jeune sur ce marché de l’ULM, Aéronix compte livrer son premier appareil au début de l’année prochaine. L’Airelle d’Aéronix est le seul à utiliser la technique du push-pull, ses deux moteurs, à l’avant et à l’arrière, lui assurant à la fois une traction et une propulsion et, surtout, une sécurité pour le pilote et son passager en cas de panne de l’un d’entre eux. "Dans la situation de perte de l’un des deux moteurs, leur positionnement dans l’axe permet d’éviter un vol dissymétrique comme un appareil équipé d’un moteur sur chaque aile. En outre, la perte de puissance est limitée et l’avion peut encore voler à 155 km/h, soit largement au-dessus de la limite en-deçà de laquelle il n’est plus manoeuvrable" précise Lionel de Mauduit, le fondateur de l’entreprise. Arrivée au Breuil en février 2004 après avoir quitté Elancourt (78), Aéronix compte aujourd’hui 14 salariés. D’ici à la fin de l’année, la jeune société passera en SAS et fera entrer un nouveau partenaire à son capital. Dotée d’environ 3 M€ de fonds propres, elle pourra attendre sereinement la phase d’industrialisation et de commercialisation de ses appareils, vendus environ 95 000 € prix public.
Le retour des drones
De création encore plus récente, Gates Technology s’est positionnée sur le marché des drones. Ses deux fondateurs, Pascal Le Roux et Christophe Loustaudine - deux anciens de la R&D de CAC Systèmes - ont conçu un modèle dirigeable équipé de deux ballons gonflés à l’hélium, défini, en toute simplicité, "comme un catamaran des airs". Comme tout dirigeable, il est capable - et c’est là sa grande originalité par rapport aux drones classiques - d’un vol stationnaire. "Cela fait quatre ans que nous travaillons sur ce projet" explique Pascal Le Roux. Il aura fallu effectivement des mois de recherche pour diviser par deux ou trois la prise au vent - inconvénient majeur du dirigeable - et trouver l’astuce permettant de limiter l’effet pendulaire de la nacelle. Gates Technology a choisi de s’installer à Naveil, en banlieue de Vendôme, mais n’exclut pas de se transporter d’ici à quelques années jusqu’au Breuil, situé à faible distance. En attendant, ses créateurs s’apprêtent à terminer un premier drone et se déclarent en mesure de lancer une production commerciale. Ils visent le marché civil et notamment celui de la surveillance et de la sécurité (sites sensibles, ouvrages d’art, protection incendie). Après une seconde levée de fonds et une avance remboursable de l’Anvar, Gates dispose d’un pécule d’environ 300 000 € pour assurer sa subsistance jusqu’aux premières rentrées. Toujours dans le domaine des drones, Onboard- Controls a rejoint Le Breuil et l’ancien bâtiment de CAC Systèmes après avoir décollé à Sophia-Antipolis. La société met au point des systèmes électroniques embarqués pour les fabricants de drones (EADS, Sagem, Dassault) et d’avions d’affaires. Benjamin Lehmann, l’un de ses fondateurs, ne consentira pas à en dire plus sur cette société qui apprécie surtout... la discrétion et l’isolement de l’aérodrome du Breuil. Décidément très éclectique, Le Breuil est aussi la base arrière d’une petite compagnie aérienne, Air Taxi, plutôt tournée vers les marchés de niche : transport à la demande, tournée d’hommes politiques ou de vedettes du show-biz, fret urgent... Blois Aéro-Services, créée en décembre 2003, s’est quant à elle spécialisée dans la maintenance d’avions d’affaires. Gérard Guy, son gérant, possède une expérience d’une trentaine d’années dans ce secteur "très fermé, où tout le monde se connaît". Les ateliers du Breuil - un hangar de 900 m2, qui sera prochainement porté à 1 500 m2 - assurent l’entretien d’avions jusqu’à 19 places de type Beechcraft, Cessna ou Piper mais les 5 salariés - bientôt 8 - de Blois Aéro Services se déplacent aussi à l’étranger pour des visites de contrôle ou des travaux de maintenance sur site. Autre projet, l’ouverture vers le marché des avions Falcon (24 places). Dernière société de l’ensemble, Aéro Systèmes commercialise des aérostats et un hélicoptère fabriqué en Ukraine tout en assurant "des prestations dans le domaine de l’aéronautique.”











