La filière des industries électroniques et numériques (FIEN) avait choisi la Touraine comme première étape de son tour de France. A l’aube d’une reprise sectorielle mondiale, cette activité cyclique s’inquiète de l’abandon des grandes politiques industrielles et de la chute des commandes publiques. Soutenue par une cinquantaine de parlementaires, elle interpelle l’Etat. Des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu.
L’électronique, au coeur des conquêtes technologiques les plus récentes, serait-elle menacée en France ? Oui, à en croire Pierre Gattaz, président de Radiall et de la filière des industries électroniques et numériques (FIEN), un secteur qui représente 50 Mds€ de facturation chaque année et 210 000 emplois, malgré une chute des effectifs sensible depuis la fin des années 90. Ayant choisi la Touraine, vendredi 9 juin, pour la première journée de son tour de France, la FIEN a tiré la sonnette d’alarme, déplorant “la disparition des grands marchés publics d’infrastructures et l’abandon des politiques industrielles”. Bref, les patrons de l’électronique réclament plus d’Etat… là où il doit être présent, en soutien actif de l’économie. Fidèle à la tradition familiale – rappelons que son père Yvon fut le président du CNPF durant le premier septennat de François Mitterrand – Pierre Gattaz n’hésite pas à interpeller les politiques : “L’industrie française est orpheline de grands projets électroniques” s’inquiète- t-il, suggérant plus d’investissements publics dans les secteurs à fort potentiel : les routes et les automobiles dites “intelligentes”, la télémédecine ou l’efficacité énergétique. Naturellement, le président de la FIEN n’a pas manqué de gronder contre le manque de souplesse du contrat de travail, particulièrement pénalisant “pour une industrie aussi cyclique que la nôtre”. Présent durant la matinée, Jean-Jacques Descamps, député-maire (UMP) de Loches et membre, avec 53 autres députés, du groupe d’étude filière électronique et numérique à l’Assemblée, a rappelé de son côté que le secteur, “fait surtout de PME, consent d’énormes efforts en matière de R&D et permet de maintenir sur le territoire un tissu de sous-traitants à taille humaine”.
Les promesses de Gemalto
La Touraine ne manque pas d’exemples pour illustrer ce qu’apporte la filière électronique à l’économie et à l’emploi. Outre l’incontournable STMicroelectronics (1 700 salariés à Tours Nord), qui inaugurait la veille une nouvelle salle blanche co-financée par les collectivités locales, la FIEN avait choisi de présenter une entreprise discrète, vedette un peu malgré elle de l’actualité : Axalto, devenue Gemalto le 2 juin en fusionnant avec Gemplus pour constituer le leader mondial de la carte à puce et de la sécurité numérique. Ce géant de 1,7 Mds€ de CA détient 40 % du marché européen de la carte SIM (celles des téléphones mobiles) et 16 % de celui de la carte sécurisée en plastique. Il pèse trois fois plus que son principal concurrent, Oberthur CS. Gemalto affiche une présence forte en région Centre. Si Chambray-lès-Tours possède un centre de personnalisation des cartes bancaires et autres cartes sécurisées (parmi lesquelles le fameux passeport numérique, dont Axalto fournit les couvertures électroniques à l’Imprimerie nationale), l’agglomération orléanaise abrite sur le parc d’activité de Limère, à Ardon, un site de 400 personnes dédié à la fabrication des cartes : celles-ci sont ensuite envoyées sur le site tourangeau pour être gravées au nom de leur futur utilisateur. A Chambray, Gemalto vient d’être choisi par le GIE Sesam Vital pour être l’un des trois fournisseurs de la nouvelle carte de sécurité sociale, dite “Vital 2”. Cette commande, qui lui assure la livraison d’au moins 8 millions de rectangles plastifiés d’ici à 2009, devrait entraîner l’embauche d’une dizaine de personnes, qui complèteront l’effectif actuel de 107 salariés. Le site Gemalto (ex-Gemplus) de Gémenos (13) est un des trois autres attributaires de ce contrat. Avec son pôle de compétitivité Sciences et systèmes de l’énergie électrique (SSEE), la région Centre a mis l’électronique au rang de priorité industrielle. L’Etat vient d’ailleurs tout juste d’octroyer 3,75 M€ aux quatre projets présentés par le pôle SSEE : Gedeloc (gestion technique du bâtiment par courant porteur), Capthom (capteurs de présence humaine pour la gestion de l’énergie), Isis (commutateur pour des applications sur le réseau électrique 220 volts) et Capi (développement de circuits intégrés passifs). Il reste à espérer que les découvertes qui en seront issues déboucheront sur une activité industrielle et des emplois localisés en région Centre.
L’électronique, au coeur des conquêtes technologiques les plus récentes, serait-elle menacée en France ? Oui, à en croire Pierre Gattaz, président de Radiall et de la filière des industries électroniques et numériques (FIEN), un secteur qui représente 50 Mds€ de facturation chaque année et 210 000 emplois, malgré une chute des effectifs sensible depuis la fin des années 90. Ayant choisi la Touraine, vendredi 9 juin, pour la première journée de son tour de France, la FIEN a tiré la sonnette d’alarme, déplorant “la disparition des grands marchés publics d’infrastructures et l’abandon des politiques industrielles”. Bref, les patrons de l’électronique réclament plus d’Etat… là où il doit être présent, en soutien actif de l’économie. Fidèle à la tradition familiale – rappelons que son père Yvon fut le président du CNPF durant le premier septennat de François Mitterrand – Pierre Gattaz n’hésite pas à interpeller les politiques : “L’industrie française est orpheline de grands projets électroniques” s’inquiète- t-il, suggérant plus d’investissements publics dans les secteurs à fort potentiel : les routes et les automobiles dites “intelligentes”, la télémédecine ou l’efficacité énergétique. Naturellement, le président de la FIEN n’a pas manqué de gronder contre le manque de souplesse du contrat de travail, particulièrement pénalisant “pour une industrie aussi cyclique que la nôtre”. Présent durant la matinée, Jean-Jacques Descamps, député-maire (UMP) de Loches et membre, avec 53 autres députés, du groupe d’étude filière électronique et numérique à l’Assemblée, a rappelé de son côté que le secteur, “fait surtout de PME, consent d’énormes efforts en matière de R&D et permet de maintenir sur le territoire un tissu de sous-traitants à taille humaine”.
Les promesses de Gemalto
La Touraine ne manque pas d’exemples pour illustrer ce qu’apporte la filière électronique à l’économie et à l’emploi. Outre l’incontournable STMicroelectronics (1 700 salariés à Tours Nord), qui inaugurait la veille une nouvelle salle blanche co-financée par les collectivités locales, la FIEN avait choisi de présenter une entreprise discrète, vedette un peu malgré elle de l’actualité : Axalto, devenue Gemalto le 2 juin en fusionnant avec Gemplus pour constituer le leader mondial de la carte à puce et de la sécurité numérique. Ce géant de 1,7 Mds€ de CA détient 40 % du marché européen de la carte SIM (celles des téléphones mobiles) et 16 % de celui de la carte sécurisée en plastique. Il pèse trois fois plus que son principal concurrent, Oberthur CS. Gemalto affiche une présence forte en région Centre. Si Chambray-lès-Tours possède un centre de personnalisation des cartes bancaires et autres cartes sécurisées (parmi lesquelles le fameux passeport numérique, dont Axalto fournit les couvertures électroniques à l’Imprimerie nationale), l’agglomération orléanaise abrite sur le parc d’activité de Limère, à Ardon, un site de 400 personnes dédié à la fabrication des cartes : celles-ci sont ensuite envoyées sur le site tourangeau pour être gravées au nom de leur futur utilisateur. A Chambray, Gemalto vient d’être choisi par le GIE Sesam Vital pour être l’un des trois fournisseurs de la nouvelle carte de sécurité sociale, dite “Vital 2”. Cette commande, qui lui assure la livraison d’au moins 8 millions de rectangles plastifiés d’ici à 2009, devrait entraîner l’embauche d’une dizaine de personnes, qui complèteront l’effectif actuel de 107 salariés. Le site Gemalto (ex-Gemplus) de Gémenos (13) est un des trois autres attributaires de ce contrat. Avec son pôle de compétitivité Sciences et systèmes de l’énergie électrique (SSEE), la région Centre a mis l’électronique au rang de priorité industrielle. L’Etat vient d’ailleurs tout juste d’octroyer 3,75 M€ aux quatre projets présentés par le pôle SSEE : Gedeloc (gestion technique du bâtiment par courant porteur), Capthom (capteurs de présence humaine pour la gestion de l’énergie), Isis (commutateur pour des applications sur le réseau électrique 220 volts) et Capi (développement de circuits intégrés passifs). Il reste à espérer que les découvertes qui en seront issues déboucheront sur une activité industrielle et des emplois localisés en région Centre.











