Les blocs opératoires régionaux veulent échapper au bistouri du ministre

Encore un rapport ministériel menacé d’euthanasie. Les conclusions du professeur Vallancien préconisant de fermer les blocs opératoires des petits hôpitaux ont ulcéré les élus régionaux concernés. A Loches et à Romorantin, les deux maires - et présidents de l’hôpital local - ont mené les réformes nécessaires et ne comprennent pas que l’on veuille les amputer de leurs chirurgiens.

Le rapport Vallancien sur “la qualité et la continuité des soins chirurgicaux dans les petits hôpitaux publics français”, remis au début du mois au ministre de la Santé, préconise de fermer “sans délai” quatre établissements régionaux dont les blocs opératoires effectuent moins de 2 000 actes par an : Romorantin, Amboise, Loches et Le Blanc. 
 Un nombre insuffisant, estime le rapporteur, pour maintenir une qualité de soin suffisante. S’il est un sujet sensible chez les citoyens et leurs élus, c’est bien celui de la santé. En Touraine, on se souvient que deux chirurgiens, Bernard Debré, à l’époque député-maire RPR d’Amboise, et Jean Delaneau, président du Conseil général et maire DVD de Château- Renault, s’étaient affrontés à propos de la fermeture de la maternité de l’hôpital de Château-Renault. Douze ans après, c’est au tour d’Amboise (1 355 actes par an) de risquer d’être privé de son service de chirurgie. Toujours en Touraine, le député-maire UMP de Loches Jean-Jacques Descamps est monté au front pour défendre son bloc opératoire. Il n’est pas d’accord avec les chiffres : “L’hôpital de Loches a vu son nombre d’actes augmenter fortement puisqu’il est de 1 798 contre 1 090 indiqués dans le rapport Vallancien”. Idem à Amboise, où le maire DVG Christian Guyon estime que le nombre d’interventions effectuées au bloc – y compris les coloscopies – approche plutôt les 2 000. Jean-Jacques Descamps souligne qu’il n’y a plus de chirurgiens hospitaliers à temps plein à Loches et que des praticiens du CHU de Tours viennent régulièrement opérer sur place en “chirurgie programmée”. La nouvelle organisation est donc “à la fois sécurisante pour le patient et moins coûteuse pour la collectivité” conclut Jean-Jacques Descamps, par ailleurs président du conseil d’administration de l’hôpital. Chez Jeanny Lorgeoux, maire PS de Romorantin (41) et également président de l’hôpital local, la position est tout aussi ferme. “Toutes les conditions existent pour que l’hôpital demeure”. Un peu courroucé par les coups de bistouri bureaucratiques de “ce grand professeur parisien” – dont il ne conteste pas la compétence – il s’étonne des chiffres annoncés. “En 2005, nous avons dépassé les 2 000 actes chirurgicaux” affirme Jeanny Lorgeoux. “Mais audelà des données statistiques, nous avons largement anticipé en fusionnant le plateau technique de la clinique privée avec celui de l’hôpital” ajoute-t-il. Dans l’Indre, on a misé aussi sur le regroupement ; un accord de complémentarité a été négocié entre l'ARH du Centre et les centres hospitaliers de Châteauroux, Issoudun et Le Blanc pour permettre d'assurer un maintien de l'offre des soins. Il s'applique progressivement depuis l'an 2000 (postes de praticiens partagés entre Le Blanc et Châteauroux, en chirurgie et gynécologie-obstétrique, de même entre Issoudun et Châteauroux, Issoudun devant fermer la nuit son bloc opératoire). Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a pris soin de déminer un éventuel conflit avec les élus en affirmant qu’il n’avait “pas de plan pour fermer tel ou tel hôpital ou tel ou tel bloc”. En cette période de relations orageuses entre le gouvernement et les représentants du peuple, il est devenu urgent d’attendre avant de prendre des décisions qui fâchent.
 

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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