Les hurlements de joie qui ont accompagné la désignation des pôles de compétitivité sont difficilement compréhensibles. En distribuant 67 lauriers, l’Etat a voulu ménager tout le monde… selon une tradition désormais solidement établie dans notre pays.
A force de ménager la chèvre et le chou… A la lecture de la liste des pôles de compétitivité retenus par le gouvernement, l’observateur neutre peut aisément se rendre compte que l’Etat a refusé de choisir en désignant… 67 lauréats. Comme le disait en souriant un industriel étranger de notre connaissance : “Si la France a réellement 67 pôles d’excellence, les Etats-Unis n’ont qu’à bien se tenir…”. Seule concession à l’idée de départ, qui était de favoriser une poignée de spécialisations industrielles capables de faire figurer la France dans l’élite mondiale, la création de trois catégories : celle des pôles à dimension mondiale – les 6 que tout le monde attendait – celle des pôles à vocation mondiale (on appréciera la nuance…) – les 9 où l’on espérait la Cosmetic Valley – et enfin celle des pôles à vocation nationale et régionale, sorte de lot de consolation. Malheureusement, ni “Sciences de la beauté et du bien-être”, ni “Gestion des systèmes énergétiques” ne figurent dans les deux premiers cercles, les seuls qui comptent véritablement. Au Codel, Jean- Luc Ansel, son directeur général, qui a initié et défendu bec et ongles la candidature de la Cosmetic Valley, ne cachait pas sa “déception”, ajoutant toutefois que l’obtention de cette “médaille en chocolat” n’allait pas “empêcher la Cosmetic Valley de prospérer. Celle-ci a au moins le mérite d’exister, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres pôles… qui ne vivent que sur le papier”. Jean-Luc Ansel se félicite également “d’avoir réussi à fédérer l’ensemble des ressources en R&D du secteur, notamment celles installées dans le Loiret”. Et maintenant ? L’Etat aura à charge de répartir les 500 M€ annuels (1,5 Md€ sur trois ans) entre les 67 lauréats, selon des clés de répartition à définir. Soit on décide de partager le gâteau en parts identiques – ce qui ne surpendrait personne au pays de l’égalitarisme forcené – soit on privilégie la première catégorie. Dans le premier cas de figure, chacun des deux pôles régionaux recevrait 7,5 M€ par an. Une somme qui n’est certes pas négligeable, mais dont on peut se demander si elle est bien à la hauteur des enjeux. Dans le second, l’attribution serait plus faible pour nos deux régionaux… Reste à savoir quelle suite les collectivités territoriales (Région, Départements, Villes) comptent donner aux deux candidatures qu’elles ont soutenues. Pour leur permettre d’exister, et devant la modestie des subsides étatiques, il faudra mettre sérieusement la main au porte-monnaie.
A force de ménager la chèvre et le chou… A la lecture de la liste des pôles de compétitivité retenus par le gouvernement, l’observateur neutre peut aisément se rendre compte que l’Etat a refusé de choisir en désignant… 67 lauréats. Comme le disait en souriant un industriel étranger de notre connaissance : “Si la France a réellement 67 pôles d’excellence, les Etats-Unis n’ont qu’à bien se tenir…”. Seule concession à l’idée de départ, qui était de favoriser une poignée de spécialisations industrielles capables de faire figurer la France dans l’élite mondiale, la création de trois catégories : celle des pôles à dimension mondiale – les 6 que tout le monde attendait – celle des pôles à vocation mondiale (on appréciera la nuance…) – les 9 où l’on espérait la Cosmetic Valley – et enfin celle des pôles à vocation nationale et régionale, sorte de lot de consolation. Malheureusement, ni “Sciences de la beauté et du bien-être”, ni “Gestion des systèmes énergétiques” ne figurent dans les deux premiers cercles, les seuls qui comptent véritablement. Au Codel, Jean- Luc Ansel, son directeur général, qui a initié et défendu bec et ongles la candidature de la Cosmetic Valley, ne cachait pas sa “déception”, ajoutant toutefois que l’obtention de cette “médaille en chocolat” n’allait pas “empêcher la Cosmetic Valley de prospérer. Celle-ci a au moins le mérite d’exister, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres pôles… qui ne vivent que sur le papier”. Jean-Luc Ansel se félicite également “d’avoir réussi à fédérer l’ensemble des ressources en R&D du secteur, notamment celles installées dans le Loiret”. Et maintenant ? L’Etat aura à charge de répartir les 500 M€ annuels (1,5 Md€ sur trois ans) entre les 67 lauréats, selon des clés de répartition à définir. Soit on décide de partager le gâteau en parts identiques – ce qui ne surpendrait personne au pays de l’égalitarisme forcené – soit on privilégie la première catégorie. Dans le premier cas de figure, chacun des deux pôles régionaux recevrait 7,5 M€ par an. Une somme qui n’est certes pas négligeable, mais dont on peut se demander si elle est bien à la hauteur des enjeux. Dans le second, l’attribution serait plus faible pour nos deux régionaux… Reste à savoir quelle suite les collectivités territoriales (Région, Départements, Villes) comptent donner aux deux candidatures qu’elles ont soutenues. Pour leur permettre d’exister, et devant la modestie des subsides étatiques, il faudra mettre sérieusement la main au porte-monnaie.











