Les collectivités volent au secours du Dunois

Les collectivités locales lancent un programme de revitalisation du Dunois, traumatisé par la fermeture de l’usine Flextronics de Châteaudun. L’Etat a reconnu le territoire éligible au zonage AFR (Aides à finalité régionale). La reprise de l’usine Flextronics par un industriel pourrait être annoncée d’ici à la fin mai.Meurtri par la fermeture du fabricant de sous-ensembles électroniques Flextronics à Châteaudun (environ 750 emplois p e r d u s , d o n t 3 5 0 induits) et les difficultés d’autres grands groupes industriels (Gabriel Europe à Bonneval, Vo r w e k S e m c o à Cloyes-sur-le-Loir), le bassin d’emploi dunois appelle à l’aide. Afin de s’ouvrir tous les concours financiers disponibles, les collectivités, qui ont pris la mesure de la gravité de la crise, viennent de décréter la mobilisation générale. A l’instigation du député et maire de Cloyes-sur-le-Loir Philippe Vigier (Nouveau Centre), le Pays dunois — qu’il préside — a ainsi annoncé un programme de revitalisation “coordonné” auquel participent tous les acteurs concernés, et notamment les communautés de communes membres du Pays, mais aussi le Département et la Région. Le dispositif prévoit un important volet d’aménagement foncier et de construction de locaux d’activité. “Nous allons répartir ces efforts dans deux directions : la constitution de zones d’activité dites d’équilibre, d’une part, et l’aménagement de zones dites de grande capacité, d’autre part” explique Valérie La Dû, coordinatrice de ce programme au Pays dunois. Ainsi, sur le canton de Bonneval, une zone d’équilibre de 40 ha (Parc de la Louveterie) représentant un investissement de 6,3 M€ est en cours d’aménagement. Elle devrait être prolongée, à l’ouest, par une zone de grande capacité d’une centaine d’hectares représentant un coût de 5,6 M€. L’aménagement d’une seconde zone de grande capacité est envisagé sur le territoire de la commune de Donnemain-St-Mamès, en façade directe de la RN 10 (5 M€ programmés). A ce jour 13 ha ont été retenus et plus d’une cinquantaine sont en cours de classement. La création de zones d’équilibre a aussi été arrêtée sur la commune de Cloyes-sur-le-Loir (18 ha en bordure de la RN 10). Le programme prévoit également la reconversion de la friche militaire (56 ha) de l’Etamat, près de Châteaudun. “Le projet, qui correspond à une dépense prévisionnelle de 6,4 M€, comprend à la fois l’aménagement d’une “zone vie” de 5 ha destinée à l’accueil d’entreprises artisanales et le développement d’un site embranché fer d’une cinquantaine d’hectares pour des activités industrielles” affirme Pierre-Henri Legrand, le directeur du développement économique de la mairie de Châteaudun. La politique d’accueil prévue au titre de ce dispositif va se concrétiser par la construction d’une série d’hôtels d’entreprises et d’ateliers-relais. Ainsi, en sus des 8 000 m2 de locaux réaménagés à Châteaudun sur la friche Mafca — dont une première tranche devrait être livrée à la fin 2008 —, les élus du Pays dunois ont décidé de réaliser deux pépinières d’entreprises (1 200 m2) à Lutz-en-Dunois ainsi que sur la friche Laganne à Bonneval. Une troisième pépinière pourrait également être créée à Cloyes-surle- Loir par la communauté de communes des Trois- Rivières. Au total, ce sont près de 30 M€ qui seront engagés par les différentes collectivités et l’Etat dans le Dunois d’ici à la fin 2011. Certes, quelques-uns de ces projets étaient déjà à l’étude “mais la mise en oeuvre d’un plan coordonné donne beaucoup plus de visibilité à l’ensemble” estime Pierre-Henri Legrand. Cette “visibilité” a d’ailleurs été saluée par le gouvernement qui vient d’accorder au bassin d’emploi dunois l’éligibilité au zonage AFR (Aides à finalité régionale) en passe d’être confirmée par la Commission européenne. “Il s’agit d’un classement de première importance, commente Pierre-Henri Legrand. Il va nous permettre d’accorder des aides – et notamment des exonérations de TP – à de grandes entreprises, que nous devions jusqu’alors cantonner aux PME-PMI”. L’atout n’est pas mince à l’heure où les promoteurs locaux du développement économique se penchent sur le dossier de l’éventuelle reprise par un mystérieux industriel de l’usine Flextronics (14 000 m2). “Nous avons en effet de bons espoirs, qui pourraient être confirmés à la fin mai” pronostique Pierre-Henri Legrand. Les aides rendues possibles par le classement AFR viendraient abonder le dispositif spécifique financé par Flextronics qui prévoit le versement d’une subvention de 1 500 € par emploi créé à l’occasion de la reprise de l’usine et de 2 300 € par emploi créé pour tout autre projet de développement mené sur le bassin d’emploi dunois. Enfin, le Pays dunois a aussi sacrifié à l’engouement des collectivités pour les politiques de filières et le développement durable en mettant à l’étude le développement d’un pôle orienté sur la bio-valorisation des produits issus de l’agriculture. Qui reste encore pour l’heure à l’état gazeux…
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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