“Les fils du dialogue vont être renoués”

Trois questions à Maurice Leroy, député UDF et président du Conseil général de Loir-et-Cher

La Lettre Valloire : La direction de Nacam ne joue-t-elle pas avec le feu en refusant de reconnaître suffisamment le rôle du CE ?

Maurice Leroy : On ne sortira pas de cette crise en se focalisant sur des questions de personnes ou de chapelle syndicale. Les enjeux sont d’une gravité singulière assez emblématique d’une situation nationale. Je le dis haut et fort : la loi sur les 35 h est en train de plomber les entreprises de ce pays et les modifications prévues par la loi Fillon, comme l’augmentation des heures supplémentaires, ne changent rien au problème. Il n’y a dans mon discours aucune connotation idéologique. J’observe simplement la réalité. Je me suis longuement entretenu avec le président de Nacam : il n’exerce aucun chantage à la délocalisation. Il essaie simplement de trouver une solution pour pérenniser l’activité sur le site. Le Loir-et-Cher n’a pas besoin d’un nouveau sinistre industriel. On peut pour une fois l’éviter en anticipant les difficultés.

La Lettre Valloire : Comment des décideurs locaux peuvent-ils aider à la résolution du problème ?

Maurice Leroy
: Tout d’abord en évitant de charger la barque ! Il me semble que l’augmentation de la TP de 8 % décidée par la Communauté de communes de Vendôme n’est pas très opportune. On me rétorquera que le Conseil général a aussi augmenté les impôts. Mais il faut rester sérieux : l’impact de la part départementale sur les entreprises est sans commune mesure avec la part communautaire.

La Lettre Valloire : Comment sortir de la crise ?

Maurice Leroy
: Je le répète : une remise à plat de l’accord de 1999 chez Nacam est indispensable. Les représentants du personnel que j’ai rencontrés ne souhaitent d’ailleurs pas jouer la politique du pire. Ils veulent juste être traités en adultes responsables. Selon moi, la situation va s’éclaircir : les fils du dialogue devraient être prochainement renoués.
 

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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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