Le récent LBO secondaire bouclé par le fonds d’investissement arabe Arcapita sur CEPL, le logisticien originaire de Béville-le-Comte (28), le démontre : les opérations de reprise d’entreprises utilisant l’effet de levier parviennent, malgré la crise, à être financées. Mais les investisseurs privilégient les montages les plus vertueux.
En dépit de la bourrasque financière qui souffle sur les marchés depuis plus d’un an, les opérations de reprise utilisant le levier de l’endettement – l e s fameux LBO (leverage buy-out) – parviennent à être financées.
Ainsi, la CEPL (Compagnie Européenne de Prestations Logistiques), dont le siège se trouve à Bévillele- Comte (28), vient de changer de mains à l’occasion d’un ces montages. La banque d’investissement Arcapita, installée dans l’émirat du Bahreïn, a repris le groupe de Thierry Ortmans, spécialisé dans la logistique et la préparation de commandes, auprès du fonds Sagard et du management.
En 2005, Thierry Ortmans avait cédé une première fois sa société à Sagard tout en conservant une position au capital. Selon la direction, le management aurait d’ailleurs accru sa participation à l’occasion de ce LBO secondaire dont le financement a été assuré par un pool bancaire composé de RBS, SocGen, Calyon et ING. Le montant exact de la transaction n’a pas été révélé mais l’opération a été montée sur la base d’une valorisation comprise entre 550 et 600 M€.
La CEPL, créée en 1998, exploite aujourd’hui 23 sites – dont une vingtaine en France – et a connu une très forte croissance puisque son CA a presque doublé en quatre ans (150 M€ de CA en 2007). Et ce n’est pas fini : Thierry Ortmans, renforcé par la puissance de son nouvel actionnaire, compte bien “doubler la taille de l’entreprise en quatre ans” en misant avant tout sur l’international. “C’est bien d’ailleurs cette perspective de croissance forte et rapide qui a facilité l’opération” explique un familier de ce type de dossier. De plus, l’origine géographique du “pétro-fonds” a très probablement permis de convaincre les banquiers qui se sont associés au projet. Car, comme notre enquête à paraître dans le prochain magazine hors série de La Lettre Valloire (sortie le 23 septembre) le démontre, la raréfaction des liquidités consécutive à la crise des subprimes a rendu plus difficile la réalisation des opérations régionales de LBO.
“En nombre d’opérations de transmission et de développement, nous réalisons une année tout à fait comparable, voire légèrement supérieure à l’an passé, note toutefois Catherine Kraft-Le Marec, présidente du directoire de Centre Capital Développement (CCD). Mais, lorsque les opérations auxquelles nous participons requièrent de l’endettement, il faut davantage défendre les dossiers…” Si les établissements financiers de la région n’ont pas reçu pour consigne de restreindre la distribution des crédits, ils adoptent les opérations de LBO avec la plus grande circonspection : “Nous sommes beaucoup plus regardants sur les plans d’affaires qui nous sont proposés, reconnaît Frédéric Stombellini, le nouveau directeur régional des entreprises de LCL-Le Crédit Lyonnais à Orléans, mais il est faux d’affirmer que les opérations à effet de levier sont devenues rarissimes ou qu’elles suscitent la méfiance des banquiers de la place, poursuit-il. Le marché reste très actif, en particulier sur le segment des entreprises de taille moyenne (midcaps)”. En revanche, les opérations tendues, fondées sur des prévisions de cash-flow très optimistes et des durées de prêt supérieures aux bonnes pratiques (entre 5 et 7 ans), n’ont plus cours. “Les liquidités se font plus rares” admet Frédéric Stombellini. Dans ce contexte, il n’est plus question d’accepter des montages acrobatiques comportant, par exemple, une part importante de remboursement in fine.
Selon Frédéric Stombellini, l’une des conséquences à venir de la crise – et qui devrait d’ailleurs être l’un des éléments de régulation du marché – “est peut être la baisse de la valeur des cibles”. Catherine Kraft- Le Marec souhaite une telle évolution… mais n’y croit guère : “Il me semble que les prix de présentation des entreprises sont encore très élevés. Il n’y a pas eu réellement d’effet de la crise sur les niveaux de valorisation”.
Pour autant, les marchés financiers ayant horreur du vide, il y a fort à parier que la pusillanimité des banques régionales sera compensée par le rôle accru des fonds d’investissement dans les opérations de développement. “Ces acteurs ont en effet des liquidités à placer et sont enclins à intervenir au capital des entreprises cibles”, affirme Frédéric Stombellini. Les fonds souverains issus de pays exotiques ou les private equities gorgées de pétro-dollars vont-ils fondre sur nos midcaps régionales ?
En dépit de la bourrasque financière qui souffle sur les marchés depuis plus d’un an, les opérations de reprise utilisant le levier de l’endettement – l e s fameux LBO (leverage buy-out) – parviennent à être financées.
Ainsi, la CEPL (Compagnie Européenne de Prestations Logistiques), dont le siège se trouve à Bévillele- Comte (28), vient de changer de mains à l’occasion d’un ces montages. La banque d’investissement Arcapita, installée dans l’émirat du Bahreïn, a repris le groupe de Thierry Ortmans, spécialisé dans la logistique et la préparation de commandes, auprès du fonds Sagard et du management.
En 2005, Thierry Ortmans avait cédé une première fois sa société à Sagard tout en conservant une position au capital. Selon la direction, le management aurait d’ailleurs accru sa participation à l’occasion de ce LBO secondaire dont le financement a été assuré par un pool bancaire composé de RBS, SocGen, Calyon et ING. Le montant exact de la transaction n’a pas été révélé mais l’opération a été montée sur la base d’une valorisation comprise entre 550 et 600 M€.
La CEPL, créée en 1998, exploite aujourd’hui 23 sites – dont une vingtaine en France – et a connu une très forte croissance puisque son CA a presque doublé en quatre ans (150 M€ de CA en 2007). Et ce n’est pas fini : Thierry Ortmans, renforcé par la puissance de son nouvel actionnaire, compte bien “doubler la taille de l’entreprise en quatre ans” en misant avant tout sur l’international. “C’est bien d’ailleurs cette perspective de croissance forte et rapide qui a facilité l’opération” explique un familier de ce type de dossier. De plus, l’origine géographique du “pétro-fonds” a très probablement permis de convaincre les banquiers qui se sont associés au projet. Car, comme notre enquête à paraître dans le prochain magazine hors série de La Lettre Valloire (sortie le 23 septembre) le démontre, la raréfaction des liquidités consécutive à la crise des subprimes a rendu plus difficile la réalisation des opérations régionales de LBO.
“En nombre d’opérations de transmission et de développement, nous réalisons une année tout à fait comparable, voire légèrement supérieure à l’an passé, note toutefois Catherine Kraft-Le Marec, présidente du directoire de Centre Capital Développement (CCD). Mais, lorsque les opérations auxquelles nous participons requièrent de l’endettement, il faut davantage défendre les dossiers…” Si les établissements financiers de la région n’ont pas reçu pour consigne de restreindre la distribution des crédits, ils adoptent les opérations de LBO avec la plus grande circonspection : “Nous sommes beaucoup plus regardants sur les plans d’affaires qui nous sont proposés, reconnaît Frédéric Stombellini, le nouveau directeur régional des entreprises de LCL-Le Crédit Lyonnais à Orléans, mais il est faux d’affirmer que les opérations à effet de levier sont devenues rarissimes ou qu’elles suscitent la méfiance des banquiers de la place, poursuit-il. Le marché reste très actif, en particulier sur le segment des entreprises de taille moyenne (midcaps)”. En revanche, les opérations tendues, fondées sur des prévisions de cash-flow très optimistes et des durées de prêt supérieures aux bonnes pratiques (entre 5 et 7 ans), n’ont plus cours. “Les liquidités se font plus rares” admet Frédéric Stombellini. Dans ce contexte, il n’est plus question d’accepter des montages acrobatiques comportant, par exemple, une part importante de remboursement in fine.
Selon Frédéric Stombellini, l’une des conséquences à venir de la crise – et qui devrait d’ailleurs être l’un des éléments de régulation du marché – “est peut être la baisse de la valeur des cibles”. Catherine Kraft- Le Marec souhaite une telle évolution… mais n’y croit guère : “Il me semble que les prix de présentation des entreprises sont encore très élevés. Il n’y a pas eu réellement d’effet de la crise sur les niveaux de valorisation”.
Pour autant, les marchés financiers ayant horreur du vide, il y a fort à parier que la pusillanimité des banques régionales sera compensée par le rôle accru des fonds d’investissement dans les opérations de développement. “Ces acteurs ont en effet des liquidités à placer et sont enclins à intervenir au capital des entreprises cibles”, affirme Frédéric Stombellini. Les fonds souverains issus de pays exotiques ou les private equities gorgées de pétro-dollars vont-ils fondre sur nos midcaps régionales ?









