Les patrons régionaux “relativement confiants” pour 2008

L’année en cours sera peut-être un peu plus tendue que la précédente pour les entreprises régionales, mais elle reste bien orientée : telle est la conclusion livrée par la Banque de France, Oséo et l’Urssaf Centre, qui ont présenté leurs prévisions croisées, le 7 février à Orléans. 
La morosité ambiante ne serait-elle que superficielle ? La très sérieuse enquête de conjoncture de la Banque de France tendrait à le prouver. Selon les chefs d’entreprise interrogés – le panel est significatif, puisqu’il représente près de la moitié de l’effectif industriel de la région Centre – l’activité serait bien orientée en 2008, à peine moins qu’en 2007, où la croissance, corrigée d’une hausse des prix à la production de 1,7 %, avait atteint 3,6 %. “Quand on regarde l’économie réelle, on a confiance” conclut Jean-Claude Bach, directeur régional de la Banque de France. “La croissance de l’emploi régional n’avait pas été aussi bonne depuis 2001” renchérit l’Urssaf Centre, qui dénombre 7 500 emplois créés en 2007 (298 000 au plan national), après 5 000 en 2006. Cela n’étonnera personne, les activités de services et la construction tirent l’emploi vers le haut, l’industrie perdant encore du terrain, cette décrue devant être relativisée par le recours de plus en plus important à l’intérim. L’Apec, qui publiait ses traditionnelles statistiques sur l’emploi des cadres le 12 février, confirme l’exceptionnelle cuvée 2007 avec, au plan régional, 6 080 recrutements, soit une progression de 12 % par rapport à l’année 2006, ellemême en hausse de 20 % en regard de l’année précédente. L’industrie, qui assure plus du tiers des recrutements, continue à alimenter la rubrique des petites annonces, plus en tout cas qu’au plan national. Conséquence, le marché de l’emploi se tend (38 candidatures par offre en 2007, contre 59 en 2004). Pour les informaticiens, c’est encore pire : 19 candidats par poste proposé l’an passé, contre 51 en 2004. Ce sont surtout les entreprises de moins de 100 salariés – et même encore davantage les TPE (soit moins de 10 salariés), ajoute l’Urssaf – qui tirent croissance et emploi. Dans l’industrie, ce sont elles qui ont été les plus dynamiques, relève la Banque de France, avec une progression moyenne du CA de 7 %. En revanche, l’exportation (+ 7,4 % en 2007, surtout grâce à l’agroalimentaire et aux biens d’équipement) est l’apanage des plus de 100 salariés, celles situées au-dessous de ce seuil restant “largement dépendantes de la demande hexagonale”. L’année en cours verrait, toujours selon la BdF, une poursuite de l’amélioration des performances à l’export, les petites entreprises y prenant, cette fois, toute leur part. Les effectifs industriels devraient, toutefois, encore diminuer en 2008 mais, à la différence de 2007, “c’est la composante intérim qui serait la plus affectée” observe la Banque de France. Une tendance corroborée par l’Apec, qui prévoit une baisse de 12 % des recrutements de cadres au plan régional : ce fléchissement est surtout sensible dans l’industrie, le BTP se montrant plus optimiste en terme d’embauches (une prévision 2008 à + 2,3 %), surtout en raison de la pénurie “chronique” de main-d’oeuvre, notamment dans les métiers du second oeuvre. Idem pour les transports routiers de marchandises, où la facturation devrait encore suivre une courbe ascensionnelle (+ 5 %), après une hausse de 7,1 % en 2007. Ce chiffre en trompe-l’oeil est, pour une bonne part, dû à l’augmentation du prix des carburants répercutée sur le client. Néanmoins, la rentabilité des exploitations “s’est significativement améliorée” et le phénomène devrait se poursuivre en 2008. Seul bémol à ce tableau plutôt réjouissant, la timidité de l’investissement, “plus souvent de renouvellement que de capacité” souligne Dominique Combe- Laboissière, directeur régional d’Oséo, qui note également que, parmi les dirigeants de PMI de son panel, “le coût du crédit n’arrive qu’en dernière position des raisons invoquées pour ne pas investir”. Cet écart, équivalent à “un point de valeur ajoutée par rapport à leurs concurrentes nationales” précise Jean-Claude Bach, pourrait leur coûter des marchés, notamment dans des secteurs très concurrencés comme l’aéronautique.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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