Les services informatiques frémissent en région Centre

Contexte local porteur et reprise des investissements au plan national : les deux phénomènes se conjuguent pour doper l’activité des SSII régionales. De nombreuses embauches se profilent dans le secteur informatique. De bon augure.

En région Centre, le marché des services informatiques reprend des couleurs. Il est même probable que cette croissance sera supérieure à la tendance nationale qui, selon le syndicat professionnel Syntec, devrait être de 6 à 8 % en 2006. “Nous sommes bien dans une logique de regain d’activité depuis un an et demi” assure Hervé Dubois, le pdg de Go Systèmes, un intégrateur tourangeau plutôt spécialiste de l’informatique industrielle. Selon lui, le marché s’articule autour de deux pôles très typés : “Le marché tourangeau, d’une part, caractérisé par l’activité de grandes plates-formes nationales tertiaires (Réunica, CNAM) et une orientation banques-assurances- collectivités ; le marché orléanais, d’autre part, marqué par des projets informatiques de nature beaucoup plus industrielle”. Les ténors nationaux ne s’y trompent pas : Stéria, l’un des dix premiers groupes de services informatiques européens – avec un CA de 1,1 Md€ – a ouvert une agence à Orléans qui couvrira le territoire régional ainsi que la Sarthe et la Nièvre. Elle devrait compter “une vingtaine de collaborateurs à la fin de l’année 2006” explique Sébastien Benoît-Latour, son directeur, qui se dit “impressionné” par le potentiel régional. Sodifrance, le leader français de la migration des grands systèmes – une SSII qui a son siège à Rennes – a placé la région Centre au coeur de sa politique de développement. L’entreprise, qui vient d’annoncer un programme national de recrutement de 130 ingénieurs, affectera ainsi entre 30 et 40 nouveaux collaborateurs à ses sites d’Orléans et du Mans ; ils emploieront, ensemble, près de 75 salariés. “Nous avons aussi besoin d’étoffer nos effectifs en région parce que nos clients réclament de la proximité” confirme Anne-Laure Mazin, directeur du marketing de Sodifrance. Les clients régionaux des SSII n’apprécient plus d’être gérés par des sièges parisiens…

Ne pas compromettre la productivité

Selon ce consultant en organisation, le marché est dopé par le besoin en renouvellement des infrastructures informatiques “qui sont parfois proches de l’obsolescence, surtout dans les comptes industriels intermédiaires qui ont eu d’autres chats à fouetter ces dernières années. Les dirigeants des PMI ont pris conscience que le retard pris dans leurs investissements informatiques risquait de compromettre leur productivité”. Le développement de l’infogérance – c'est-à-dire l’externalisation de tout ou partie du système d’information – explique aussi cet engouement. Ce qui n’empêche pas les sociétés de services nationales implantées en région Centre de s’appuyer sur des équipes “très polyvalentes” observe Hervé Dubois. “Nous proposons en effet toute l’offre de services du groupe” confirme Sébastien Benoît-Latour, “aussi bien dans le domaine de l’infogérance (42 % du CA du groupe) que dans celui de l’intégration de systèmes (58 %)”. Reste qu’en région Centre comme ailleurs, le développement de ces SSII risque d’être à terme limité par le manque de ressources humaines disponibles. Des tensions seraient déjà en train de réapparaître. Rappelons ainsi que, selon le Syntec, les métiers des technologies de l’information vont générer d’ici à dix ans la création de 150 000 nouveaux postes. Dans le même temps, les opérateurs seront confrontés au départ à la retraite de 60 000 informaticiens d’ici à 2015… et à la désaffection croissante des jeunes pour les filières scientifiques.
 

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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