L’Eure-et-Loir réoriente sa politique économique

Tenu de se mettre en conformité avec l’appareil réglementaire, le Département d’Eure-et-Loir reprend la main en matière d’aides aux entreprises. Il en profite pour toiletter un dispositif qui doit aussi s’adapter à l’évolution du marché.

Quoique souvent à l’honneur ces dernières années, avec plusieurs succès retentissants en matière d’implantations ou de développement d’entreprises, l’Eureet- Loir a néanmoins décidé de refondre sa politique d’intervention économique. Franck Lorho, qui a rejoint le Conseil général l’an passé après une carrière l’ayant conduit successivement chez Ernst&Young, à la CCI de Paris et au Conseil régional des Pays de la Loire, a piloté un travail destiné à mettre le système d’aides jusque-là en vigueur en phase avec la législation et à donner “plus de visibilité” au Département dispensateur des aides. Le nouveau dispositif a été adopté le 21 mars. Les aides accordées par le Département ne transiteront plus par le Codel ; celui-ci se consacrera à ses missions de développement exogène et endogène, ainsi qu’à l’instruction des dossiers. “On rentre dans le rang” confirme Jean-Luc Ansel, son directeur. Les départements voisins avaient déjà modifié leurs dispositifs propres il y a plusieurs années. C’est la fin d’une époque qui correspond aussi à une évolution du marché. “La prospection est devenue plus difficile, reprend Jean-Luc Ansel. En région parisienne, les entreprises songent moins à se délocaliser en province qu’à sous-traiter leur production, parfois à l’étranger. A l’avenir, l’animation du tissu économique local et le renforcement des filières spécialisées, type cosmétique ou pharmacie industrielle, constitueront l’essentiel de notre travail.” Un fonds d’intervention économique départemental est institué, avec possibilité de subventionner ou de prêter à taux bonifié aux entreprises dans des champs d’application élargis (formation, emploi, R&D, environnement). Dans le même temps, le Conseil général a souhaité revoir ses dotations financières aux zones d’activité départementales. “Notre offre foncière était morcelée, pas très bien différenciée. Il est impératif de s’inscrire dans une démarche de qualité” justifie Franck Lorho. Le Conseil général privilégiera d’une part des zones stratégiques, situées sur des axes de communication importants et pouvant disposer d’une réserve foncière d’au moins 100 ha, et d’autre part des zones d’activités dites d’équilibre, proposant au moins 10 ha aménageables. Ce schéma, qui sera adopté le 13 juin, devrait définir 7 à 8 zones stratégiques, une par grand bassin d’emploi, et entre 20 et 25 zones d’équilibre. Les crédits départementaux qui leur seront affectés, jusqu’à présent plafonnés à 600 000 € par zone, s’inscriront très sensiblement à la hausse.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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