L’Eure-et-Loir veut mieux valoriser ses atouts

Le Département propose à ses partenaires un “pacte de développement” qui doit accroître la réactivité de l’écosystème eurélien aux demandes des entrepreneurs et des investisseurs. La collectivité souhaite également ajuster son offre foncière en proposant davantage de grandes parcelles.Les territoires sont entrés dans une concurrence féroce en matière de développement économique et aucun d’entre eux ne peut se satisfaire du statu quo. “Il fait bon vivre dans de nombreuses régions, les autoroutes sont présentes partout… et beaucoup de départements sont situés à une heure de Paris” résume Fabien Riolet, chef de projet au Codel (Comité de développement économique d’Eure-et-Loir). Partant du constat que les critères territoriaux différenciateurs classiques avaient tendance à s’estomper, le Conseil général, via le Codel, a décidé de “mettre l’accent sur l’offre de services. Les porteurs de projet ont aujourd’hui besoin de foncier immédiatement disponible, d’autorisations administratives rapidement accordées et de services divers tels que l’accompagnement au transfert ou à la formation de leurs collaborateurs” poursuit Fabien Riolet. Le premier point a d’ailleurs fait l’objet d’un vigoureux rappel à l’ordre d’Albéric de Montgolfier, le président du Conseil général. Selon lui, “le département n’offre pas suffisamment de terrain disponible. Nous ne sommes pas toujours capables de répondre aux entreprises”. Certes, l’emprise foncière immédiatement commercialisable se situe aux alentours des 500 ha, mais “cette offre est morcelée et ne compte pas assez de grandes parcelles” admet ce développeur territorial local. La mise en oeuvre d’un schéma départemental des zones d’activité et l’implication des collectivités devraient permettre de renverser la tendance. Ainsi, près de Toury, une zone d’activité qui s’étendra sur 50 ha au moins est en projet ; à Chartres, l’agglomération vient de réaliser des acquisitions foncières préalables à l’extension du Jardin d’Entreprises. Le long de la rocade chartraine, la collectivité développe également une zone d’accueil de 30 ha (150 ha à terme) qui comprendra un Ecoparc thématique centré sur les agro-matériaux. “A Dreux aussi, s’est mise en place une offre très complète, de l’incubateur jusqu’à la grande parcelle” remarque Fabien Riolet, qui souligne que ce schéma départemental prévoit la création de zones d’activité dites d’équilibre, d’une surface comprise entre 10 et 20 ha et situées en zone rurale, permettant le développement de projets endogènes. “Quoi qu’il en soit, le “produit” que nous vendons est fabriqué par les élus” indique-t-on au Codel. Ce sont ces derniers qui devront prendre leurs responsabilités dans ce domaine. Pour mieux valoriser l’offre foncière, le Codel a proposé à ses différents partenaires le “pacte eurélien”. Le dispositif est fondé sur trois initiatives. Tout d’abord, le Codel va mettre sur pied un Forum des développeurs ; cette instance informelle se réunira plusieurs fois par an dans le cadre de journées thématiques. “Il s’agit d’aider les élus et les développeurs à mieux vendre leur territoire, à définir une stratégie sur quatre ou cinq ans et aussi à créer un véritable esprit Eure-et-Loir” note Fabien Riolet. Trop souvent, les élus qui ont eu connaissance d’un projet d’installation ne partagent pas l’information… même après avoir échoué à le concrétiser. Le Forum permettra aussi d’animer un réseau d’identification des développements endogènes qui, pour 80 % d’entre eux, sont des projets dormants. En second lieu, le Codel propose, dans le cadre d’une convention (package eurélien), aux partenaires du développement économique (AFPA, réseau Horizon Entreprises, administrations, chambres consulaires) de s’associer et de s’engager dans un contrat d’objectif. “L’idée, c’est de pouvoir proposer aux industriels et aux porteurs de projet une formation spécifique à l’attention de leurs collaborateurs ou d’obtenir des autorisations administratives dans une logique de raccourcissement de la chaîne de décision”, note-on au Codel. Le concept est né de la mobilisation qui a entouré l’installation de Touax (assemblage de constructions modulaires) à Mignières (cf. LV n°457). Une convention avec l’AFPA et l’ANPE avait, en effet, permis d’organiser très rapidement une formation spécifique à l’attention d’une quarantaine d’ouvriers métallurgistes. Enfin, le Codel ne veut plus se satisfaire des outils classiques de veille et d’intelligence territoriale. Un investissement important va être engagé au profit de la refonte du système actuel de bourse aux locaux et aux terrains disponibles. Il est également prévu de créer un géoportail en ligne utilisant les technologies popularisées par Google Maps : les industriels pourront visualiser immédiatement les disponibilités foncières et immobilières.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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