La société Eco Delta Développement va engager sur la friche de l’exmine de la Barytine de Chaillac le déploiement d’une ferme photovoltaïque de 196 000 panneaux solaires.
Le projet, qui représente un investissement de 50 M€, pourrait créer une vingtaine d’emplois. A Chaillac, dans le sud de l’Indre, devraient être engagés prochainement sur la friche de l’ex-mine de barytine (Barytine de Chaillac, exploitée par le groupe Solvay) les travaux d’implantation de l’une des plus importantes fermes photovoltaïques de France. Gérard Mayaud, maire de Chaillac, vice-président du Conseil général de l’Indre et président du syndicat d’électrification de la région d’Argenton- sur-Creuse, nous confirme que la société française Eco Delta Développement s’apprête à engager près de 50M€ dans le déploiement de 196 000 panneaux solaires susceptibles de développer une puissance de 12 MW/h. Les béotiens objecteront que la riante commune de Chaillac est moins réputée pour son ensoleillement que l’Andalousie. Grossière illusion ! “Selon les études, la ferme qui sera déployée sur 30 ha, au sommet d’une colline, disposera d’un ensoleillement de 1 870 h par an (à comparer avec Toulouse, qui dé-passe tout juste les 2 000 h, NDLR)” affirme Gérard Mayaud. De surcroît très enrochée – et ne pouvant donc être transformée en terre agricole –, la friche de la Barytine de Chaillac ne voit que rarement le brouillard s’abattre sur le paysage. Enfin, la ferme sera située à proximité d’un poste de collecte d’électricité d’EDF qui distribue plusieurs départements (l’Indre, la Creuse et la Haute-Vienne) : la liaison entre la ferme et ce poste EDF sera assurée par un câble enterré dans une tranchée. L’opérateur national est en effet obligé d’acheter à un prix convenu – et attractif – l’électricité fabriquée par les producteurs d’énergie renouvelable (éolienne, photovoltaïque, hydraulique) pendant une durée d’au moins 20 ans. A priori, cette ferme photovoltaïque ne devrait pas affronter d’opposants comme ses soeurs éoliennes. “Les panneaux, d’une hauteur de 1,20 m, ne seront pas visibles de la commune. Ce qui correspond à une demande légitime de la population” observe le conseiller général. Afin de faire taire toutes les critiques, la collectivité s’est également engagée à végétaliser le site. Autre avantage, l’installation des panneaux, “qui ne sont pas fixés au sol, mais tout simplement plantés comme des piquets de vigne”, est moins contraignante que celle d’aérogénérateurs. Il n’est ainsi pas nécessaire de lancer une enquête publique : “Nous venons de recevoir le feu vert après une simple consultation des administrations compétentes, confirme Gérard Mayaud, et la commune n’a plus qu’à délivrer son autorisation”. La future ferme photovoltaïque de Chaillac va aussi contribuer à renforcer l’emploi local. Le site, qui sera surveillé 24 h/24, va immédiatement créer une petite dizaine de postes dans le gardiennage, auxquels vont s’ajouter quelques emplois dans la maintenance et l’entretien. “Nous devrions aussi, sans doute, générer des emplois dans le tourisme, le site étant en mesure d’attirer les curieux” prédit Gérard Mayaud. Ce dernier observe qu’à quelques kilomètres de Chaillac se tient la station de pompage de gaz de Roussines. “On peut imaginer qu’une même entité de gardiennage pourrait surveiller les deux installations”. De quoi fixer sur Chaillac une trentaine d’emplois via l’installation d’une société spécialisée. Pour l’heure, la commune va entériner le rachat à Solvay de l’ensemble du foncier (110 ha) avant de rétrocéder à Eco Delta Développement la partie qu’il convoite. La collectivité prendra en charge la construction de la tranchée tout en espérant impliquer la Région dont on connaît l’engagement en faveur du développement durable. L’exploitation pourrait débuter dès l’été 2008.









