Les professionnels du travail temporaire (278 agences en région Centre, 28 000 équivalents temps plein chez les entreprises clientes en 2004) offrent des solutions novatrices en matière d’intégration des juniors, des seniors et même des personnes en difficulté. Depuis cet hiver, les agences d’intérim peuvent proposer leurs services en matière de recrutement, en complémentarité de l’ANPE. L’intérim va-t-il révolutionner le monde du travail ?
Le travail temporaire peut-il résoudre la question du retour à l’emploi et concourir ainsi à une meilleure cohésion sociale ? Si l’intitulé du débat organisé le 22 mars à Orléans était alléchant (“Quel avenir pour l’emploi en région Centre ?”), l’auditoire est resté sur sa faim. Les déclarations de principe des acteurs institutionnels et les cas d’école de plusieurs grandes entreprises utilisatrices – et satisfaites – de main-d’oeuvre intérimaire ne font pas un bon débat sur l’emploi.
Le travail temporaire peut-il résoudre la question du retour à l’emploi et concourir ainsi à une meilleure cohésion sociale ? Si l’intitulé du débat organisé le 22 mars à Orléans était alléchant (“Quel avenir pour l’emploi en région Centre ?”), l’auditoire est resté sur sa faim. Les déclarations de principe des acteurs institutionnels et les cas d’école de plusieurs grandes entreprises utilisatrices – et satisfaites – de main-d’oeuvre intérimaire ne font pas un bon débat sur l’emploi.
Le syndicat des entreprises de travail temporaire avait pourtant des vérités bonnes à dire. Tout d’abord sur la nouvelle mission dévolue à la profession, en vertu de la loi de programmation sociale du 20 décembre 2004 qui “entérine la fin du monopole de l’ANPE” en matière de placement des salariés. En clair et en décodé, les entreprises pourront confier directement aux ETT le recrutement de leurs collaborateurs. Un vaste marché s’ouvre ainsi à la concurrence ; jusqu’à présent, le champ d’action de l’ANPE n’était labouré, à la marge, que par les cabinets spécialisés dans le recrutement de cadres. Les grands du secteur (Adecco, Manpower, VediorBis…) sont déjà prêts à relever le défi. De leur côté, les PME régionales – il reste 1 000 ETT en France, pour 6 000 agences – cherchent à muscler leur encadrement avec des spécialistes du recrutement. Un des moyens pour acquérir ces compétences est de prendre le contrôle de cabinets de RH. Certains y songent.
L’intérim, moteur d’intégration
En matière d’emploi, la France a deux fâcheuses caractéristiques : un fort taux de chômage des moins de 25 ans et un recours trop systématique aux dispositifs de pré-retraite pour la tranche 55-60 ans. Face à cette double problématique, l’intérim propose des solutions. Il se définit, à raison, comme un puissant moteur d’intégration des jeunes. Ceux-ci, affirme le SETT, “sont de plus en plus nombreux à utiliser l’intérim [afin] d’acquérir une première expérience professionnelle”. Toujours selon le syndicat, un intérimaire de moins de 25 ans sur trois n’avait pas d’expérience professionnelle avant de choisir cette voie. L’intérim comme sas d’entrée dans la vie active ravit les employeurs. Daniel Guillermin, pdg de Shiseido (deux usines à Ormes et à Gien, au total 540 salariés dans le Loiret) y voit un très bon moyen de mesurer la motivation réelle des nouveaux salariés, soulignant qu’“à la production, plus de 75 % des jeunes rentrés en CTT ont été titularisés”. Un avis partagé par Olivier Dumas, DRH de John Deere : “Sur les 273 personnes recrutées à l’usine de Saran ces dernières années, les trois quarts venaient de l’intérim”. Le savoir-faire des ETT peut également s’appliquer à la réinsertion des exclus du monde du travail, rendue possible grâce au Cirma (Contrat insertionrevenu minimum d’activité). Philippe Gobinet, président du SETT région Centre et patron des agences Partnaire, vient de signer un contrat d’objectif avec le Conseil général du Loiret pour trouver un emploi à 100 allocataires du RMI. On attend le retour d’expérience. Il sera alors temps de généraliser le dispositif.
Prolonger la vie au travail
En France, 27 % des 55-60 ans sont au travail. Au Danemark, la proportion est de 50 %. Une situation paradoxale à la veille d’une inversion démographique sans précédent qui conduit tous les gouvernements occidentaux à retarder l’âge de départ à la retraite. D’ici peu, le nombre de sortants du marché du travail sera supérieur à celui des entrants. Le défi est à la fois de prolonger le nombre d’années de cotisation et de donner une nouvelle motivation à des seniors, parfois poussés vers la sortie, mais aussi quelquefois volontaires pour l’emprunter, comme le rappelait Olivier Dumas (John Deere). L’exemple étranger fournit de bonnes idées. Aux Pays- Bas, relève le SETT, “les seniors restent jeunes plus longtemps et veulent continuer à travailler”. Ron Molenaar a créé 65 +, une société d’intérim spécialisée dans le créneau des plus de 65 ans : après une période de mise en route, il a convaincu de grandes entreprises, parmi lesquelles TNT, la puissante Poste néerlandaise. En France, comme souvent, on commence par réaliser des études. L’une, récente, montre que les plus de 50 ans sont perçus négativement par les entreprises consultées, en dépit de leurs indéniables atouts. Principaux motifs d’inquiétude des employeurs: le niveau de rémunération, ainsi que “le manque de dynamisme et la difficulté d’adaptation des seniors face au process et aux défis technologiques”. Info ou intox? Reste que cette image dégradée ne plaide pas en faveur d’un allongement de la vie au travail. A moins d’un changement radical de mentalité, de part et d’autre. Pourtant, dans ce domaine aussi, le travail temporaire surperforme le marché. Entre 1995 et 2003, le nombre de seniors intérimaires a progressé deux fois plus vite que la moyenne du secteur. Les plus entreprenants peuvent aussi suivre l’exemple de Christian Hervé, aujourd’hui DRH de Cargill, à St-Cyr-en-Val, qui a fondé un cabinet de consultants à temps partagé avec plusieurs quinquas, licenciés comme lui il y a une dizaine d’années par un grand groupe pharmaceutique français. Mais tous ont-ils les mêmes ressources et le même punch que lui ?
L’intérim, moteur d’intégration
En matière d’emploi, la France a deux fâcheuses caractéristiques : un fort taux de chômage des moins de 25 ans et un recours trop systématique aux dispositifs de pré-retraite pour la tranche 55-60 ans. Face à cette double problématique, l’intérim propose des solutions. Il se définit, à raison, comme un puissant moteur d’intégration des jeunes. Ceux-ci, affirme le SETT, “sont de plus en plus nombreux à utiliser l’intérim [afin] d’acquérir une première expérience professionnelle”. Toujours selon le syndicat, un intérimaire de moins de 25 ans sur trois n’avait pas d’expérience professionnelle avant de choisir cette voie. L’intérim comme sas d’entrée dans la vie active ravit les employeurs. Daniel Guillermin, pdg de Shiseido (deux usines à Ormes et à Gien, au total 540 salariés dans le Loiret) y voit un très bon moyen de mesurer la motivation réelle des nouveaux salariés, soulignant qu’“à la production, plus de 75 % des jeunes rentrés en CTT ont été titularisés”. Un avis partagé par Olivier Dumas, DRH de John Deere : “Sur les 273 personnes recrutées à l’usine de Saran ces dernières années, les trois quarts venaient de l’intérim”. Le savoir-faire des ETT peut également s’appliquer à la réinsertion des exclus du monde du travail, rendue possible grâce au Cirma (Contrat insertionrevenu minimum d’activité). Philippe Gobinet, président du SETT région Centre et patron des agences Partnaire, vient de signer un contrat d’objectif avec le Conseil général du Loiret pour trouver un emploi à 100 allocataires du RMI. On attend le retour d’expérience. Il sera alors temps de généraliser le dispositif.
Prolonger la vie au travail
En France, 27 % des 55-60 ans sont au travail. Au Danemark, la proportion est de 50 %. Une situation paradoxale à la veille d’une inversion démographique sans précédent qui conduit tous les gouvernements occidentaux à retarder l’âge de départ à la retraite. D’ici peu, le nombre de sortants du marché du travail sera supérieur à celui des entrants. Le défi est à la fois de prolonger le nombre d’années de cotisation et de donner une nouvelle motivation à des seniors, parfois poussés vers la sortie, mais aussi quelquefois volontaires pour l’emprunter, comme le rappelait Olivier Dumas (John Deere). L’exemple étranger fournit de bonnes idées. Aux Pays- Bas, relève le SETT, “les seniors restent jeunes plus longtemps et veulent continuer à travailler”. Ron Molenaar a créé 65 +, une société d’intérim spécialisée dans le créneau des plus de 65 ans : après une période de mise en route, il a convaincu de grandes entreprises, parmi lesquelles TNT, la puissante Poste néerlandaise. En France, comme souvent, on commence par réaliser des études. L’une, récente, montre que les plus de 50 ans sont perçus négativement par les entreprises consultées, en dépit de leurs indéniables atouts. Principaux motifs d’inquiétude des employeurs: le niveau de rémunération, ainsi que “le manque de dynamisme et la difficulté d’adaptation des seniors face au process et aux défis technologiques”. Info ou intox? Reste que cette image dégradée ne plaide pas en faveur d’un allongement de la vie au travail. A moins d’un changement radical de mentalité, de part et d’autre. Pourtant, dans ce domaine aussi, le travail temporaire surperforme le marché. Entre 1995 et 2003, le nombre de seniors intérimaires a progressé deux fois plus vite que la moyenne du secteur. Les plus entreprenants peuvent aussi suivre l’exemple de Christian Hervé, aujourd’hui DRH de Cargill, à St-Cyr-en-Val, qui a fondé un cabinet de consultants à temps partagé avec plusieurs quinquas, licenciés comme lui il y a une dizaine d’années par un grand groupe pharmaceutique français. Mais tous ont-ils les mêmes ressources et le même punch que lui ?











