Les Missions Locales, qui accompagnent chaque année près de 1,2 million de jeunes dans leur projet d’insertion, veulent conserver leur spécificité et ne pas jouer le rôle de supplétif de Pôle Emploi
: c’est le message qu’elles ont voulu délivrer lors de leurs premières journées nationales, fin octobre à Tours.
17-11-10 - Tours, terre de mission(s) ! Jean-Patrick Gille, le député socialiste de la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire, a réussi, les 28 et 29 octobre derniers, à rassembler dans son fief tourangeau plus d’une centaine de participants aux premières journées des Missions Locales, qu’il préside depuis un an au plan national (UNML).
La participation en guest star de Martin Hirsch, l’actuel président de l’Agence française du service civique (AFSC), n’a pas manqué de donner un relief particulier à une manifestation qui s’est tenue au moment même où le gouvernement et les partenaires sociaux réfléchissent à la tenue d’un Grenelle de la Jeunesse.
« Les Missions Locales ont pris leur essor en 1982 dans la foulée du rapport réalisé par Bertrand Schwartz », rappelle Jean-Patrick Gille. Dédiées à l’accompagnement et à l’insertion professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans, ces structures cofinancées par l’Etat et les collectivités – notamment les Régions –, emploient près de 11 000 salariés. Elles réussissent à « accompagner, chaque année, plus de 1,2 million de jeunes dans leur projet d’insertion », précise le parlementaire tourangeau. En région Centre, près de 38 600 jeunes (+ 10 %) ont été suivis en 2009 par 330 salariés répartis dans une vingtaine de Missions et trois PAIO (Permanences d’accueil, d’information et d’orientation).
« La crise a produit une envolée du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans (+ 19 % en 2009), explique Jean-Patrick Gille. Et les 18 365 jeunes qui ont été accueillis pour la première fois par le réseau sont plus âgés et plus diplômés qu’en 2008. Cette tendance s’est accrue en 2010 puisque nous constatons un doublement du nombre de jeunes diplômés ».
Si le fonctionnement et l’efficacité des Missions Locales ont été salués – avec quelques nuances – par deux rapports récents de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), elles doivent affronter un environnement politico-économique incertain. « La question du non-maintien des financements supplémentaires (120 M€) apportés en 2010 au titre du plan de relance pose problème. Cet apport avait permis de créer près de 1 000 postes sur le terrain. Nous risquons de les perdre au moment où le chômage des jeunes redouble d’intensité », indique le président de l’UNML – et député d’opposition – qui s’inquiète du projet de loi de réforme des collectivités territoriales, « qui risque de compromettre les financements croisés des collectivités alimentant les Missions ».
La question des relations et du partage des tâches avec Pôle Emploi a aussi été au menu des échanges. « Nous sommes dans une logique de co-traitance se traduisant par la mise à disposition de personnels». En région Centre, la déclinaison d’un accord national va conduire Pôle Emploi à adresser 5 225 jeunes aux Missions Locales qui « auront la charge de leur proposer un Plan personnalisé d’accès à l’emploi ».
Mais les deux réseaux semblent parfois… se marcher sur les pieds. Pôle Emploi aurait tendance à charger la barque des Missions… surtout dans les bassins d’emploi les plus défavorisés. Du coup, l’IGAS a proposé d’aligner « progressivement le contenu et le niveau de financement de la co-traitance sur ceux des prestations d’accompagnement sous-traitées par Pôle Emploi, sans réduire par ailleurs les subventions pérennes de l’Etat aux Missions Locales ».
« Ces pistes d’évolution sont intéressantes, toutefois il ne faut jamais perdre de vue ce qui fait le sel des Missions. A savoir un contact privilégié avec les jeunes sur le terrain. Cette capillarité et cette proximité sont essentielles », a conclu le député socialiste tourangeau.











