Orléans TV plonge, TV Tours résiste

La chaîne de télévision locale Orléans TV a déposé son bilan la semaine passée : le groupe Bernard Krief a mis à l’étude un projet de reprise. En dépit de pertes qui restent importantes, sa consœur tourangelle affiche une certaine confiance dans l’avenir. Et fixe son objectif d’équilibre des comptes à 2012.

Orléans TV, lancée en mars 2007, soit un an après son homologue tourangelle, n’aura pas réussi à crever l’écran. Confrontés à une nouvelle dégradation de la situation financière et à un montant élevé de pertes cumulées (plus de 3 M€ en un peu plus de deux ans), les actionnaires (la République du Centre, Centre-France La Montagne, la Caisse d’Epargne et le Crédit Agricole) ont décidé d’arrêter les frais : en 2008, la chaîne orléanaise avait encaissé 293 000 € pour un résultat d’exploitation négatif de 1,4 M€. Et la situation n’avait fait qu’empirer depuis le début de l’année…
La douzaine de salariés rescapés ne peuvent plus guère espérer que le secours d’une reprise providentielle. Comme nous l’indiquions dès jeudi 12 au matin sur lettrevalloire.com, le groupe Bernard Krief a mis cette éventualité à l’étude. Il a déjà repris cet été à Hersant Media, Lagardère Interactive et à la BPCE, le groupe issu de la fusion des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, la TV locale francilienne Cap 24 ; il s’engage dans ce nouveau pari en misant, à terme, sur une mutualisation des moyens de production avec d’autres chaînes locales. On murmure aussi parmi les éventuels candidats le nom de Télévista, un opérateur présidé par Philippe Gildas, l’ancien journaliste et présentateur de radio puis de Canal +.
A Tours, la grande sœur portée sur les fonts baptismaux un an avant Orléans TV parvient à garder la tête hors de l’eau, forte d’une audience jugée respectable (10,3 % selon Médiamétrie). En 2009, TV Tours devrait ainsi réaliser un chiffre d’affaires avoisinant les 900 000 € (807 000 € en 2008) grâce « à une forte progression du CA publicitaire » affirme Maguelone Hédon, la directrice générale de la chaîne tourangelle. Certes, TV Tours restera pour cette année 2009 dans le rouge (l’an passé, le résultat d’exploitation était négatif au-delà de 1 M€, le résultat net étant ramené à – 430 000 €), mais l’activité et les perspectives semblent bien orientées.
« A l’inverse d’Orléans TV, nous n’avons pas pris le parti de tailler dans nos coûts de production, qui se maintiennent à 1,9 M€ par an, poursuit Maguelone Hédon. Ce qui nous a permis de maintenir la qualité de notre programmation et d’attirer les téléspectateurs et les annonceurs. » En 2010, grâce à l’augmentation anticipée des recettes publicitaires et de l’indispensable concours des collectivités (Tour(s)Plus, Région Centre), porté de 220 000 à 300 000 €, le CA pourrait avoisiner 1,4 M€. De quoi faire patienter le pool d’actionnaires composé du groupe La Nouvelle République du Centre-Ouest (50 %), de la Caisse d’Epargne Loire-Centre (35%), de La République du Centre (5 %), de Centre-France La Montagne (5 %) et de l’éditeur de solutions informatiques Wedia (5 %). Un pool auquel la direction de la chaîne promet un résultat positif en 2012. « Dès 2011, nous allons profiter du passage de l’analogique au tout-numérique qui va nous permettre d’économiser 180 000 € de frais de diffusion » prévoit Maguelone Hédon.
A Issoudun (36), les promoteurs de la chaîne de télévision locale Bip TV (Bip, pour Berry Issoudun Première) n’ont pas ces soucis. La station – ardemment soutenue par le maire PS André Laignel – vit exclusivement, il est vrai, des subsides des collectivités locales (communauté de communes d’Issoudun, communauté d’agglomération de Châteauroux, conseil général de l’Indre) dans une quasi-logique de service public. Son budget s’élève à 1 M€ pour une heure de TV produite quotidiennement. Bip TV a demandé l’autorisation d’être diffusé sur l’ensemble du territoire départemental, ce qui pourrait lui assurer une aide plus généreuse du conseil général.

 

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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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