Le tracé nord du périphérique tourangeau fait toujours débat

Trois tracés du barreau nord du périphérique tourangeau viennent d’être proposés par le conseil général à la concertation. Le scénario d’un coûteux raccordement à l’A 28, qui a les faveurs de la présidente de l’exécutif, ne devrait pas tenir la route.

La nouvelle majorité socialiste du conseil général d’Indre-et-Loire emmenée par Claude Roiron a souhaité relancer dès ce printemps le dossier du tronçon nord du périphé- rique tourangeau. Ce barreau d’environ 8 km doit prolonger vers l’ex-RN 10 l’actuel segment nord-ouest en travaux, dont l’ouverture est prévue pour le début 2011. « Cette initiative nous semble indispensable » nous indique Alain Kerbriand-Postic, vice-président du conseil général, « car, dès l’ouverture du barreau nord-ouest, des flux de circulation très importants vont être rabattus sur des voies intra-urbaines, faute de prolongement du contournement. Il faut agir au plus vite ! »
Un périmètre d’études a été constitué et proposé à la concertation jusqu’à la fin du mois de juin dans les mairies des communes concernées : Notre-Dame-d’Oé, Mettray, Parçay-Meslay, Saint-Cyr-sur-Loire, Chanceaux-sur-Choisille et Tours Nord.
Trois tracés sont en concurrence : le premier, dit tracé historique, est celui qui avait été peu ou prou dessiné dans le cadre du schéma départemental d’aménagement du territoire (SDAT) 1996-2003 aujourd’hui caduc. Passant au sud de la zone d’études, ce barreau de 7,3 km, chiffré à 95 M€, n’est pas du goût de la présidente. Outre le fait d’avoir été échafaudé par l’ancienne majorité – « ce n’est pas un péché mortel » s’empresse-t-on d’affirmer dans son entourage –, il a aujourd’hui été « mangé » par l’urbanisation rapide de l’agglo-mération tourangelle.
Surtout, Claude Roiron, en élue « nordiste » rusée, sait la population très opposée à un tracé qui traverserait, via une voie couverte, le parc de la Cousinerie, un espace vert de loisirs qui doit fusionner en 2012 avec le parc des Grandes-Brosses. De plus, relayant la cause de propriétaires et de riverains, le maire PS de Notre-Dame-d’Oé, Jean-Luc Galliot, serait tout à fait rétif à ce fuseau historique et, d’ailleurs, à tout passage du périphérique sur le territoire de sa commune. Le conseil municipal de Notre-Dame-d’Oé a demandé récemment que le périmètre d’études soit élargi vers l’ouest et le nord…
Un second tracé (8,7 km, coût de 117 M€), dit tracé nord Notre-Dame-d’Oé, passant plus au large des zones les plus urbanisées, est moins exposé à ces griefs que son homologue du sud. Par ailleurs, le trafic attendu permet d’envisager une voirie à deux fois une voie sur certaines sections. Las, ce tracé jugé «réaliste» par les techniciens… et qualifié de plutôt « bon marché » par de nombreux élus, n’emporte pas les suffrages de la présidente. Claude Roiron lui préfère le scénario d’un raccordement par le nord à l’A 28. Une tout autre affaire, compte tenu des coûts induits par le projet. Car, si ce dernier tracé (6,8 km) ne représente pas, à priori, une dépense monstrueuse (85 M€), la facture finale sera lourdement plombée par le rachat d’une barrière de péage (5 M€) qui permettra de faire acquitter à l’automobiliste un droit de 1,40 €. De quoi refroidir les ardeurs des usagers… et rendre plus difficile l’obtention de l’indispensable déclaration d’utilité publique si les prévisions de fréquentation s’avéraient trop faibles.
Certes, la collectivité départementale envisagerait alors d’acquérir les droits de péage au concessionnaire (Cofiroute), mais une première estimation, qui a évalué la note à… 160 M€, a douché l’enthousiasme. De surcroît, l’ancien préfet d’Indre-et-Loire Patrick Subrémon – dont les relations avec Claude Roiron s’étaient nettement détériorées avec le temps – lui a fait savoir en guise de cadeau de départ que l’Etat n’était pas favorable à ce raccordement. Tout en souhaitant attendre les résultats de cette première phase de concertation au cours de laquelle se sont exprimés des « avis très tranchés », Alain Kerbriand-Postic reconnaît, dans ce contexte, que le tracé nord Notre-Dame-d’Oé semble aujourd’hui tenir la corde « par défaut ».
Quoi qu’il en soit, il faudra régler au préalable la question du financement. Claude Roiron a, en effet, contesté la clé de répartition ultérieure entre les collectivités (12,5 % Tour(s)Plus, 27,5 % Région,  60 % Département). La présidente – qui a déjà dû faire avaler à ses partenaires le surcoût du barreau nord-ouest (27 M€) – souhaite que s’applique désormais la règle des trois tiers. Dans la négociation serrée qu’elle entamera sur le sujet avec son mentor Jean Germain (PS), président de Tours(s)Plus, Claude Roiron saura sans aucun doute faire valoir la contribution que le Département entend apporter au financement du tramway tourangeau !

 

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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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