La pharmacie régionale, un colosse aux pieds d’argile ?

Bastion de l’industrie régionale, la filière pharmaceutique est soumise à de fortes tensions qui menacent la pérennité d’une vingtaine de sites sur un périmètre interrégional regroupant le Centre, la Basse et la Haute-Normandie ainsi qu’une partie de la région parisienne.

12-05-10 - La filière pharmaceutique constitue l’un des points forts de l’économie régionale. Pour autant, ce tissu particulièrement orienté sur les activités de production serait fortement exposé aux tensions qui menacent le secteur dans les grands pays industrialisés. C’est ce qui ressort d’une récente étude réalisée par la Préfecture du Centre (SGAR Centre) dans le cadre d’une mission prospective interrégionale couvrant les régions Centre, Basse et Haute-Normandie, ainsi qu’une partie de l’Ile-de-France (soit 63 établissements pharmaceutiques au titre du périmètre retenu et 16 625 salariés représentant 45 % des effectifs nationaux).
Les rapporteurs de cette enquête ont identifié plusieurs facteurs défavorables – et bien connus – qui pénalisent globalement l’industrie : l’internationalisation croissante des marchés, la désintégration de la chaîne de valeur traditionnelle (recours accru à l’externalisation), la pression de plus en plus importante des politiques publiques de dépenses de santé et l’érosion des marges.
Après l’établissement d’une échelle de risques distinguant trois types d’acteurs plus ou moins « à risque » (les grands laboratoires internationaux, les façonniers et les petits et moyens laboratoires), les enquêteurs ont visité 29 des 63 sites pré-retenus. Au total – et en prenant aussi en compte l’information disponible sur les sites qui n’ont pas souhaité participer à cette étude –, le SGAR estime « qu’il existe à priori un risque fort (c'est-à-dire de 4,1 à 5 sur une échelle de 1 à 5) pour une vingtaine de sites sur le périmètre interrégional ». Au total, ces différentes unités emploient 1 669 salariés. Selon l’étude, une vingtaine d’autres sites pourraient être placés dans une zone à risque moindre mais encore élevée (de 3,1 à 4). « Les niveaux de risque élevé méritent d’être traités avec prudence », suggèrent cependant les rapporteurs, craignant sans doute de se montrer trop alarmistes car ils s’appliquent principalement « à des sites qui n’ont pas été visités » (14 sites visités seulement sur les 41 répertoriés dans la partie de l’échelle comprise entre 3,1 et 5).
L’analyse, région par région, témoigne de fortes disparités. Ainsi, sur 35 sites répertoriés en région Centre, on compte 6 usines dotées d’un coefficient de risque supérieur à 3. Ces dernières sont situées dans des bassins d’emploi dits « à difficulté », et représenteraient près de 1 000 emplois.
Au total, et sur les zones de production dites « stratégiques » délimitées par l’étude (Rouen, Orléans, Tours et Caen), 530 emplois seraient potentiellement « fortement risqués ». A moyen terme, l’ordre de grandeur des effectifs menacés « pourrait dépasser les 1 000 personnes, principalement sur de très petits sites – en passe donc de disparaître – et de manière différente sous forme de réduction d’effectifs sur de très grands sites ». Dans les sites « prioritaires » (Dreux, Amboise et Evreux), 1 000 autres emplois pharmaceutiques se trouvent également menacés à moyen terme. 
Dans le catalogue de mesures correctives plutôt convenues qu’ils présentent, les auditeurs recommandent la constitution d’un cluster interrégional dont le périmètre géographique s’étendrait au-delà de l’actuelle PharmaValley. Rappelons que cette dernière regroupe aujourd’hui Polepharma, le Groupement régional des établissements pharmaceutiques du Centre (Grepic) et le technopole haut-normand CBS.
Mais avait-on vraiment besoin d’une nouvelle structure, pourraient interroger les sceptiques qui noteront au passage que l’Etat distingue le cluster « centré sur l’innovation incrémentale (qui) diffère structurellement des pôles de compétitivité et n’a pas vocation à en devenir un ». Est-ce un hommage du vice à la vertu? Les représentants de l’Etat préconisent curieusement aux candidats dpromoteurs de ce futur cluster interrégional « une clarification de ses objectifs (sic) ».

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir



Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
Retrouvez le contenu complet
de la Lettre Valloire
REGION CENTRE
BERRY
EURE-ET-LOIR
INDRE-ET-LOIRE
LOIR-ET-CHER
LOIRET