Redex se joue de la crise

Sans rouler les mécaniques, la société Redex, s’appuyant sur une très solide gestion et un carnet de commandes qui s’est bien rempli en 2008, prévoit de traverser sans encombres l’année 2009. La direction vient d’engager un nouvel investissement à Ferrières-en-Gâtinais et envisage des acquisitions à l’échelle européenne.

Les entreprises industrielles ne sont pas toutes condamnées à la dépression. Spécialisée dans la fabrication d’équipements de transmission de haute précision et de machines spéciales pour la sidérurgie, la société Redex (environ 320 salariés, 50 M€ de CA en 2008) traverse la crise sans encombres. « Certes, nous devrions être impactés par la mauvaise conjoncture en 2009, indique son pdg Bruno Grandjean, mais la qualité de notre carnet de commandes et de notre trésorerie nous permettra d’amortir le choc ».
De fait, le mécanicien de précision, qui s’appuie sur des cycles de vente assez longs, souhaite profiter de la période pour proposer à « ses clients des produits encore plus innovants » et réaliser « des investissements sélectifs. Car une période de crise peut être propice à la saisie de belles opportunités ». Ainsi, Bruno Grandjean nous confirme qu’il vient d’investir 1,5 M€ à Ferrières-en-Gâtinais (45) où il exploite une unité de 220 salariés dans un nouveau hall de montage de 600 m2. « Situées dans un bâtiment de 4 000 m2 que nous venons de racheter, ces nouvelles capacités vont être dédiées à la fabrication de pièces de laminoirs traitées par un procédé mis au point par un cabinet d’ingénierie américain dont nous avons acheté la licence » poursuit le pdg. Ces produits seront destinés au marché US mais aussi aux grands pays asiatiques devenus les plus grands producteurs d’acier. Redex, qui exporte plus de 80 % de sa production, a créé six filiales étrangères dont deux installées respectivement aux Etats-Unis et en Chine.
Cet investissement est engagé alors que Redex vient tout juste d’achever un programme de 7,5 Me (cf. LV n°464) qui s’est notamment traduit à Senonches (28) – où se trouve la seconde unité industrielle du groupe – par l’acquisition d’une machine de rectification d’engrenages (1 Me d’investissement), « quasi-unique en France » souligne Bruno Grandjean. La machine accueillie par une extension de 500 m2 est dédiée à des applications industrielles très pointues notamment dans le domaine de l’aéronautique : le site de Senonches emploie environ 60 collaborateurs. Cette salve d’investissements avait aussi amené la direction à agrandir l’usine de Ferrières de 1 500 m2, à réorganiser certains flux et à doter le site d’une plate-forme de gestion des déchets.
Redex, qui connaît une croissance annuelle moyenne de 10 %, anticipe donc l’avenir avec optimisme. « Certes, nous constatons une baisse dans la prise de commandes mais les fondamentaux de l’activité ne sont pas compromis, rassure  Bruno Grandjean qui reconnaît qu’il commencera à s’inquiéter  la fin 2009, début 2010 si les prises de commandes ne sont pas reparties sur de meilleures bases »
Dans cette attente, la société compte affermir ses positions à l’export, notamment dans certains pays (Japon, Corée) où elle est insuffisamment présente. « Par ailleurs, nous n’excluons pas de lancer une ou plusieurs opérations de croissance externe » prévient le pdg de Redex en reconnaissant que plusieurs dossiers d’acquisition de sociétés européennes de mécanique sont à l’étude.

 

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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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