La Région Centre, par l’entremise de son vice-président communiste Jean-Michel Bodin, lance – tardivement – une étude sur la revitalisation de l’étoile ferroviaire tourangelle.
Pile au moment où s’engagent les travaux de la première ligne de tramway de l’agglomération. Un train de retard imputable, dit-on, à la mauvaise volonté des syndicats de cheminots.
13-10-10 - Alors que s’engagent à Tours (37) les travaux de la première ligne de tramway, voici que l’on reparle de la fameuse étoile ferroviaire tourangelle qui, forte de ses huit branches (Tours-Blois-Orléans, Tours-Vierzon-Bourges, Tours-Loches, Tours-Poitiers, Tours-Chinon, Tours-Saumur-Angers, Tours-Neuillé-Le Mans, Tours-Vendôme), pourrait devenir un puissant vecteur des déplacements intra et interurbains.
Afin d’identifier avec Réseau Ferré de France et la SNCF les besoins et les potentialités, et surtout « aboutir à une préconisation et à une estimation précise des investissements requis », indique Jean-Michel Bodin (PC), le vice-président délégué aux infrastructures, la collectivité régionale – autorité organisatrice des transports sur son territoire – lance une étude globale dont l’enjeu est de permettre un développement des infrastructures et des dessertes de ce périmètre, « en cohérence et en articulation avec les différents travaux de réflexion et d’études ».
La précision n’est pas inutile. Une étude de plus, diront les esprits chagrins ! En effet, qu’elles aient été engagées dans le cadre du Scot (Schéma de cohérence territoriale), du Smat (Syndicat mixte de l’agglomération tourangelle) ou d’autres acronymes abscons, les études prospectives portant sur l’avenir à moyen et long termes des transports tourangeaux pullulent… Mais celle-ci devrait, c’est juré, fixer définitivement les esprits sur un certain nombre de priorités et apprécier, par exemple, l’impact de la mise en œuvre de « dessertes cadencées sur quelques liaisons, comme celle mise en place entre Tours et Bléré depuis septembre 2008 qui remporte un succès évident avec plus de 1 000 voyageurs par jour », précise Jean-Michel Bodin.
Sur l’axe Tours-Loches, une étude financée dans le cadre du contrat de plan 2002-2006 avait déjà estimé les investissements requis par une réhabilitation de la desserte à 80 M€. La liaison Tours-Poitiers pourrait aussi être grandement améliorée à l’horizon 2016 suite à l’ouverture de la LGV entre Paris et Bordeaux qui libérera des créneaux. Des travaux de modernisation de la signalisation, achevés depuis l’été 2010, pourraient contribuer à une amélioration et à la mise en œuvre d’un cadencement entre Tours et Neuillé-Pont-Pierre, puis Le Mans « et, pourquoi pas, Caen dans une logique interrégionale ».
Cette démarche globale devra tenir compte des moyens déjà mis en œuvre par les collectivités « et notamment par le Conseil général qui gère le réseau de bus Fil Vert. Il serait judicieux de réfléchir à la mise en œuvre d’itinéraires de rabattement permettant d’optimiser le service au moindre coût ».
Mais l’autre grande affaire de cette étude, qui devra être achevée au début de l’année 2012, sera celle de l’intermodalité et, notamment, de l’identification de passerelles possibles entre l’étoile ferroviaire et le tramway tourangeau. « Certains emplacements stratégiques, comme celui du Carrefour de Verdun, peuvent devenir des plates-formes de rencontre multimodale », préconise Jean-Michel Bodin qui a demandé au maire de Tours, le socialiste Jean Germain, « d’ajuster les équipements et les infrastructures dans cette perspective ».
Pour autant, cette recommandation… et cette nième étude tombent un peu tard, les travaux du tramway tourangeau venant de commencer. Si l’on excepte des aménagements prévus à la gare de Tours et le déplacement d’une station (mail Valadon) sur le boulevard Winston-Churchill pour faciliter une éventuelle liaison tram-train, les connexions semblent limitées à leur plus simple expression. Il est vrai que la SNCF – et les puissants syndicats cheminots – répugnent à travailler de concert avec les opérateurs extérieurs, y compris Keolis, leur propre filiale. C’est peut-être en toute connaissance de cause – et une fois le tracé définitivement arrêté – qu’est apparue au vice-président de la Région Centre l’impérieuse nécessité de lancer cette étude… Il était temps.











