Restructuration des armées : la région Centre en première ligne

En région Centre, l’Indre et l’Indreet- Loire seront affectées par le programme de restructuration des armées qui prévoit sur le plan national la suppression de 42 000 postes d’ici à la fin 2013 et la fermeture de plusieurs garnisons. A contrario, Bourges pourrait gagner 800 militaires supplémentaires.L’inquiétude a gagné les rangs de la “grande muette”. Dans le cadre de la fameuse révision générale des politiques publiques (RGPP) engagée par le gouvernement, l’armée sera, en effet, invitée à suivre un rigoureux régime minceur au cours des prochaines années. Confirmant des indiscrétions reprises par les médias, le ministre de la Défense Hervé Morin est monté au feu ces derniers jours pour confirmer que 42 000 postes allaient être supprimés d’ici à la fin 2013. Cette taille dans les effectifs, sans précédent, va s’accompagner de la fermeture de garnisons et de services divers. Elle touchera principalement les fonctions de soutien (génie, logistique, logement, communication), le ministre entendant mutualiser ces services dans une logique inter-armes. Ces “abandons de garnison”, selon l’expression consacrée, frapperaient 53 communes françaises si l’on se réfère à une liste confidentielle qui circulait récemment dans les milieux autorisés. La région Centre, qui compte de multiples établissements des armées de l’air et de terre employant respectivement 10 000 et 7 000 salaconfirriés, paiera son tribut à la purge qui ne doit pas s’encombrer “de considérations liées à l’aménagement du territoire” a prévenu Hervé Morin. Ainsi, il semble acquis que la serpette gouvernementale s’abattera sans ménagement sur le 517e régiment du train (860 personnes) et sur le 12e BSMAT, un détachement de soutien au matériel (1 088 personnes), tous deux situés à Châteauroux. La mairie s’insurge déjà contre ces projets : “Nous avons laissé faire la carte judiciaire, nous ne laisserons pas fermer nos régiments sans réagir… et sans obtenir de contrepartie” indique un proche du maire UMP Jean-François Mayet. A Tours, l’Ecole du train et de la logistique (730 salariés) serait aussi dans le collimateur des cost killers du ministère de la Défense. En revanche, et sous réserve “des arbitrages de dernière minute qui peuvent encore être effectués”, le CFAT (Commandement de la formation de l’armée de terre), qui dirige de Tours toutes les écoles d’application (environ 285 personnes), et un établissement du génie devraient sortir indemnes. Une interrogation subsiste sur le sort réservé à la BA 705 de Tours Nord qui emploie 2 700 personnes, dont plus de 200 fonctionnaires civils. La plate-forme est en passe d’accueillir le regroupement de la direction nationale des ressources humaines de l’armée de l’air… mais pourrait perdre au passage son école de chasse de 1er niveau et sa flotte d’avions école à réaction (Alpha Jet). Un regroupement des écoles de chasse sur la base de Cazaux, dans le bassin d’Arcachon, est à l’étude… Il ne pourrait être effectif qu’à la fin 2013. Rappelons que la BA 705 est placée sous la responsabilité opérationnelle du centre de détection radar de Cinq-Mars-la-Pile qui emploie à lui seul 800 collaborateurs. Dans le Loiret, la direction du 2e régiment blindé (193 personnes), le 43e régiment de transmission à Orléans ainsi que le 6/12e régiment de chars (1 230 salariés) d’Olivet ne semblent pas menacés à l’heure où nous écrivons ces lignes. Idem pour la base aérienne (BA 123) d’Orléans-Bricy, qui compte 2 800 salariés, dont 110 civils. Cette dernière, qui héberge aussi une unité de 300 fusiliers-commando parachutistes employée parfois par les forces spéciales françaises sur différents théâtres d’opération, doit accueillir prochainement l’Airbus 400 M appelé à se substituer progressivement aux appareils de transport Hercule et Transal. Si certains perdent, d’autres gagnent ! Bourges pourrait ainsi récupérer plus de 800 postes susceptibles de renforcer les effectifs de l’un ou de plusieurs des nombreux établissements militaires de la ville ; celleci abrite en effet le Centre d’études et de développement informatique du matériel (Cedimat, 103 salariés), l’Ecole supérieure et d’application du matériel (Esam, 600 personnes) — qui pourrait bénéficier du transfert de l’Ecole du train de Tours (voir plus haut) — ainsi que deux établissements dépendant de la Délégation générale pour l’armement : l’ETBS, une unité de 750 salariés dédiée à l’évaluation et aux tests des matériels employés par l’armée (notamment la fonction feu) et un centre de formation (CFBS). Toujours dans le Cher, la base (BA 702) d’Avord (2 500 personnes), où sont parqués les fameux avions de reconnaissance Awacs et où se situe l’école de formation des pilotes de transport, devrait demeurer en l’état. Il reste encore quelques semaines aux élus pour plaider la cause de leurs garnisons. Une fois opérés les derniers ajustements, c’est au président de la République, chef des armées, qu’il reviendra de trancher. On évoque la date du 20 juin pour cette communication élyséenne.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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