La direction de Safety estime que le climat social n’est pas propice à la réalisation d’un investissement de 22 M€ sur ses deux usines de Fondettes, en banlieue de Tours.
Elle conditionne la poursuite de ce projet au résultat des élections professionnelles de ce mercredi 3 décembre sur un site marqué par une intense surenchère syndicale. La CGT crie au « scandale » et dénonce une « manipulation ».
Incriminant un « mauvais climat social » et le « comportement de certains représentants des salariés peu enclins à entretenir des relations confiantes et constructives », la direction du groupe suédois Valenite Safety (groupe Sandvik) vient de frapper fort… sur fond d’élections professionnelles au résultat disputé – qui se tiennent ce mercredi 3 décembre – et de renouvellement du CE ; ce dernier aura lieu le 17 décembre.
Le groupe aurait tout simplement décidé de suspendre un projet d’investissement de 22 M€ qui devait venir augmenter les capacités de production des deux usines de Fondettes (37) ; celles-ci emploient au total 315 salariés en CDI et 27 intérimaires ou CDD. La première unité produit des plaquettes de coupe (215 CDI), la seconde (100 CDI) des outils coupants destinés aux marchés de l’industrie. Le personnel est d’autant plus amer que ce programme devait générer, selon la direction, la création de 45 emplois et permettre « d’enrayer l’érosion des effectifs », nous indique un représentant du personnel. Il y a un an, les deux usines tourangelles employaient ainsi 330 salariés en CDI et 31 salariés précaires.
Selon nos informations, l’imminence des élections professionnelles a conduit en effet les organisations syndicales à se livrer au petit jeu de la surenchère. Et la direction à considérer qu’il y avait sans doute un bon coup à jouer ! Visée au premier chef par cette manœuvre, la CGT se trouve désormais sous pression. La direction a explicitement annoncé qu’elle évaluera, à l’issue des élections du 17 décembre et sur cette « base renouvelée », s’il est de nouveau « opportun de livrer les machines sur les deux sites de production de Fondettes ». En clair, elle invite les salariés à marginaliser la représentation syndicale cégétiste actuelle et à lui proposer des interlocuteurs moins radicaux.
Les délégués syndicaux CGT paient ainsi leur activisme ; ces derniers auraient ainsi récemment enjoint le board suédois, via le conseil du cabinet Syndex, de leur communiquer un projet de plan de financement des activités et des investissements qu’il souhaitait réserver à ses actionnaires. Cette demande pressante du syndicat aurait même fait l’objet d’une procédure judiciaire. Un porte-parole du groupe minimise cet événement, « constitutif d’un climat délétère global », tout en reconnaissant que « cette goutte a probablement contribué à faire déborder le vase ».
Chaque camp reste sur ses positions. La direction annonce que « les embauches sur le site seront suspendues tant que le climat social n’y sera pas redevenu favorable ».
Selon un délégué syndical CGT, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, considérant que ce seul projet d’article « constituait de la propagande patronale » (sic), ce report d’investissement « est un bobard scandaleux. Qui peut croire que le groupe Sandvik peut conditionner un projet aussi important au résultat d’une élection professionnelle locale ? Il s’agit évidemment d’un chantage qui fournit un bon prétexte à la direction pour abandonner un projet d’investissement dont le report a d’ailleurs été annoncé depuis belle lurette ». Ambiance…








