Après deux années difficiles, la reprise est sensible sur le marché des services informatiques. Les major companies présentes sur le territoire régional annoncent d’importants programmes de recrutement.
Qu’elles auront, sans doute, bien du mal à boucler compte tenu de la rareté de la ressource humaine disponible.
13-4-11 - Le marché des services informatiques retrouve le chemin de la croissance. Après le recul de plus de 4 % enregistré en 2009 (chiffres Syntec) et la maigre croissance de 1 % comptabilisée à l’issue de l’exercice 2010, l’année en cours se présente sous de meilleurs auspices. « La croissance n’est pas revenue au niveau d’avant la crise, mais nous regarnissons le carnet de commandes », estime ainsi Patrick Ubeda, responsable commercial pour l’Indre-et-Loire d’Apogea, une SSII spécialisée dans les applications de gestion et de la relation client (CRM, gestion des forces de vente) dédiées aux PME. « Les entreprises recherchent des applications qui les accompagnent dans leurs programmes de conquête commerciale », ajoute-t-il, en anticipant une croissance 2011 d’environ 11 %.
« Nous sommes, en effet, confrontés à un regain prononcé de l’activité », confirme Jeanne Cambournac, responsable des ressources humaines pour la direction grand Ouest de la division services de Cap Gemini, qui emploie près de 1 200 salariés, dont une centaine sur Tours et Orléans, et devrait massivement recruter au cours des prochains mois. La division services de Cap Gemini, à l’instar des principales majors du secteur (cf. LV n° 541), entend compter au total 500 collaborateurs de plus d’ici à la fin 2011, dont une vingtaine au bénéfice des plates-formes tourangelle et orléanaise. Pas en reste, Atos Origin – qui emploie 1 300 collaborateurs en région Centre, dont 1 200 répartis entre Orléans et Blois – a annoncé son intention de recruter 120 ingénieurs d’études et ingénieurs systèmes. De son côté, Sopra Group confirme l’embauche imminente de 150 personnes qui rejoindront la plate-forme orléanaise de l’avenue de Paris d’ici douze à dix-huit mois : le site emploie d’ores et déjà 180 salariés.
Cette embellie s’explique par le positionnement spécifique de ces grandes SSII implantées en région Centre. Sopra Group, par exemple, « a acquis une expertise forte dans le domaine de la gestion de la facturation pour l’industrie des télécommunications et dans les grands projets d’applications pour la protection sociale et l’assurance des personnes », souligne Thierry Kircher, le directeur de la plate-forme orléanaise de Sopra. Deux segments qui connaissent une croissance soutenue et sur lesquels cette dernière a acquis une réputation qui va bien au-delà de sa zone de chalandise régionale. « Les comptes de la protection sociale, de la banque et de l’assurance passent en revue leurs systèmes informatiques. De grands projets de déploiement d’infrastructures et d’applications sont engagés par les directions informatiques de ces utilisateurs », corrobore Jeanne Cambournac.
Mais ces investissements en hausse ne se réduisent pas aux seuls renouvellements des applications métiers exploitées par des grands systèmes (mainframes) et à la gestion des vastes entrepôts de données. Le web et le développement d’applications on line sont autant de stimulants de l’activité. Ce qui amène les opérateurs à rechercher des ingénieurs rompus aux langages de développement de l’univers internet (Java et J2E). C’est notamment le cas d’Atos Origin qui va, dans le même temps, s’atteler à l’embauche d’ingénieurs systèmes confirmés ou débutants. Sans trop faire la fine bouche ! Car, comme le rapporte un consultant membre d’un cabinet conseil en ressources humaines, « les meilleurs profils n’auront que l’embarras du choix et les SSII vont probablement avoir du mal à boucler leurs programmes de recrutement, à fortiori sur des postes basés en province qui n’attirent pas spontanément les candidats ».
De l’aveu même des recruteurs, la hausse naturelle du taux de turn-over devrait les conduire « à doubler le nombre d’embauches prévues pour, au final, espérer atteindre l’objectif fixé à l’origine ». De telles tensions devraient probablement conduire à une augmentation – modérée – du salaire moyen à l’embauche. « Pour autant, nous ne sommes pas entrés dans une dynamique de surenchère salariale, corrige Jeanne Cambournac, et la qualité des projets et des carrières proposés par les SSII est aussi un important facteur d’attractivité ».











