La station d’épuration de Chartres en eau trouble

Chartres risque d’attendre encore un peu sa nouvelle station d’épuration. Le préfet, sur la foi des conclusions négatives des commissaires enquêteurs, hésite à signer la DUP d’un projet présenté par Chartres Métropole et Veolia.
Le préfet d’Eure-et-Loir s’est donné « jusqu’au 25 juillet » pour statuer sur la déclaration d’utilité publique (DUP) de la station d’épuration de Chartres-Seresville. Le représentant de l’Etat, dont on sait les relations difficiles qu’il entretient avec le maire et président de l’agglomération de Chartres, veut prendre sa décision en toute impartialité. Il a souhaité trancher dans un délai d’un mois après la remise des conclusions de la commission d’enquête, « sur la foi de critères objectifs et n’ayant à l’esprit que l’intérêt du citoyen et du contribuable », alors que la réglementation lui donne la possibilité de prolonger sa réflexion jusqu’au 3 avril 2010.
Sans préjuger de la décision de Jean-Jacques Brot, l’affaire semble assez mal engagée pour que le dossier défendu par Chartres Métropole et Veolia soit accepté en l’état. Les conclusions des trois commissaires enquêteurs sont sans ambiguïté : considérant notamment que ce projet de près de 54 M€ est « surdimensionné », ils émettent un avis défavorable à la DUP. A la surprise de Veolia qui affiche une totale incompréhension, le dossier apparaissant comme solide, parfaitement étayé et exemplaire au regard des performances environnementale et technique.
Le préfet s’étonne, quant à lui, de « la précipitation » de Chartres Métropole, qui a signé le 13 juin une délégation de service public à Veolia alors, précise-t-il, « que j’avais personnellement enjoint son président d’attendre les conclusions des commissaires enquêteurs, qui sont arrivées sur mon bureau 12 jours plus tard ». Une précipitation qui gagne d’ailleurs l’ensemble des acteurs du dossier : un des sous-traitants de Veolia a adressé ces jours derniers un courrier au représentant de l’Etat pour le presser de prendre la DUP, en lui indiquant qu’il devait intervenir à la demande de son donneur d’ordre en 2009. « Une demande bien singulière, remarque Jean-Jacques Brot, alors que j’ai, selon les textes, jusqu’au printemps 2010 pour me prononcer. »
Si, dans quelques jours, le préfet refuse de signer la DUP, Chartres Métropole n’aura plus que 23 mois pour présenter un nouveau projet. Car le 30 juin 2011, Veolia sera en droit de demander 2 M€ à la collectivité dans l’hypothèse où le chantier n’aurait pas démarré. Une issue que tout le monde veut éviter.

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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