Evoquée en avant-première dans nos colonnes (cf. LV n°469), la restructuration des usines régionales ThyssenKrupp Sofedit pourrait se traduire dès 2010 par la fermeture des sites d’Amilly et de Vendôme.
Les syndicats se sont en effet procuré un document qui prévoit explicitement ce scénario. Un document qualifié d’ «hypothèse de travail» par la direction. Selon plusieurs sources syndicales concordantes, ThyssenKrupp Sofedit envisagerait de fermer dès 2010 ses usines de découpage et d’emboutissage de Vendôme (41) et d’Amilly (45), deux unités de 490 et 550 salariés qui travaillent exclusivement – comme tous les sites de ThyssenKrupp Sofedit – pour l’industrie automobile. En appui de leurs propos, les représentants du personnel, notamment les délégués de la CGT, évoquent un document émanant de la direction et circulant dans l’entreprise : celui-ci présente l’organigramme du groupe en 2010 où ne figurent plus l’usine vendômoise, ni celle d’Amilly, ni même le siège social de St- Quentin-en-Yvelines (190 salariés) qui pourrait être transféré sur le site du Theil (61), la plus importante unité française (1 000 salariés). L’usine d’Auxi-le-Château (62), dont la vente est à l’étude depuis plusieurs mois, a également disparu du paysage. Sollicitée par les syndicats, la direction aurait reconnu l’existence de ce “document de travail”, indiquant qu’il “ne présente qu’une hypothèse parmi d’autres, ne préjugeant en rien des décisions qui doivent être annoncées”. D’un avis très différent, les syndicats considèrent “que cet organigramme semble constituer une version plutôt aboutie de la réflexion engagée par les responsables du groupe depuis plusieurs semaines”. Il devait, selon eux, être présenté prochainement au ministre de l’Economie avant une annonce programmée “pour la seconde moitié d’avril”. Des fabrications, notamment celles présentant la plus faible valeur ajoutée, “ont déjà été stoppées ou commencent à être transférées”, tandis qu’un document - que nous nous sommes procuré - évoque un projet de transfert de 9 des 13 presses de l’usine de Vendôme. Ce qui laisse entendre que “l’hypothèse de travail” est testée en grandeur réelle… Dans ce contexte, les syndicats exigent la tenue d’un comité central d’entreprise extraordinaire “afin de placer la direction devant ses responsabilités”. L’éventualité de la fermeture des usines de Vendôme et d’Amilly irait naturellement bien au-delà des informations que nous avions recueillies à la mi-février (cf. LV n°469). A l’époque, la direction et nos interlocuteurs syndicaux, tout en reconnaissant un problème “structurel” de capacité et d’importantes pertes financières (de l’ordre de 60 M€ en 2007), avaient écarté toute hypothèse de fermeture, du moins “jusqu’en 2012”. Certes, des suppressions de postes “n’étaient pas exclues” selon Frans Espeel, président du directoire de ThyssenKrupp Sofedit, mais une restructuration à la hache ne semblait pas d’actualité. Brusque détérioration de l’activité ? Pressions de la direction allemande ? Il semble que la direction souhaite désormais réviser rapidement le périmètre industriel afin de recouvrer la rentabilité dès 2010/2011. Mince consolation, ces grandes manoeuvres laisseraient sans doute intacte l’usine de Sermaises-du-Loiret et ses 200 collaborateurs, ainsi que celle de Theilsur- Huisne (61), une unité de 1 000 salariés spécialisée dans le formage à chaud et située à quelques encablures de Nogent-le-Rotrou (28). Cinq ans après l’annonce (26 février 2003) de la fermeture des sites Matra Automobile de Romorantin, ces nouveaux sinistres, s’ils étaient confirmés, constitueraient une très mauvaise nouvelle pour la filière automobile régionale et, sans doute, le signe d’une accélération inexorable du déclin industriel du territoire.









