Touax choisit Mignières pour ses constructions modulaires

Promesses tenues. Non seulement Touax a réussi le tour de force de faire construire son bâtiment en six mois à Mignières, au sud de Chartres, mais le secret de son implantation a été gardé jusqu’au jour de l’annonce officielle, vendredi 29 juin. Ce succès témoigne, une fois de plus, de la réactivité des développeurs économiques en Eure-et-Loir. Le secret aura été gardé jusqu’au dernier moment. Six mois après l’annonce du projet au nom de code Océan (cf. LV n°443), Touax, le loueur français de matériels de fret (wagons, conteneurs maritimes et barges fluviales) et de locaux professionnels temporaires, a rendu public le choix de Mignières, aux portes de Chartres et en façade de l’A 11, comme lieu d’implantation de son premier site d’assemblage de constructions modulaires. L’unité (11 000 m2 édifiés en un temps record par le cabinet d’ingénierie blésois Idec) devrait entrer en production au début du mois de septembre après les finitions et la réception durant l’été des machines destinées à l’assemblage des modules de 15 m2. Ces derniers, version moderne des bungalows de chantier, seront équipés d’éléments assurant un confort supérieur à ceux de la concurrence (le français Algeco et le britannique Portakabin sont, devant Touax, les deux leaders d’un marché européen évalué à 500 M€ par an) pour un prix inférieur, assurent les concepteurs. A terme, l’objectif est de produire à Mignières environ 10 000 modules par an. Pour cela, il est prévu d’étendre l’unité, une réserve foncière de 6 ha s’ajoutant aux 6 ha de l’emprise actuelle, le stockage des produits finis nécessitant une surface libre importante. La production devrait débuter avec une cinquantaine de personnes pour atteindre le double au début de 2008. Touax rencontre quelques difficultés pour recruter et recherche activement une quarantaine d’opérateurs (soudeurs, électriciens...) pour le montage des quelque 250 éléments provenant de sous-traitants localisés principalement en France et en Italie. A terme, il est probable que Touax, qui prévoit de monter progressivement en puissance en Eure-et-Loir (250 emplois à la fin de la troisième année, le double à partir de la cinquième année), s’approvisionnera plus largement auprès de la sous-traitance locale. Le Codel a déjà organisé des rencontres avec plusieurs industriels locaux. Le bâtiment construit par Idec (coût approximatif de 5 M€) a été financé par la Saedel, qui le cèdera probablement à une Sem patrimoniale en cours de constitution en Eure-et-Loir. Touax en est le locataire dans le cadre d’un classique bail de 9 ans ; en complément, l’entreprise a investi 5 M€ en matériel de production. Touax (253 M€ de CA en 2006, dont environ 60 M€ pour la division modulaire) a décidé de développer très rapidement son nouveau concept sur un marché européen en croissance de 15 % par an ; l’entreprise a déjà lancé un autre projet d’unité d’assemblage en Europe : celle de Mignières sera rapidement destinée à approvisionner le seul marché français, mais elle abritera le centre de R&D de l’ensemble de la division modulaire. L’Eure-et-Loir, qui figurait dans la short-list avec la Sarthe au moment de la décision de Touax, a réussi à l’emporter malgré le forcing de François Fillon, à l’époque président du conseil général du département voisin, grâce à une réactivité exemplaire, soulignée par l’ensemble des intervenants de ce dossier. Elle ne fait que confirmer le rôle de leader qu’exerce désormais le département le plus septentrional de la région Centre.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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