Les fonds d’investissement accompagnent de plus en plus souvent les opérations de transmission de PME régionales. Les capitaux investisseurs s’impliquent désormais aux côtés des managers dans un esprit de partage des risques.
Les projets de reprise de PME régionales sont examinés de près par les capitaux-investisseurs qui ne réservent plus leurs ressources aux seules acquisitions de big companies. Cette tendance est l’un des enseignements principaux du numéro hors série que La Lettre Valloire vient de consacrer à la transmission d’entreprise, thématique qui fait l’objet de forums cet automne dans chacun des six départements de la région Centre (la liste complète est publiée dans ce numéro diffusé à 10 000 exemplaires). De multiples exemples témoignent de cet engouement. Avec ses quelque 200 salariés et 37 M€ de chiffre d’affaires, la cartonnerie tourangelle Gault & Frémont a été jugée digne d’intérêt par LBO France, un des principaux fonds d’investissement français, qui a investi au capital aux côtés des repreneurs Joël Cordier et Rémi Boitier. De son côté, Bruno Ziegler, le repreneur de la société de maintenance informatique nancéenne FMA (15 M€ de CA) – le siège social devrait être transféré sur l’agglomération orléanaise – a été épaulé par une filiale de Natexis tout en bénéficiant du soutien de Centre Capital Développement. “Les fonds s’intéressent aux PMI régionales à fort potentiel, explique Joël Cor-dier. Ils sont loin de considérer ces projets comme mineurs et s’impliquent dans la définition de la stratégie”. Dans le cas du rachat de Gault & Frémont, les responsables de LBO France ont imposé le duo de repreneurs au cédant en dépit des réserves de celuici. Certes, comme le souligne Catherine Kraft-Le Marec, présidente du directoire de Centre Capital Développement et membre du directoire de Sofimac Partners, les fonds nationaux ne s’engageront pas “pour des tickets de 1 M€. Dans ce cas, les investisseurs régionaux de proximité prennent le relais”.
Intérêt et sélectivité
Cet intérêt récent des fonds et des sociétés de private equity pour les PME de province ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. “Il n’est tout de même pas facile de convaincre les investisseurs pour des projets de reprise de gabarit moyen” nuance Bruno Ziegler. “Ils font toujours preuve d’une grande sélectivité.” Il faut toutefois combattre les idées reçues. La réputation de sleeping partners de banques d’affaires et investisseurs en capital, qui seraient uniquement préoccupés par la dernière ligne du compte d’exploitation, est bel et bien erronée. “La rentabilité immédiate n’est pas forcément le critère déclenchant, affirme Joël Cordier. Certains fonds misent sur la construction de valeur à moyen terme. Ils ont évidemment vocation à réaliser leurs investissements au bout de quelques années.” Privilégiant la phase de transmission pour entrer au capital, les fonds sont aussi des leviers dans les années qui suivent, et notamment pour des opérations de croissance externe. “Nous ne nous contentons pas d’apporter les capitaux nécessaires à l’acquisition. Nous faisons aussi remonter des informations sur les opportunités” avance Florian de Gouvion Saint-Cyr, directeur associé de MBO Partenaires, un spécialiste des opérations de reprise sur le mid-market. Dans la majorité des cas, cette implication des fonds s’accompagne d’un partage avec les managers des responsabilités, des risques et… de la valorisation. Les dirigeants actionnaires bénéficient de plus-values à la revente, y compris lorsqu’ils ont acheté des actions à crédit. Selon Catherine Kraft-Le Marec, “les repreneurs sont de plus en plus jeunes et de moins en fortunés, alors que les valorisations augmentent. Il n’est pas rare qu’après être entré à une faible hauteur à l’occasion d’un premier LBO, ils renforcent leur participation après une opération de croissance externe ou un LBO secondaire”.
Les projets de reprise de PME régionales sont examinés de près par les capitaux-investisseurs qui ne réservent plus leurs ressources aux seules acquisitions de big companies. Cette tendance est l’un des enseignements principaux du numéro hors série que La Lettre Valloire vient de consacrer à la transmission d’entreprise, thématique qui fait l’objet de forums cet automne dans chacun des six départements de la région Centre (la liste complète est publiée dans ce numéro diffusé à 10 000 exemplaires). De multiples exemples témoignent de cet engouement. Avec ses quelque 200 salariés et 37 M€ de chiffre d’affaires, la cartonnerie tourangelle Gault & Frémont a été jugée digne d’intérêt par LBO France, un des principaux fonds d’investissement français, qui a investi au capital aux côtés des repreneurs Joël Cordier et Rémi Boitier. De son côté, Bruno Ziegler, le repreneur de la société de maintenance informatique nancéenne FMA (15 M€ de CA) – le siège social devrait être transféré sur l’agglomération orléanaise – a été épaulé par une filiale de Natexis tout en bénéficiant du soutien de Centre Capital Développement. “Les fonds s’intéressent aux PMI régionales à fort potentiel, explique Joël Cor-dier. Ils sont loin de considérer ces projets comme mineurs et s’impliquent dans la définition de la stratégie”. Dans le cas du rachat de Gault & Frémont, les responsables de LBO France ont imposé le duo de repreneurs au cédant en dépit des réserves de celuici. Certes, comme le souligne Catherine Kraft-Le Marec, présidente du directoire de Centre Capital Développement et membre du directoire de Sofimac Partners, les fonds nationaux ne s’engageront pas “pour des tickets de 1 M€. Dans ce cas, les investisseurs régionaux de proximité prennent le relais”.
Intérêt et sélectivité
Cet intérêt récent des fonds et des sociétés de private equity pour les PME de province ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. “Il n’est tout de même pas facile de convaincre les investisseurs pour des projets de reprise de gabarit moyen” nuance Bruno Ziegler. “Ils font toujours preuve d’une grande sélectivité.” Il faut toutefois combattre les idées reçues. La réputation de sleeping partners de banques d’affaires et investisseurs en capital, qui seraient uniquement préoccupés par la dernière ligne du compte d’exploitation, est bel et bien erronée. “La rentabilité immédiate n’est pas forcément le critère déclenchant, affirme Joël Cordier. Certains fonds misent sur la construction de valeur à moyen terme. Ils ont évidemment vocation à réaliser leurs investissements au bout de quelques années.” Privilégiant la phase de transmission pour entrer au capital, les fonds sont aussi des leviers dans les années qui suivent, et notamment pour des opérations de croissance externe. “Nous ne nous contentons pas d’apporter les capitaux nécessaires à l’acquisition. Nous faisons aussi remonter des informations sur les opportunités” avance Florian de Gouvion Saint-Cyr, directeur associé de MBO Partenaires, un spécialiste des opérations de reprise sur le mid-market. Dans la majorité des cas, cette implication des fonds s’accompagne d’un partage avec les managers des responsabilités, des risques et… de la valorisation. Les dirigeants actionnaires bénéficient de plus-values à la revente, y compris lorsqu’ils ont acheté des actions à crédit. Selon Catherine Kraft-Le Marec, “les repreneurs sont de plus en plus jeunes et de moins en fortunés, alors que les valorisations augmentent. Il n’est pas rare qu’après être entré à une faible hauteur à l’occasion d’un premier LBO, ils renforcent leur participation après une opération de croissance externe ou un LBO secondaire”.
FXB et JCS











