Un fabricant de PLV s’installe sur le site Gemalto d’Orléans

Bleu Capital, un fabricant de présentoirs pour les grandes marques de cosmétiques, va reprendre le plus vaste des deux bâtiments qu’occupait Gemalto à St-Cyr-en-Val. A terme, il devrait créer 150 emplois en attendant, peut-être, d’implanter une unité de stockage pour ses clients sur le site orléanais ou dans ses environs.

Les services économiques de l’agglomération orléanaise n’auront pas tardé à trouver un occupant au bâtiment principal (10 000 m2) du site de St-Cyr-en-Val, abandonné par le leader mondial des cartes à puces Gemalto. Bleu Capital, un fabricant de matériel de PLV (publicité sur le lieu de vente) pour les grandes marques de cosmétiques (Dior, Givenchy, Kenzo, L’Oréal, Clinique…), prendra possession des locaux dès le mois de septembre. Gilles Depays, le fondateur de cette PME de 300 salariés, a décidé de franchir le cap de l’industrialisation de ses présentoirs et meubles de magasin, dont il sous-traite jusqu’à présent la fabrication.
La situation privilégiée d’Orléans au coeur de la Cosmetic Valley a naturellement joué un rôle important dans la décision prise par ce jeune patron (43 ans) d’une entreprise qui reste à capitaux familiaux, face à des concurrents détenus par des fonds d’investissement comme Argos Soditic, actionnaire majoritaire depuis novembre dernier de Marie-Laure PLV (45 M€ de CA), dont nous avons annoncé la prochaine installation sur 20 000 m2 à Nogent-le- Rotrou (cf. LV n°475).
Signe de l’évolution des moeurs, la première rencontre entre Bleu Capital et Orléans Val de Loire Développement (OVLD), le bras armé de l’agglomération en matière d’économie, a eu lieu sur Internet. C’est en naviguant sur la toile et en découvrant le site d’OVLD que l’entreprise a été sensibilisée à l’offre orléanaise. Rapidement convaincue par la pertinence de son choix, Bleu Capital s’est ensuite posé la question des locaux. Après avoir renoncé à la construction d’une unité neuve, qui aurait retardé la mise en production d’au moins dix-huit mois, Gilles Depays a visité l’ancienne usine du fabricant d’enveloppes Deforges-EDEP à St-Jean-de-Braye avant de se fixer sur le site Gemalto. Ce dernier avait l’avantage d’être disponible rapidement et de ne nécessiter que peu d’aménagements. De surcroît, on peut imaginer que le prix consenti pour l’immobilier – dont le montant a été jalousement caché par le chef d’entreprise et les collectivités territoriales – est à la mesure du soulagement de Gemalto, satisfait de boucler aussi rapidement cet embarrassant dossier. Un bonheur n’arrivant jamais seul, nous avons appris de bonne source que le second bâtiment du site de St-Cyr-en- Val, soit 4 500 m2 sur un seul niveau, intéresserait beaucoup un centre d’appel et data center.
Du côté de l’emploi, c’est aussi le grand bleu. L’entreprise de Gilles Depays embauchera, dès la rentrée, “entre 60 et 80 personnes”. D’ici à la fin de l’année, l’effectif atteindra 100 salariés, puis 150 à terme, dont deux tiers issus des rangs de Gemalto.
Aujourd’hui, quelque 90 des 362 salariés du site orléanais ont trouvé une solution : Bleu Capital sera en mesure de proposer un emploi à un bon tiers des 270 restants. Un an après l’annonce de la fermeture de Gemalto, plus de la moitié du personnel est potentiellement reclassée… Décidé à maintenir l’euphorie ambiante, Gilles Depays a même évoqué la création d’un centre logistique destiné à gérer les stocks de mobilier de ses différents clients. L’investissement, outre l’acquisition des murs, est relativement modique. Le chef d’entreprise l’évalue, dans un premier temps, à 2 M€, somme correspondant à l’achat de machines. Les besoins de financement devraient naturellement évoluer au fur et à mesure de la montée en puissance de l’usine.
Bleu Capital, entreprise française qui a la particularité de réaliser plus de la moitié de sa facturation en Asie, où elle a démarré son activité il y a onze ans (18 des 31 M€ de CA annoncés par le dirigeant), semble très préoccupée par le développement durable. “Nous avons décidé de nous installer dans la Cosmetic Valley, où sont basés bon nombre de nos clients, afin de limiter transports et émissions de carbone” explique Gilles Depays, dont la future cellule de R&D orléanaise aura aussi pour mission d’identifier des matériaux de substitution pour la fabrication des présentoirs. Car le prix du plastique, un des principaux composants utilisés, augmente au même rythme que le pétrole.
 

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Panne

Difficile de se montrer optimiste à quelques semaines d’une rentrée qui s’annonce difficile. Comme le suggère notre Une, la croissance française est définitivement en panne, et tranche ainsi avec l’humeur de la plupart des grands pays industriels qui, eux, ont retrouvé de l’allant. Comment pourrait-il en être autrement ? Le durcissement de l’environnement fiscal, l’impact catastrophique de la loi Alur sur l’immobilier et la construction, l’illisible pacte de responsabilité honni par une partie de la majorité, corsètent l’économie française. Pour retrouver une trajectoire de croissance, il n’y a pas d’autre choix que de tourner le dos aux dogmes rancis de l’exception française, synonyme d’appauvrissement généralisé. Et de s’engager franchement dans une politique fondée sur la libéralisation de l’offre. Fortibus est fortuna viris data.
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