Le belge Recticel, qui vient d’annoncer un projet de nouvelle usine à Bourges, ne constitue pas une initiative isolée. Depuis plusieurs mois, les programmes d’installation de capacités industrielles se succèdent en région Centre à un rythme qui n’avait pas été observé depuis des lustres.
26-6-11- Coïncidence du calendrier ou frémissement annonciateur d’une reprise soutenue sur le front de l’investissement industriel, plusieurs projets d’installation de capacités viennent redonner du baume au cœur des responsables régionaux du développement économique.
Ainsi, comme nous l’annoncions en avant-première en février dernier, le belge Recticel (environ 1,3 Md€ de CA en 2009) a confirmé il y a quelques jours son intention d’installer une importante usine de panneaux d’isolation thermique à Bourges (18). Le projet, qui correspond à un investissement de 23 M€, va se traduire par la construction de 32 000 m2 de locaux dont 9 000 m2 d’ateliers de fabrication et 18 000 m2 d’entrepôts de stockage.
L’usine édifiée à proximité de l’échangeur de l’A 71 devrait être opérationnelle début 2013 et employer à terme une cinquantaine de salariés. Outre le positionnement géographique du site et la modicité du prix du foncier, la direction de Recticel a justifié son choix « par la création à Bourges d’un pôle européen d’excellence énergétique sur le bâti ».
S’il fallait d’ailleurs identifier le secteur le plus propice à l’éclosion d’usines sur le territoire régional ces derniers mois, ce serait bien celui du BTP qui emporterait la palme.
Un autre industriel belge, spécialisé cette fois dans les produits de couverture et de bardage métalliques pour le bâtiment, serait sur le point d’annoncer l’implantation d’une unité de production à Orléans-La Source. Récemment, le groupe allemand Spurgin a installé une unité flambant neuve de fabrication de composants en béton armé à Mignières (28) dans le cadre d’un investissement de 15 M€. Cette unité de 6 000 m2 devrait employer une soixantaine de collaborateurs d’ici à trois ans. Toujours en Eure-et-Loir, le groupe DWG, spécialisé dans la fabrication de cloisons amovibles pour l’habitat, a décidé d’optimiser ses capacités en installant une unité de fabrication de 5 000 m2 à Gallardon (28). Près de 50 collaborateurs y seront employés.
Enfin, à Dadonville (45), DEF, le n°1 français de la détection incendie, a inauguré en avril dernier une nouvelle unité de fabrication (Sefalog) de 7 500m2, qui regroupe les activités de deux sites qui étaient implantés dans la région de Pithiviers. Cette usine, qui emploie environ 110 salariés, s’appuie sur une plate-forme de R&D dotée d’une tour à essais et d’une plate-forme logistique.
Poumon traditionnel de l’économie régionale, le secteur pharmaceutique apporte aussi sa contribution, certes dans un contexte plus difficile, à ce printemps industriel. Ainsi, le spécialiste des traitements de désensibilisation aux allergies respiratoires, le français Stallergènes, vient d’engager l’installation d’une unité d’extraction et de traitement de pollens de graminées à Amilly (45). Le sous-traitant pharmaceutique grec Famar va, comme l’on sait, transférer les fabrications de l’ex-usine Sandoz, puis Novartis, du Champ-de-Mars (360 salariés) à Orléans sur le site de l’ex-usine Mc Neil Manufacturing de La Source, entrée dans le périmètre du groupe. Et ce, au prix d’un investissement de 30 M€ et d’une extension de 5 000 m2. Impossible d’omettre de rappeler pour le Loiret le projet d’implantation d’une usine de fabrication de papier domestique à Montargis (45) porté par l’italien ICT (Industrie Cartarie Tronchetti) qui devrait être opérationnelle au premier trimestre 2011. A la clef, près de 100 M€ d’investissement et la création de 150 emplois.
Last but not least, dans les milieux d’affaires du Loiret et de l’Eure-et-Loir, le projet d’installation d’une nouvelle usine de fabrication de cosmétiques mettant en compétition les deux départements rivaux nourrit les conversations. Rien n’est arrêté, nous indique une source proche de ce dossier, mais ce programme industriel emmené par un opérateur serait susceptible de créer au moins 200 emplois. Même le Berry se met au diapason de cette tendance heureuse : ainsi, le groupe Poujoulat s’apprête à engager 10 M€ à Buzançais (36), où il exploite les ex-Cheminées Beirens, dans l’implantation d’une plate-forme industrielle de 15 000 m2 qui sera dédiée à la fabrication de bûches de haute qualité ; 250 emplois directs et indirects sont attendus.











