Vergnet prend un nouveau départ

Implanté à Orléans où il achève le regroupement de ses activités, le fabricant d’éoliennes et de pompes hydrauliques va s’introduire en bourse. L’opération a notamment pour objectif de financer un important programme de développement industriel et commercial. Vergnet vise le marché des zones tropicales cycloniques utilisant la pétro-électricité. Le fabricant orléanais de pompes hydrauliques et d’éoliennes de moyenne puissance Vergnet affiche ses ambitions. Fondé en 1988 et dirigé par Marc Vergnet, “l’unique industriel français de l’éolien” engage un programme d’investissement de 10 M€ et prépare d’importants développements commerciaux sur ses marchés de prédilection : les zones tropicales cycloniques ou difficiles d’accès utilisant la pétro-électricité. Les aérogénérateurs de moyenne puissance (AMP) répondent en effet à la volonté des autorités de ces territoires d’alléger leur facture énergétique et de lutter contre le réchauffement climatique. “Nos machines bipales à mâts haubanés et équipées de systèmes d’abaissement sont escamotables en cas de cyclone. Elles sont particulièrement adaptées à ces zones et aux réseaux de moins de 10 000 MW” explique Marc Vergnet. Le passage du cyclone Erica sur la Nouvelle-Calédonie en 2003 a d’ailleurs contribué à la réputation des machines Vergnet. Les aérogénérateurs, rabaissés et sanglés, étaient sortis indemnes des vents de plus de 300 km/h tandis que des machines fixes tripales de même puissance, installées à proximité, avaient tout simplement volé en éclats. Ce marché dit du “Farwind” – par opposition au “Northwind” (grands réseaux des pays industrialisés et des machines d’une puissance unitaire de 2 à 3 MW), connaît une très forte croissance et n’intéresse pas encore les grands opérateurs de l’éolien qui ont déjà bien du mal à honorer leurs commandes. Ainsi, au premier trimestre 2007, près d’une dizaine d’appels d’offres et de consultations ont été organisés sur le segment du Farwind correspondant à une puissance appelée de 66,2 MW contre une dizaine de consultations pour l’ensemble de l’année 2007. Beaucoup d’entre elles furent d’ailleurs déclarées infructueuses… faute de candidats ! “Nous avons une fenêtre stratégique qui s’ouvre devant nous pour trois à quatre ans. Nous devons profiter de cette opportunité pour prendre des positions fortes… et devenir indélogeables” assure Marc Vergnet qui confie que le potentiel s’élève à “près de 2 000 MW”. Pour cela, Vergnet (40 M€ de CA attendu en 2007, environ 170 collaborateurs) rénove son outil industriel qui doit assurer le lancement commercial en début d’année 2008 d’une machine à haute puissance de 1 MW (contre 275 KW pour les machines actuelles). L’entreprise est ainsi en passe d’achever le regroupement de ses activités sur Ormes-Saran dans les locaux (4 000 m2) de l’ex-usine Mori-Seiki. Le site de Saran reviendrait à l’activité hydraulique tandis que celui d’Ingré pourrait être occupé par Aérowatt, une ex-filiale de Vergnet spécialisée dans le développement de centrales éoliennes. Dans la foulée, Vergnet va aussi lancer une extension d’au moins 6 000 m2 d’Aerocomposit Occitane (ACO), la filiale de Béziers (34) qui conçoit et fabrique des pales par infusion sous vide (une quinzaine de salariés). Ces préparatifs industriels vont être complétés par le renforcement sur le terrain des équipes techniques, commerciales et de la maintenance. “Le SAV et la logistique de proximité sont des enjeux de première importance dans nos métiers” affirme DomiDominique Mercier, directeur général et responsable du pôle éolien. D’ores et déjà, l’industriel orléanais est très présent dans les Antilles Françaises, les Caraïbes (Cuba, Saint-Domingue), la Nouvelle-Calédonie, aux Iles Fidji, à la Réunion et exploite trois filiales en Guadeloupe, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie. “Nous devons aller plus loin” avance le pdg qui précise qu’une trentaine de collaborateurs vont être recrutés en 2007. Naturellement, ce programme ambitieux doit être financé. “Jusqu’alors, nous comptions sur nos propres ressources et sur celles des investisseurs qui nous ont rejoints” indique Marc Vergnet. Le fonds d’investissement Demeter spécialisé dans l’éco-industrie détient ainsi 35 % du capital aux côtés de Sofimac Partners (9 %) et de Centre Capital Développement (5 %), la famille Vergnet ayant conservé 35 % du tour de table. “Nous n’avons aujourd’hui d’autre choix que de faire appel à la bourse” analyse Marc Vergnet. La procédure d’introduction sur l’Alternext est déjà engagée : l’entrée en bourse est prévue pour le 16 juin. La direction entend engranger près de 20 M€ grâce à cette opération. De quoi financer l’appétit de développement de Marc Vergnet sans cesse à l’affût de relais de croissance. “L’éolien peut être associé à des technologies hydrauliques pour assurer l’approvisionnement en eau dans les pays émergents. Il peut aussi être couplé à des sites de dessalement d’eau de mer” affirme-t-il. Vergnet a ainsi répondu à un important appel d’offre au Maroc lancé par l’Office national d’eau potable (ONEP) pour l’équipement d’une telle unité.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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