Le développement économique peine à trouver son chemin en milieu rural. Les réussites de quelques expériences ne sont pas reproductibles en tout point du territoire. Ces succès isolés sont certes redevables de la qualité des infrastructures d’accueil. Mais ils tiennent d’abord à la qualité et à l’engagement des entrepreneurs.
“Il faut reconstruire la vie en milieu rural et la vie passe par l’implantation d’activités économiques” soutient Pierre Desport, le président de Desport Gérance, une société parisienne d’administration de biens. Joignant le geste à la parole, ce “patron citoyen aux racines terriennes” a décentralisé en fin d’année 2006 un pôle de saisie de contrats de location à Villeny (41), une commune solognote de 330 âmes située à une trentaine de kilomètres de Blois. Pierre Desport n’est pas un enfant du cru mais il y possède depuis dix ans une résidence secondaire qu’il a d’ailleurs transformée depuis peu en résidence principale. Alain Blanche, le maire de Villeny sollicité par son concitoyen, a accepté de construire pour l’entreprise un bâtiment de 90 m2 à condition que les loyers remboursent l’emprunt contracté par la commune. “Compte tenu du prix des bureaux à Paris, je suis gagnant” affirme Pierre Desport. La cellule de saisie, qui dispose d’une liaison internet haut-débit, accueille pour l’heure trois salariés – dont deux expatriés volontaires en provenance de la région parisienne. “A terme, nous pourrions employer une dizaine de ramecollaborateurs” affirme Pierre Desport. Ce succès isolé, dû à l’initiative d’un patron franc-tireur, ne doit pas occulter les difficultés du développement économique en milieu rural. La bonne couverture du territoire par l’internet à haut-débit, la qualité du cadre de vie et l’implication des élus locaux ne suffisent pas à stimuler la création d’activité. Claude Térouinard, le maire de Châtillon-en-Dunois (28), en a fait la triste expérience. Cet élu défricheur avait fait des TIC (technologies de l’information et de la communication) son cheval de bataille. La commune (750 habitants) a réussi il y a cinq ans à attirer un centre d’appel d’une quinzaine de positions. Depuis, le conseiller général de Cloyessur- le-Loir a révisé ses ambitions à la baisse. Le centre d’appel n’a jamais décollé et les développements annexes, envisagés dans l’euphorie du lancement, ne se sont jamais réalisés. Claude Térouinard se déclare déçu mais se rend à l’évidence. “Un territoire aussi enclavé que le nôtre n’a plus grand-chose à offrir, notamment en matière de qualification professionnelle. Le milieu rural est entraîné dans une spirale de paupérisation intellectuelle et culturelle. Tout commence au collège où le brassage entre les classes sociales et les milieux professionnels ne se fait pas. Dans une économie de la connaissance, cela ne pardonne pas !” Pour autant, et à condition qu’un échangeur autoroutier ou qu’une desserte TGV ne soient pas trop éloignés, les territoires ruraux ne sont pas condamnés au déclin. Surtout lorsque l’implication des collectivités favorise tant l’implantation d’entrepreneurs d’Ile-de-France que l’éclosion de projets purement locaux. Dans le sud Touraine, la création d’une plate-forme NTIC par Loches Développement a contribué à la croissance spectaculaire de P4X, un bureau d’études spécialisé dans l’assistance technique aux professions du bâtiment. Cette start-up, créée en janvier 2002 par deux ex-cadres parisiens, emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés, pour l’essentiel des techniciens supérieurs et ingénieurs. Des sociétés locales d’informatique ou de design ont suivi l’exemple et rejoint la plate-forme lochoise. Cette alchimie complexe a également fonctionné à Neung-sur-Beuvron (41). Quelques petites sociétés parisiennes, comme la SSII Reivax Services, ont choisi de quitter les embouteillages pour les allées boisées de l’Ecoparc de Sologne, une pépinière d’entreprises installée dans le parc du château de Villemorant, une ancienne propriété de Jean-Bedel Bokassa. Mais les initiateurs ont surtout misé “sur le potentiel local”. L’un de leurs principaux motifs de fierté tient au développement spectaculaire du spécialiste du traitement de l’eau B+Home, passé en quelques années de 5 à 45 salariés. “Notre activité couvre aujourd’hui 14 départements, mais nous nous sommes lancés à partir de notre base solognote” explique Laurent Marie, le gérant de B+Home. Il existe aussi des pépites au fond des campagnes. Tout l’art est de savoir les dénicher.
“Il faut reconstruire la vie en milieu rural et la vie passe par l’implantation d’activités économiques” soutient Pierre Desport, le président de Desport Gérance, une société parisienne d’administration de biens. Joignant le geste à la parole, ce “patron citoyen aux racines terriennes” a décentralisé en fin d’année 2006 un pôle de saisie de contrats de location à Villeny (41), une commune solognote de 330 âmes située à une trentaine de kilomètres de Blois. Pierre Desport n’est pas un enfant du cru mais il y possède depuis dix ans une résidence secondaire qu’il a d’ailleurs transformée depuis peu en résidence principale. Alain Blanche, le maire de Villeny sollicité par son concitoyen, a accepté de construire pour l’entreprise un bâtiment de 90 m2 à condition que les loyers remboursent l’emprunt contracté par la commune. “Compte tenu du prix des bureaux à Paris, je suis gagnant” affirme Pierre Desport. La cellule de saisie, qui dispose d’une liaison internet haut-débit, accueille pour l’heure trois salariés – dont deux expatriés volontaires en provenance de la région parisienne. “A terme, nous pourrions employer une dizaine de ramecollaborateurs” affirme Pierre Desport. Ce succès isolé, dû à l’initiative d’un patron franc-tireur, ne doit pas occulter les difficultés du développement économique en milieu rural. La bonne couverture du territoire par l’internet à haut-débit, la qualité du cadre de vie et l’implication des élus locaux ne suffisent pas à stimuler la création d’activité. Claude Térouinard, le maire de Châtillon-en-Dunois (28), en a fait la triste expérience. Cet élu défricheur avait fait des TIC (technologies de l’information et de la communication) son cheval de bataille. La commune (750 habitants) a réussi il y a cinq ans à attirer un centre d’appel d’une quinzaine de positions. Depuis, le conseiller général de Cloyessur- le-Loir a révisé ses ambitions à la baisse. Le centre d’appel n’a jamais décollé et les développements annexes, envisagés dans l’euphorie du lancement, ne se sont jamais réalisés. Claude Térouinard se déclare déçu mais se rend à l’évidence. “Un territoire aussi enclavé que le nôtre n’a plus grand-chose à offrir, notamment en matière de qualification professionnelle. Le milieu rural est entraîné dans une spirale de paupérisation intellectuelle et culturelle. Tout commence au collège où le brassage entre les classes sociales et les milieux professionnels ne se fait pas. Dans une économie de la connaissance, cela ne pardonne pas !” Pour autant, et à condition qu’un échangeur autoroutier ou qu’une desserte TGV ne soient pas trop éloignés, les territoires ruraux ne sont pas condamnés au déclin. Surtout lorsque l’implication des collectivités favorise tant l’implantation d’entrepreneurs d’Ile-de-France que l’éclosion de projets purement locaux. Dans le sud Touraine, la création d’une plate-forme NTIC par Loches Développement a contribué à la croissance spectaculaire de P4X, un bureau d’études spécialisé dans l’assistance technique aux professions du bâtiment. Cette start-up, créée en janvier 2002 par deux ex-cadres parisiens, emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés, pour l’essentiel des techniciens supérieurs et ingénieurs. Des sociétés locales d’informatique ou de design ont suivi l’exemple et rejoint la plate-forme lochoise. Cette alchimie complexe a également fonctionné à Neung-sur-Beuvron (41). Quelques petites sociétés parisiennes, comme la SSII Reivax Services, ont choisi de quitter les embouteillages pour les allées boisées de l’Ecoparc de Sologne, une pépinière d’entreprises installée dans le parc du château de Villemorant, une ancienne propriété de Jean-Bedel Bokassa. Mais les initiateurs ont surtout misé “sur le potentiel local”. L’un de leurs principaux motifs de fierté tient au développement spectaculaire du spécialiste du traitement de l’eau B+Home, passé en quelques années de 5 à 45 salariés. “Notre activité couvre aujourd’hui 14 départements, mais nous nous sommes lancés à partir de notre base solognote” explique Laurent Marie, le gérant de B+Home. Il existe aussi des pépites au fond des campagnes. Tout l’art est de savoir les dénicher.










