Montée en puissance de l’agroalimentaire, retour dans certains secteurs des investissements de capacité, déplacement vers le sud des projets logistiques. Les industriels régionaux ne baissent pas la garde en 2005 sur le front de l’investissement.
Avec près d’une cinquantaine de projets *, un montant total qui avoisine les 700 M€ et la création induite d’au moins 1 300 emplois, les résultats 2005 de l’enquête régionale sur l’investissement industriel - que notre équipe réalise chaque année avec l’hebdomadaire l’Usine Nouvelle - tranchent avec la morosité ambiante. En dépit des difficultés nombreuses qui l’assaillent, le tissu industriel régional résiste et s’adapte à l’évolution de ses marchés. Souvent stigmatisé pour sa relative discrétion, le secteur agroalimentaire constitue en région Centre l’un des principaux sujets du satisfaction du millésime 2005. En témoignent, à Auneau (28), les 80 M€ qui vont être consacrés par le groupe Andros à la construction d’une unité de desserts lactés, à laquelle s’adossera une plate-forme de stockage et de distribution. A cet investissement phare s’ajoutent les 35 M€ en passe d’être engagés par la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LDSH) pour accroître ses capacités de conditionnement de lait, de jus de fruits et de produits diététiques.
|
Le projet de pôle “Sciences de la beauté et du bien-être” paraît bien placé dans la course à l’obtention du label de pôle d’excellence. Son concurrent “Sciences et systèmes de l’énergie électrique” souffre, comme nous l’avions souligné dès le dépôt des candidatures (LV n°399), de son caractère hétéroclite.
Dans l’attente de la désignation de la première liste des futurs pôles de compétitivité, qui sera rendue le 8 juillet prochain, les animateurs des deux projets déposés en région Centre – les pôles “Sciences de la beauté et du bien-être” et “Sciences et systèmes de l’énergie électrique” – piaffent d’impatience.
L’ANPE engage une révolution culturelle poussée par la modernisation de ses process, remis en cause par l’électronique, et l’arrivée des sociétés d’intérim sur le marché du recrutement.
Les dirigeants de PME ne sont pas très différents de leurs concitoyens : ils attendent des autres un peu de reconnaissance. Que les pouvoirs publics les aident à valoriser leur image, notamment auprès des jeunes, et ils se chargeront du reste, au premier chef de l’emploi. C’est le message à retenir d’une enquête auprès de 605 petits patrons commandée à Ipsos par la CGPME.
Au moment où un nouveau gouvernement tente de s’attaquer au chômage, Everest que n’ont jamais pu vaincre ses devanciers, l’Institut Ipsos vient d’effectuer pour le compte de la CGPME une enquête sur les projets et attentes des dirigeants de PME auprès de 605 d’entre eux. La bonne surprise est que 45 % des patrons interrogés envisagent de créer des emplois dans les mois qui viennent. Lorsque l’on sait que les PME de moins de 250 personnes concentrent près des deux tiers de l’emploi salarié en France, l’information prend tous son sens. Sur ce nombre, 21 % pensent en créer “certainement” et 24 % “probablement”. C’est dans le secteur des services que l’optimisme est le plus manifeste : la part des embauches “certaines” passe à 30 % et celle des “probables” à 25 %.
De plus en plus d’observateurs de la vie de l’entreprise jugent nécessaire de réduire le recours juridictionnel en cas de licenciement. La France détient le record mondial dans ce domaine.
Une des principales angoisses du patron de PME avant la signature d’un contrat de travail est le risque de litige porté devant le conseil des prud’hommes ou la cour d’appel. La France détient le record européen et même mondial dans ce domaine avec un taux de 25,1 % des licenciements aboutissant à un recours judiciaire, assez loin devant l’Allemagne (22,6 %). Les prud’hommes examinent environ 200 000 affaires par an, dont la moitié ont trait à des licenciements. Les recours engagés par les salariés licenciés se soldent huit fois sur dix par une décision à leur avantage, un ratio à peine écorné par le renvoi en appel, sept fois sur dix gagné par le plaignant contre son employeur. Un juge n’a ni la compétence, ni la somme d’information nécessaire pour se substituer au jugement de l’entreprise.
|
Totalisant près de 50 % des anticipations de recrutement en 2005, les entreprises de moins de 20 salariés constituent le plus important réservoir de main-d’oeuvre. Au total, selon les Assédic, les intentions d’embauche pour l’année en cours ont progressé d’environ 9 %.
Ce n’est certes pas une découverte bouleversante mais certaines évidences méritent d’être rappelées : la création d’emplois en région Centre – à l’instar d’ailleurs de l’économie nationale – est d’abord l’affaire des TPE, puis, dans une moindre mesure, des PME.
Si les économistes tentent de rassurer les Français, montrant que l’industrie n’est pas vouée à la décrépitude, la crainte des délocalisations, sur fond de remise en cause de la durée du temps de travail, saisit d’angoisse tout le pays. Motif inavoué de la décrue des effectifs chez Federal Mogul, dans la couronne orléanaise, ou officiel chez Nacam, à Vendôme, les 35 heures risquent de précipiter la France dans une crise qu’elle peut éviter. Par exemple en renouant les fils du dialogue social. Chez Nacam, à Vendôme, l’incompréhension entre les salariés et la direction a poussé dans l’arène Maurice Leroy, le député de la circonscription et président du Conseil général. Le moment est venu pour les politiques de mouiller la chemise.
Trois questions à Maurice Leroy, député UDF et président du Conseil général de Loir-et-Cher
La Lettre Valloire : La direction de Nacam ne joue-t-elle pas avec le feu en refusant de reconnaître suffisamment le rôle du CE ?
Maurice Leroy : On ne sortira pas de cette crise en se focalisant sur des questions de personnes ou de chapelle syndicale. Les enjeux sont d’une gravité singulière assez emblématique d’une situation nationale. Je le dis haut et fort : la loi sur les 35 h est en train de plomber les entreprises de ce pays et les modifications prévues par la loi Fillon, comme l’augmentation des heures supplémentaires, ne changent rien au problème. Il n’y a dans mon discours aucune connotation idéologique.
La prochaine ouverture de l’A 28 et son raccordement à l’A 10 au nord de Tours, l’échéance – plus lointaine – de l’A 85 et la mise en service récente d’un nouvel échangeur de l’A 10 au sud ont réveillé les projets d’implantation en Touraine. Logistique et distribution spécialisée se partagent les terrains aménagés par la SET.
La Touraine démontre une fois de plus qu’une politique volontariste d’offre foncière, couplée à de bonnes dessertes autoroutières, est un imparable déclencheur du développement économique. A l’ouverture complète de l’A 28, prévue pour la fin de l’année (les chaînons manquants Tours-Ecommoy et Alençon-Rouen devant être achevés à peu près en même temps), Tours se trouvera à l’intersection de la nouvelle autoroute et de l’A 10. Cet axe, qui reliera le nord de l’Europe à la péninsule ibérique sans passer par Paris, sera à n’en pas douter à très fort trafic.
|
|
|
|
|
|
Page 15 de 16 |