Trop éloignée des grands ports et de leurs plates-formes de stockage, la région Centre n’accueillera aucune des usines de biocarburants annoncées récemment par le Premier ministre. Il lui faudra donc attendre une bonne dizaine d’années et la seconde génération des carburants issus de la biomasse pour espérer la création d’unités de production sur le territoire régional.
Suite à notre article, “Noz flaire les bonnes affaires”, paru le 1er mars 2006 dans La Lettre Valloire n°425, le président de Noz a souhaité exercer son droit de réponse.(...)
“Vous exercez votre droit de critique et nous le respectons. Encore faut-il qu’il s’applique sur des faits véridiques. Ce qui n’est pas le cas. Reprenons les termes les plus flagrants de votre article : “Noz a réussi un très joli coup immobilier” (…) “un cadeau compte tenu de la superficie”. Faut-il vous rappeler que Matra n’a reçu qu’une seule offre, celle de Noz, pour la reprise du site Romo3? Nous ne lui avons pas forcé la main. “Futura Finances préfère les loyers élevés (…)
L’architecture complexe des aides économiques de la Région Centre a été corrigée dans le sens d’une plus grande simplicité. Les fonds seront désormais assortis d’obligations sociales et environnementales. L’ensemble paraît cohérent, même si l’affichage politique a parfois conduit à exiger des contreparties excessives, notamment en terme d’emplois.
Des élus empêchés dans leurs projets contestent les orientations de la politique d’aménagement de l’agglomération chartraine.
La politique d’aménagement de la communauté d’agglomération chartraine (Chartres Métropole), emmenée par le député-maire de la ville Jean-Pierre Gorges (UMP), provoque la colère de plusieurs maires qui voient quelques-uns de leurs projets empêchés. Au coeur de cette polémique, les orientations du Schéma de cohérence territoriale (SCOT), établi par le syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération chartraine (SMEP), un document qui fixe les grandes priorités en matière d’aménagement.
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La crise de la filière avicole n’épargne pas la région Centre. La baisse d’activité a dépassé pour certains opérateurs les 40 %. Les grandes unités régionales - celles de Doux et de LDC - parviennent, pour l’heure, à maintenir le cap sans trop de casse pour l’emploi. Les abattoirs de volaille de taille plus modeste sont à la peine et attendent beaucoup des aides promises par les pouvoirs publics. La baisse de la consommation de volaille liée aux craintes - infondées - de contamination par le virus de la grippe aviaire angoisse tous les acteurs de la filière avicole. “En région Centre, les enjeux en matière d’emploi sont majeurs”, explique Bruno Tassin, de la Chambre régionale d’agriculture. Les 4 000 emplois directs et indirects, dont 3 000 recensés dans l’abattage, la transformation et le commerce, et un bon millier dans l’amont de la filière (éleveurs de volailles, producteurs d’oeufs, couvoirs) sont sur la sellette, le recul des ventes, qui a dépassé les 40 % pour quelques établissements, mettant les comptes dans le rouge. Si la région Centre ne figure qu’au 6e rang du palmarès national avec 5 % des volumes abattus, l’activité compte quelques fleurons. Doux exploite ainsi trois unités d’abattage et de découpe à Blancafort et au Châtelet (18), ainsi qu’à Boynes (45), auxquelles s’ajoute une usine de production d’alimentation animale à Clémont-sur-Sauldre (18), l’ensemble représentant un peu moins de 600 emplois. Le second poids lourd est le groupe sarthois LDC, qui exploite Volabraye à Savigny-sur-Braye (41) et Servais à Droué (41), employant un peu moins de 500 salariés. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ces sites semblaient relativement épargnés : chez Doux, où l’on a décrété des mesures de chômage partiel à l’échelle nationale, les unités de Blancafort et du Châtelet étaient épargnées. Il était seulement prévu de réduire les volumes, de redéployer le personnel sur la découpe ou le conditionnement et de ne pas renouveler une vingtaine de CDD, après une première vague équivalente au mois de février. A Boynes, la direction a décidé de supprimer l’une des deux équipes de découpe, mesure qui devrait se traduire par la suppression d’un volant de CDD et d’intérimaires d’une quarantaine de personnes. Les deux unités du groupe LDC, Servais et Volabraye, annoncent une baisse d’activité comprise entre 15 et 20 %. Elles aussi se sont résolues à supprimer des CDD, une dizaine chez Servais, une quarantaine chez Volabraye. Les directions des deux établissements, qui emploient maintenant respectivement 110 et 360 salariés, n’entendent pas recourir à des mesures de chômage partiel. “Tout dépendra de l’évolution de la situation dans les trois prochains mois…”
L’effet de domino redouté…
“Ce ne sont pas ces établissements qui suscitent les craintes les plus importantes”, souligne Hélène Préveral, animatrice du comité régional interprofessionnel, “mais plutôt les abattoirs de taille plus modeste, n’appartenant pas à un grand groupe, et qui font vivre à l’échelon départemental toute une filière”. Il s’agit notamment d’établissements comme Volabel à Bléré (37), Ménard à Ouchamps (41) ou Ronsard Ile-de-France à Jouy (28). De surcroît, les logiques de qualité (volailles commercialisées sous l’estampille label rouge), qui sont aujourd’hui celles de la plupart des abattoirs régionaux, ne sont pas compatibles avec le respect des consignes de confinement. “Nous redoutons l’effet de domino” avance Hélène Préveral. “Quelques dépôts de bilan en aval peuvent déséquilibrer toute une filière, jusqu’aux couvoirs, ces unités indépendantes ou filiales de grands groupes spécialisées dans l’élevage des jeunes (plus de 56 millions de poussins/an en région Centre)”. Chez Volabel, à Bléré, Carole Gauthier, directrice générale de l’entreprise familiale (48 salariés), confirme que la baisse de l’activité a atteint les 50 %. “Les prix sont aussi en chute libre, nous vendons en dessous du prix de revient matière” affirme-t-elle. Pour l’heure, Volabel s’est cantonné à reporter les enlèvements de volailles et à faire tourner à plein ses capacités de congélation (80 tonnes avec les capacités extérieures). “Toutefois, il est évident que nous ne pourrons pas continuer très longtemps dans ces conditions, pas plus de six mois…” D’ores et déjà, la dirigeante envisage des mesures de chômage partiel et attend surtout beaucoup des aides à la filière promises par les pouvoirs publics. La part des aides affectées à la région Centre et la clé de répartition entre les différents acteurs devraient d’ailleurs être révélées dans les prochains jours.
Certes, Noz a créé une centaine d’emplois à Romorantin. Mais le faillitaire et déstockeur aux 132 magasins a surtout réalisé une excellente affaire en achetant très bon marché les 45 000 m2 de l’usine Matra Automobile de Plaisance. Bailleur intransigeant, il rebute les locataires et inonde Etat et collectivités de demandes de subventions. A Vitré, près de Rennes, les élus ont préféré refuser son offre et conserver l’ancienne usine Mitsubishi.
Qui est vraiment Noz ? Un vendeur d’articles de bazar ou une société immobilière ? Le faillitaire et déstockeur (132 magasins répartis sur 56 départements), implanté depuis plusieurs mois sur l’ex-site Matra Automobile de Plaisance à Romorantin, “a vraiment réussi un très joli coup en Loir-et-Cher” observe-t-on sur place. Futura Finances, la société de tête de Rémy Adrion, a en effet acquis les 45 000 m2 de l’usine pour environ 6 M€. Un cadeau, compte tenu de la superficie de l’emprise et des bâtiments acquis, “pratiquement neufs”. Si Noz pratique les prix bas, Futura Finances préfère les loyers élevés : CAT Logistique, occupant d’une partie des lieux, se demande s’il ne ferait pas mieux de déménager pour alléger la facture. Dommage pour Romorantin. Le logisticien est en passe de remplir son contrat : il emploie une dizaine de personnes et devrait monter à une cinquantaine. Les développeurs reconnaissent “avoir perdu la main sur les bâtiments vacants” ; ils ne les proposent d’ailleurs même plus aux candidats à une implantation. Récemment, un centre d’appels a envisagé une installation sur le site de Plaisance. Trop cher. Il a fini par jeter l’éponge devant l’intransigeance de Futura Finances. Si la chasse à la subvention était sport olympique, Noz aurait de bonnes chances de médaille. Mais les pouvoirs publics commencent à être excédés par cette pratique systématique. Ils ont ainsi refusé de verser au groupe la prime d’aménagement du territoire (PAT) demandée : “Il ne pouvait y avoir droit compte tenu de son activité. Elle ne relève pas de l’industrie ou du service à l’industrie… mais du service à un seul client : la nébuleuse Noz. C’est indéfendable !” fulmine Pierre Pouëssel, le préfet de Loir-et-Cher. Car Noz n’exploite pas en propre l’activité logistique de la plate-forme de Romorantin : il l’a externaliexternalisée auprès de deux sous-traitants, les établissements Moreau Père & Fils (environ 50 emplois) et Sologne Traitement (environ 30 emplois). Ces deux sociétés – très faiblement capitalisées – ne seraient en fait que “des faux nez ne possédant que Noz pour client” constate un bon connaisseur du dossier.
Des demandes continuelles
Au total, la bagatelle de six entreprises (stockage, préparation de commandes) sont implantées sur le site pour un total de 120 emplois, dont 90 CDI. Une astuce “qui permet à Noz de quémander des subventions au titre de ces différentes sociétés” reprend notre interlocuteur. La ficelle est un peu grosse mais Noz parvient de temps en temps à ses fins. Une aide de 78 400 € a tout de même été attribuée à Moreau Père & Fils au titre du FRED (Fonds de restructuration de la défense). En revanche, le Conseil régional lui a refusé une subvention de 196 000 €. La convention conditionnait son versement au respect de certaines clauses, comme la diversification du portefeuille commercial. “Elle n’a pas été signée par les responsables de Noz” affirme-t-on à la Région. Tenaces, les responsables de Noz ont déposé en septembre un nouveau dossier de PAT d’un montant de 200 000 €, cette fois pour Sologne Traitement. Une nouvelle fois, la demande a été retoquée par le CIALA (Comité interministériel d’aménagement et de localisation de l’activité industrielle). Le refus aurait d’ailleurs également entraîné la non-acceptation d’une… seconde demande d’aide FRED (75 000 €), toujours au titre de Sologne Traitement. “La notification de cette décision est attendue dans les prochains mois” précise Pierre Pouëssel. Mais lorsque les portes se ferment, Noz tente de passer par la fenêtre : sa direction a déposé… une troisième demande de PAT de 98 000 €, aujourd’hui en cours d’instruction. En Bretagne, les élus du Pays de Vitré (35) ont préféré refuser. Noz les pressait de céder les 24 000 m2 d’une ancienne usine Mitsubishi Electric pour 4,8 M€. Objectif officiel : transférer le siège social et la plate-forme logistique de Loiron (53), commune située à une trentaine de kilomètres de Vitré. Le projet aurait entraîné le déplacement de 300 salariés et la création – hypothétique – de 200 emplois. Pour les élus bretons, “après le déploiement de Noz, il devenait impossible de diversifier l’activité. Le rachat des locaux, présenté comme tout ou rien, entraînait le départ de deux entreprises (Arienus et Mobiltron) que nous avions accompagnées”. Noz table sur la création de 70 magasins supplémentaires au cours des deux prochaines années. La direction s’est donc mise à la recherche d’un nouveau point de chute dans le grand Ouest… avec, sans doute, toujours en tête l’idée de réaliser une affaire immobilière juteuse.
Jean-Christophe Savattier et François-Xavier Beuzon
Dreux va affecter l’activité de soustraitants qui, pour la majorité d’entre eux, avaient déjà réduit leur niveau de dépendance. D’ores et déjà, les supputations vont bon train sur l’avenir d’un site industriel de 15 ha présentant de nombreux atouts.
Le naufrage de l’usine LG Philips à Dreux se traduit par la suppression de 600 emplois directs, mais va aussi inévitablement affecter le noyau de sous-traitants qui approvisionnaient l’usine en fournitures et prestations diverses.
Séduits par la modération du coût du foncier, la proximité immédiate avec l’Ile-de-France et la qualité des dessertes routières, les investisseurs spécialisés dans la logistique s’intéressent à l’Est beauceron. La “logistic valley” est encore dans l’attente de réalisations concrètes.
A la lisière de l’Eure-et-Loir et du Loiret, à l’intérieur d’un losange reliant Pithiviers, Auneau, Voves et Artenay, une nouvelle terre d’accueil de la logistique est probablement en train d’émerger.
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