“Les fils du dialogue vont être renoués”

Trois questions à Maurice Leroy, député UDF et président du Conseil général de Loir-et-Cher

La Lettre Valloire : La direction de Nacam ne joue-t-elle pas avec le feu en refusant de reconnaître suffisamment le rôle du CE ?

Maurice Leroy : On ne sortira pas de cette crise en se focalisant sur des questions de personnes ou de chapelle syndicale. Les enjeux sont d’une gravité singulière assez emblématique d’une situation nationale. Je le dis haut et fort : la loi sur les 35 h est en train de plomber les entreprises de ce pays et les modifications prévues par la loi Fillon, comme l’augmentation des heures supplémentaires, ne changent rien au problème. Il n’y a dans mon discours aucune connotation idéologique.
 

La logistique réveille la Touraine

La prochaine ouverture de l’A 28 et son raccordement à l’A 10 au nord de Tours, l’échéance – plus lointaine – de l’A 85 et la mise en service récente d’un nouvel échangeur de l’A 10 au sud ont réveillé les projets d’implantation en Touraine. Logistique et distribution spécialisée se partagent les terrains aménagés par la SET.

La Touraine démontre une fois de plus qu’une politique volontariste d’offre foncière, couplée à de bonnes dessertes autoroutières, est un imparable déclencheur du développement économique. A l’ouverture complète de l’A 28, prévue pour la fin de l’année (les chaînons manquants Tours-Ecommoy et Alençon-Rouen devant être achevés à peu près en même temps), Tours se trouvera à l’intersection de la nouvelle autoroute et de l’A 10. Cet axe, qui reliera le nord de l’Europe à la péninsule ibérique sans passer par Paris, sera à n’en pas douter à très fort trafic.
 

Economie : la Région veut réaffirmer son leadership

L’exécutif régional veut adopter avant la fin de l’année un schéma régional de développement économique et social. Objectif : réaffirmer son leadership dans un domaine parfois contesté par d’autres collectivités.

La Région Centre cherche à reprendre l’initiative sur le terrain de la politique économique en profitant, selon l’expression de son président Michel Sapin (PS), “des perspectives offertes par la loi de décentralisation” qui, admet-il, “ne conduit pas qu’à des impasses…”. Les péripéties de l’adoption du texte de loi relatif aux libertés et responsabilités locales ont mis en exergue les hésitations du gouvernement sur le sujet. Dans un premier temps, les pouvoirs publics ont semblé vouloir retirer le rôle de chef de file à la collectivité régionale. Point d’orgue de cette tentative, l’adoption par le Sénat à l’été 2004 d’un amendement déposé par Eric Doligé (UMP), président du Conseil général du Loiret, réduisant les prérogatives économiques des Régions à une modeste “coordination”.
 

L’Eure-et-Loir réoriente sa politique économique

Tenu de se mettre en conformité avec l’appareil réglementaire, le Département d’Eure-et-Loir reprend la main en matière d’aides aux entreprises. Il en profite pour toiletter un dispositif qui doit aussi s’adapter à l’évolution du marché.

Quoique souvent à l’honneur ces dernières années, avec plusieurs succès retentissants en matière d’implantations ou de développement d’entreprises, l’Eureet- Loir a néanmoins décidé de refondre sa politique d’intervention économique. Franck Lorho, qui a rejoint le Conseil général l’an passé après une carrière l’ayant conduit successivement chez Ernst&Young, à la CCI de Paris et au Conseil régional des Pays de la Loire, a piloté un travail destiné à mettre le système d’aides jusque-là en vigueur en phase avec la législation et à donner “plus de visibilité” au Département dispensateur des aides.
 

La FFB empiète sur le pré carré de l’UPA dans les chambres de Métiers

En région Centre, la Fédération française du Bâtiment (FFB) a décidé de jouer une carte personnelle dans quatre des six élections destinées à renouveler les assemblées de chambres de Métiers. En Eure-et- Loir et dans le Loiret, la consigne nationale a conduit à la chute des présidents sortants, tous les deux membres de l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Les dernières élections au sein des chambres de Métiers ont fait voler en éclats l’unanimisme qui prévalait jusqu’alors. Dans quatre des six chambres de la région Centre, la Fédération française du Bâtiment (FFB) a décidé d’affronter l’Union professionnelle artisanale (UPA) avec laquelle elle avait pourtant pris l’habitude de faire cause commune.
 

L’intérim au secours de l’emploi

Les professionnels du travail temporaire (278 agences en région Centre, 28 000 équivalents temps plein chez les entreprises clientes en 2004) offrent des solutions novatrices en matière d’intégration des juniors, des seniors et même des personnes en difficulté. Depuis cet hiver, les agences d’intérim peuvent proposer leurs services en matière de recrutement, en complémentarité de l’ANPE. L’intérim va-t-il révolutionner le monde du travail ?

Le travail temporaire peut-il résoudre la question du retour à l’emploi et concourir ainsi à une meilleure cohésion sociale ? Si l’intitulé du débat organisé le 22 mars à Orléans était alléchant (“Quel avenir pour l’emploi en région Centre ?”), l’auditoire est resté sur sa faim. Les déclarations de principe des acteurs institutionnels et les cas d’école de plusieurs grandes entreprises utilisatrices – et satisfaites – de main-d’oeuvre intérimaire ne font pas un bon débat sur l’emploi.
 

La Région Centre garnit son bas de laine

L’exécutif régional a trouvé un bouc émissaire idéal pour justifier l’envolée de la fiscalité locale : la décentralisation. En fait, la Région voit s’accumuler au-dessus de sa tête des nuages qui ne sont pas apparus avec le gouvernement Raffarin. Prévoyante, elle garnit son bas de laine en tondant le contribuable… et en mettant l’Etat en porte-à-faux.

Le Conseil régional du Centre, comme la plupart des exécutifs régionaux, a fait adopter par sa majorité PS-Verts-PC une envolée inhabituelle de ses dépenses. Entre les budgets primitifs 2004 et 2005, la progression des recettes (fiscalité, dotations et reversements de l’Etat, fonds européens et emprunt) est de 93 M€ (761,5 M€ au lieu de 668,6 M€)… soit + 14 % : à pression fiscale équivalente, l’augmentation naturelle des bases n’aurait dû gonfler le budget que d’environ 15 M€. Sur ces 93 M€, plus du tiers (33 M€) proviendra de la hausse du produit de la fiscalité directe, qui assure le quart des rentrées totales avec les parts régionales des taxes professionnelle et foncières. La première représente 22 M€ à elle seule.
 

Le Medef demande moins de dépenses publiques

S’il minimise l’impact réel de la hausse de la part régionale des impôts locaux, Etienne Rouxel, président du Medef Touraine et du Medef Centre, demande instamment une pause dans la progression des prélèvements obligatoires.

La Lettre Valloire : La fiscalité régionale fait-elle peur aux entreprises ?
Etienne Rouxel : Il s’agit pour nous d’une question de principe. L’augmentation de la part régionale des impôts locaux ne représente pas de sommes considérables (voir plus haut, NDLR), mais la pression fiscale, toutes catégories confondues, devient insupportable pour les entreprises. C’est pourquoi nous tirons la sonnette d’alarme et demandons un effort très important d’assainissement des finances publiques.

LV : Que préconisez-vous ?

ER : La réforme de l’Etat et la baisse de son train de vie. Entre l’annonce des mesures et leur application, trop de temps s’écoule. Le monde de l’entreprise ne comprend pas ce décalage. Quand cela va mal, les chefs d’entreprise prennent des décisions quasi immédiates. Le gouvernement doit avancer plus vite dans la voie de la réforme. Il serait souhaitable de profiter du départ à la retraite des fonctionnaires nés dans les années d’après-guerre pour réduire leur nombre en limitant les remplacements, par exemple, à 1 arrivée pour 2 départs.

LV : Que répondez-vous à ceux qui accusent le gouvernement de faire la politique du Medef ?

ER : C’est complètement faux. Le Medef propose des mesures de simple bon sens. En ce qui concerne la taxe professionnelle, celui qui a fait le plus pour les entreprises est certainement Laurent Fabius, lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances (gouvernement Jospin, NDLR), en instaurant une suppression progressive de la part salariale.
 

St-Jean-de-la-Ruelle ne badine pas avec les promesses

L’équipementier américain Deutsch n’aurait pas rempli les promesses d’embauche consenties en échange d’une subvention versée par la municipalité socialiste de St-Jean-de-la-Ruelle. Celle-ci réclame le remboursement des quelque 160 000 € versés. La municipalité de St-Jean-de-la-Ruelle, emmenée par son maire et conseiller général Christophe Chaillou (PS), réclame le remboursement d’une subvention versée à la société américaine Deutsch (connectique pour l’aéronautique et l’automobile). Aux termes d’une convention signée en 2001, cette entreprise s’était en effet engagée, en contrepartie d’une subvention de 160 000 €, à réaliser sur le site un investissement dix fois supérieur, à créer une centaine d’emplois et accroître les bases de TP à concurrence de 6 M€. Le projet s’accompagnait de la création d’un second bâtiment et du transfert des activités pour l’automobile, de Trappes (78) vers St-Jean-de-la-Ruelle. A l’échéance de cette convention, la municipalité a constaté que l’entreprise n’avait pas pleinement rempli ses engagements.
 


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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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