Jeanny Lorgeoux, maire de Romorantin : “Les chambres consulaires doivent renoncer à un recours contre le Carré des Marques”

A Romorantin, le projet de Carré des Marques, regroupant 80 magasins de prêt-à-porter, vient d’être autorisé par la commission départementale d’équipement commercial (CDEC) en dépit de l’opposition farouche des chambres consulaires et d’un collectif de commerçants blésois. Jeanny Lorgeoux demande à ses adversaires d’accepter la décision. La Lettre Valloire : Le projet de Carré des Marques vient d’être autorisé par la CDEC de Loir-et- Cher. Quelle va être la prochaine étape ? Jeanny Lorgeoux : J’espère tout simplement que la CCI et la Chambre de Métiers ne vont pas s’entêter. Je salue leur combat et leurs convictions mais les responsables consulaires s’honoreraient à reconnaître que le projet a été reconnu et adopté par l’opinion, les consommateurs, les élus et les commissaires enquêteurs. Le Carré des Marques est un projet structurant pour le bassin d’emploi et pour l’ensemble du Loir-et-Cher. Je leur demande donc solennellement de renoncer à tout recours qui ne ferait que retarder l’échéance. Aujourd’hui, le microcosme blésois est chauffé à blanc ; il est sans doute temps de passer à un stade moins passionnel. A cet égard, j’ai beaucoup apprécié la déclaration modérée de la Chambre de Métiers qui a reconnu avec beaucoup de justesse et de clairvoyance que la cause était entendue. LV : On ne peut toutefois pas nier que le Carré des Marques aura un impact négatif sur certains commerces ... J.L. : Je le dis clairement, les dommages collatéraux seront minimes. J’observe que certains commerces ferment actuellement... sans concurrence du Carré des Marques. Personne ne peut rien contre cette évolution ! Les commerces de qualité ne craignent rien. Ils auront un an pour se conformer et s’adapter au changement du paysage concurrentiel. L’expérience de Troyes montre qu’il y a sans doute un effet tétanisant au début mais qu’au final l’appareil commercial s’adapte et profite du renforcement de l’offre. LV : Quel va être désormais le calendrier du projet ? J.L. : Si l’on ne nous oppose pas de recours, les travaux pourraient être engagés rapidement dans la perspective d’une ouverture au premier trimestre 2009. Le programme porté par Unibail prévoit la création de 20 000 m2 de surface commerciale, l’installation de 80 boutiques et la création nette de 210 CDI. Je signale que le Carré des Marques suscitera la création de 300 emplois au total, mais nous avons préféré retrancher dans notre communication une petite centaine d’emplois liés aux fameux dommages collatéraux qui seront – dit-on – observés sur l’ensemble de la région Centre. LV : Vous parlez de projet structurant pour le bassin d’emploi. Pouvez-vous préciser ? J.L. : D’ores et déjà, nous sommes sollicités par des opérateurs de la grande distribution, mais aussi par d’autres formes de commerce qui estiment qu’il pourrait être judicieux de s’installer à proximité d’un village des marques. J’ai même reçu des appels de commerçants de grande qualité, installés dans la région, qui me demandent s’ils peuvent s’implanter sur le futur site. Des logisticiens et des transporteurs ont aussi fait part de marques d’intérêt. Comment, lorsqu’on exerce des responsabilités publiques, se mettre en travers d’un tel renouveau ? Le Carré va nous permettre d’engager un cercle vertueux. Je rappelle à tous ceux qui l’auraient oublié que je suis le maire d’une ville qui a perdu 2 200 emplois industriels sur une population de 19 000 habitants. Cette “saignée” a laissé des traces encore visibles. A cette époque, aucun “collectif” d’aucune sorte n’avait manifesté une quelconque solidarité avec nous. L’implantation d’un tel équipement commercial va nous permettre de cicatriser ces plaies. LV : L’une des mesures phares préconisées par la commission Attali est la suppression des CDEC. Quel est votre avis sur cette question ? J.L. : La commission Attali a effectué un travail remarquable et tracé des pistes tout à fait intéressantes pour l’avenir de ce pays. Je soutiens évidemment toutes les propositions qui peuvent nous affranchir de toutes les pesanteurs inutiles. Y compris la remise en cause des CDEC ! A cet égard, certains devraient s’interroger sur leurs propres conservatismes qui, bien souvent, ne visent qu’à assurer leur perpétuation au détriment de l’intérêt général.

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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