Charles - Eric Lemaignen : “Ma priorité, c’est l’AgglO, ensuite la Région ”

Charles-Eric Lemaignen repart au côté de Serge Grouard ; il briguera la présidence de l’agglomération d’Orléans, l’AgglO. Si sa priorité est de conduire à leur terme les projets qu’il a engagés dans cette collectivité de 22 communes et de 270 000 habitants, il souhaite aussi devenir l’un des acteurs majeurs de l’exécutif régional en 2010.La Lettre Valloire : La présidence de la communauté d’agglomération d’Orléans est-elle un aboutissement ou nourrissez-vous d’autres ambitions ? Charles-Eric Lemaignen : Dans mon esprit, il est primordial de poursuivre l’action engagée en 2001 et de mettre en place le second projet d’agglomération. La déclaration d’utilité publique de la deuxième ligne de tramway devrait être prise avant Noël et j’ai très envie de mener à son terme ce dossier dans lequel je me suis beaucoup impliqué. Par ailleurs, je vis très bien mon rôle sur la liste et dans l’équipe constituée par Serge Grouard. Politiquement, ma priorité c’est l’agglomération. Ensuite, ce n’est un secret pour personne, j’aimerais participer à l’exécutif régional à l’issue des élections de 2010. Peu importe ma place exacte, l’important est ce que j’y ferai. Je me verrais bien vice-président en charge des transports ou des finances, deux domaines que je connais bien et qui me passionnent. L.V. : Considérez-vous que la défaite de la liste UMP de Serge Vinçon aux élections régionales de 2004 était évitable ? C.-E. L. : Le gouvernement de l’époque s’est trop longtemps désintéressé des élections régionales puis s’y est impliqué maladroitement dans les dernières semaines. Cela explique l’ampleur de notre défaite au plan national. Ici, en région Centre, Serge Vinçon n’a pas été aidé par les contestations de son leadership. Il faudra tirer les leçons de cet échec pour 2010 si l’on veut battre la gauche. Dès l’été prochain, nous devrons être en ordre de bataille et indiquer clairement nos choix. Mais j’ai bon espoir. Le contexte de 2010 devrait être meilleur que celui de 2004 car les mesures gouvernementales commenceront à produire des effets positifs. A terme, je crois qu’on n’échappera pas à une homogénéisation des deux modes de scrutin, cantonal et régional avec, pourquoi pas, une représentation directe des 41 pays et des 8 agglomérations régionales. L.V. : Pourquoi avez-vous fait le choix de dissocier les fonctions de maire de la ville centre et de président de la communauté d’agglomération ? C.-E. L. : Sur 164 communautés d’agglomération recensées par l’AdCF (Assemblée des Communautés de France), 41 % d’entre elles ne sont pas présidées par le maire de la ville centre. Les deux fonctions sont différentes. Une équipe municipale est élue sur un projet défendu devant les électeurs. Le maire est le patron de cette équipe et le garant de la réalisation du projet. Un président d’agglomération fonctionne autrement. Il a en face de lui d’autres élus. En l’occurrence, 22 maires siègent à la communauté d’agglomération orléanaise et la règle qui prévaut, c’est le consensus. Le projet, nous l’avons élaboré ensemble en 2002, après les élections, et c’est également ensemble que nous le mettrons en place après le scrutin de mars 2008. L.V. : On entend souvent parler de désaccord entre vous et le maire d’Orléans. Qu’en est-il exactement ? C.-E. L. : Notre principal adversaire aimerait tellement que cela soit vrai mais, pas de chance pour lui, c’est faux. Nous avons engagé ce combat ensemble, il y a près de sept ans, et je crois que notre entente est exemplaire. Avec les autres élus de la liste, nous formons une équipe soudée et nous marchons dans la même direction. L.V. : Le projet de deuxième ligne de tramway a provoqué certains remous. Cela aurait-il pu se passer différemment ? C.-E. L. : Nous ne pouvions pas ne pas tenir compte de l’héritage, un tram-fer qui a été construit fin 2000. Il fallait le faire vivre au mieux, même si notre choix n’aurait sûrement pas été le même. Tout n’était pas idéal : le cap des 45 000 voyageurs prévus pour la première année n’a été atteint qu’en 2006 grâce à une augmentation de la fréquence des trams. Pour la deuxième ligne, comme nous l’avions indiqué, nous avons tout remis à plat et recherché, je le revendique haut et fort, une solution moins coûteuse que le tram-fer. L’état des finances de l’AgglO ne permettait pas un tram-fer dès 2005, un décalage pour souffler financièrement était indispensable. L.V. : Le choix du rail est-il finalement le bon ? C.-E. L. : Oui, parce que la première ligne était en tram-fer. Les habitants, consultés par sondage sur 1 500 personnes, ont bien indiqué qu’ils souhaitaient un mode cohérent avec celui de la première ligne. Un tram-fer sur 11,8 km permettra aux rames de la deuxième ligne de pouvoir également circuler, en 2011 si tout va bien, sur la première. Mais une politique de transports ne peut être que globale, l’arbre du tram ne doit pas cacher la forêt, et les succès de l’AgglO depuis 2001 sont d’avoir fait progresser de 33 % la fréquentation des transports publics dont 24 % pour les seuls bus qui déclinaient régulièrement depuis longtemps, et d’avoir relancé le vélo avec toute une palette d’actions dont la plus emblématique est la location courte durée Vélo +. L.V. : Quels sont vos autres principaux motifs de satisfaction ? C.-E. L. : Nous avons rendu la Loire aux habitants de notre agglomération et particulièrement aux Orléanais qui tournaient le dos au fleuve depuis un siècle et demi, pratiquement depuis que le chemin de fer avait entraîné la disparition de la marine de Loire. L’aménagement des quais est une réussite et je crois que les habitants en sont légitimement fiers. Ensuite, nous avons réussi à faire vivre cette agglomération et à faire travailler ensemble 22 communes.
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Mis à jour ( Vendredi, 20 Février 2009 13:52 )  


Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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