Avec 30 000 m2 transactés, jamais l’immobilier de bureaux orléanais ne se sera aussi bien porté qu’en 2010, année pourtant encore marquée par la crise. BNP Paribas Real Estate (BNPP-RE), qui examine à la loupe la situation d’une vingtaine d’agglomérations françaises, n’avait jamais vu cela, surtout après une année 2009 particulièrement morose (21 000 m²).
Certes, le secteur public aura donné un sérieux coup de pouce au marché : les déménagements de la Dreal, de Pôle Emploi, de RFF et des services fiscaux auront contribué à hauteur de 5 000 m² au résultat, sans même qu’on ait besoin d’ajouter l’installation de la Direccte dans les anciens locaux de la Direction régionale de l’Equipement, place de l’Eta-pe, transfert qui a échappé au décompte. Merci la RGPP.
Cette année et les suivantes, le secteur privé devra reprendre le flambeau pour se maintenir à ce niveau. Et pour cela, il faut des programmes neufs, qui stimulent la demande. Aucune mise en chantier n’étant prévue en centre-ville en 2011, il faudra se rabattre sur la ZAC du Moulin, à Olivet, où les promoteurs (Sogeprom, Lazard) ont 7 000 m² en cours. De quoi répondre à la demande pour les deux ans à venir.
Versant locaux d’activité, en revanche, c’est le marasme. La logistique, longtemps enfant chérie de la ville, est au point mort. Eric Lecomte, en charge de ce secteur ainsi que de la direction de l’agence BNPP-RE d’Orléans, n’a recensé que deux transactions pour des locaux de plus de 5 000 m² : le dépositaire pharmaceutique Movianto, qui a repris les quelque 29 000 m² de Wincanton à St-Cyr-en-Val, assure, à lui seul, plus du quart des transactions totales sur les entrepôts, y compris ceux de moins de 5 000 m². On est loin de 2006, où les utilisateurs s’étaient partagé plus de 160 000 m² de surfaces supérieures à 5 000 m².
Crise, attentisme des opérateurs, vieillissement du parc immobilier ? Certainement un peu tout cela à la fois. Orléans, qui est toujours le quatrième pôle logistique français, saura probablement profiter de la reprise, à condition de proposer, là aussi, du neuf. La balle est dans le camp des promoteurs de la place, qu’ils s’appellent ProLogis, Goodman ou Argan...














