Les 212 salariés de Philips Dreux seront licenciés


31-3-10 - Comme nous le prévoyions dans la dernière édition du magazine de La Lettre Valloire, le spectaculaire baroud d’honneur tenté par les syndicats drouais de Philips EGP à quelques jours des élections régionales n’aura finalement été qu’un feu de paille alimentant de faux espoirs. Le 29 mars, toutes les organisations syndicales – à l’exception de la CGT, très engagée dans le combat – ont, en effet, rendu un avis sur le PSE qui prévoit la fermeture définitive de l’usine de Dreux, spécialisée dans la fabrication de téléviseurs LCD, et le licenciement de ses 212 salariés.
Un avis, qui aussi défavorable soit-il, permet à la direction de réengager la procédure interrompue par le tribunal de grande instance de Chartres ; on se souvient que celui-ci avait été saisi par les syndicats, suite à la gaffe commise par la direction du groupe néerlandais. Celle-ci, engluée dans d’âpres négociations sur les conditions du plan social, avait décidé de fermer le site une veille de week-end dans une parodie de lock out, déclenchant un tsunami médiatico-politique. Le tourbillon avait même obligé le ministre de l’Industrie Christian Estrosi à jouer les démineurs. Dans la foulée, les juges avaient suspendu le plan social et exigé la remise en route de la production. Le tout dans la liesse générale.
Las ! Le soufflé est donc retombé et l’inéluctable s’accomplit. La production devrait se poursuivre jusqu’au 16 avril au rythme de 500 téléviseurs par jour, date à laquelle les premières lettres de licenciement seront envoyés aux salariés concernés. Ils auront tout de même obtenu une amélioration – prime supplémentaire de 20 000 € – des modalités d’indemnisation arrachées à la veille de cet ultime soubresaut. Il ne reste plus à la CGT qu’à dénoncer « la trahison syndicale ».
 




Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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