Les jours de Sofedit à Sermaises seraient comptés



18-2-11 –
Exclusif Lettre Valloire. C’est presque fait ! L’équipementier automobile espagnol Gestamp Automocion (environ 3 Md€ de CA, 18 000 salariés) serait sur le point de signer avec l’allemand Thyssen Krupp la reprise de sa division Metal Forming. En France, le périmètre de cette dernière est essentiellement composée des usines de découpage-emboutissage de Sofedit installées au Theil-sur-l’Huisne (61), à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou (28), à Gouzancourt (59), St-Romain-de-Colbosc (76) et à Sermaises-du-Loiret (45). Elles emploient au total un peu plus de 1 500 salariés, dont un millier dans l’Orne et un peu plus de 300 dans le Loiret.
Comme nous l’avions annoncé en avant-première le 22 octobre dernier, le troisième sidérurgiste chinois, le groupe Shougang Steel, s’était bien positionné sur ce rachat mais a dû finalement baisser pavillon devant l’opposition des responsables politiques européens et des donneurs d’ordre de Metal Forming : ceux-ci ne voyaient pas d’un bon d’œil le transfert de certaines technologies jugées sensibles à des Chinois.
Pour autant, et selon les syndicats, le rachat par l’équipementier ibérique ne sera pas socialement indolore. Le site de Sermaises-du-Loiret, qui n’a pas recouvré la rentabilité, serait déjà dans le collimateur de Gestamp Automocion qui exploite une usine (Gestamp Noury) à Gretz-Armainvilliers (77), une commune située à une centaine de kilomètres de l’usine Sofedit du nord Loiret. Toujours selon les syndicats, la plate-forme industrielle havraise de St-Romain serait également menacée, suite à des transferts de fabrication vers l’usine Renault de Sandouville (76). Rappelons que la région Centre a beaucoup souffert de la restructuration engagée par Sofedit depuis 2008 qui s’est déjà traduite par la fermeture des usines de Vendôme (41) et d’Amilly, près de Montargis (45).
 




Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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