Les usines régionales de Sofedit bientôt chinoises ?


22-10-10 - L’inquiétude est à son comble au sein du personnel des unités françaises de Sofedit, un sous-traitant de l’industrie automobile spécialisé dans le découpage et l’emboutissage de tôles qui emploie encore près de 320 salariés à Sermaises-du-Loiret (45) – dont on peut voir ci-dessus l'usine (photo Adel) –, environ 1 000 au Theil-sur-l’Huisne (61), à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou (28), ainsi qu’une petite centaine à Gouzancourt (59) et à St-Romain-de-Colbosc (76). De source syndicale, on apprend que ces actifs intégrés dans Metal Forming – une division de l’allemand Thyssen Krupp – pourraient être prochainement cédés au géant chinois de l’acier Shougang, le 3e opérateur sidérurgiste de l’empire du Milieu.
Selon nos informations, le groupe chinois tiendrait la corde auprès des dirigeants allemands ; ceux-ci auraient aussi mis à l’étude la candidature de l’espagnol Gestamp Automocion (13 000 salariés, 2,4 Md€ de CA) – qui a repris il y a quelques mois le site de l’équipementier Edscha à Briey (54) – ainsi que celle du groupe Magneti Marelli (32 000 salariés, 4,5 Md€ de CA), une filiale de Fiat.
Le projet ne semble pas du goût des donneurs d’ordre de Sofedit. Toujours de source syndicale, la méconnaissance des intentions réelles de Shougang a conduit PSA à résilier une réaffectation de commandes pour un montant de 50 M€. Tous ces événements ont conduit le comité central d’entreprise à user de son droit d’alerte, il y a une quinzaine de jours. Le périmètre de la cession de Metal Forming (5 500 salariés) – qui pourrait être officialisée d’ici à la fin novembre – comprend aussi deux sites en Allemagne et quatre au Royaume-Uni (Tallent) ; deux de ces usines britanniques devraient d’ailleurs prochainement fermer leurs portes. Rappelons que la région Centre a payé un très lourd tribut à la restructuration engagée par Sofedit depuis 2008 ; celle-ci s’est déjà traduite par la fermeture traumatisante des usines de Vendôme (41) et d’Amilly, près de Montargis (45).
 




Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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