Curieuse affaire que celle du « Carré des Marques » romorantinais où un maire socialiste devient le héraut de la libre entreprise lorsque ceux qui devraient la défendre s’arc-boutent derrière les remparts d’une ligne Maginot malthusienne. Curieux pays où la politique économique de l’offre, qui structure la pensée libérale, devient caduque dès lors qu’elle touche à la boutique. L’opposition entre le loup de la grande distribution et l’agneau du petit commerce, argument classique du second, est un leurre ; si le grand commerce phagocyte le petit, c’est uniquement l’évolution des mentalités qui en est la cause ; les consommateurs veulent du choix et des prix qu’ils ne peuvent trouver qu’en GMS. Ce front renversé prouve, si besoin était, que les lignes de fracture de la société française n’épousent plus les frontières habituelles de l’opinion. Il existe, dans ce pays, un vaste consensus droite-gauche pour en finir avec les derniers pans de l’économie administrée qui contraignent la production de richesses et la création d’emplois. La loi Royer- Raffarin est un des murs qui restent à abattre.










