Quels que soient les torts des laboratoires Servier dans l’affaire Mediator, le déchaînement contre le fondateur du deuxième laboratoire pharmaceutique français est un nouvel avatar de cette passion propre à la France : dénigrer la réussite, tout particulièrement quand elle entraîne fortune, puissance et respectabilité.
Des neuf salariés orléanais de ses débuts, Jacques Servier a bâti en cinquante sept ans un groupe employant plus de 20 000 personnes, qui réalise 80 % de son CA à l’export, auquel on doit des médicaments qui ont soigné et sauvé des milliers de malades. On ne peut réduire cet homme de 88 ans, qui a consacré sa vie à bâtir un empire pharmaco-industriel – Servier est l’un des trente premiers laboratoires mondiaux –, à la cascade d’erreurs tragiques, et probablement de lâchetés et de compromissions, qui se sont accumulés dans l’affaire Mediator... Certes, la justice doit passer : mais il serait injuste que le procès ne soit qu’à charge.











