Il est rare que syndicats de salariés et organisations patronales tombent d’accord. L’idée du président de la République d’imposer une prime obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés a réussi le tour de force de les réconcilier sur son dos.
Avatar de la prime facultative créée par le gouvernement Villepin, cette mesure contraignante promet d’être à la fois inefficace, injuste et inappropriée. Inefficace, parce que complexe et donc contournable, injuste parce que favorisant les salariés des entreprises les plus solides et laissant sur le bas-côté ceux des plus fragiles, les travailleurs précaires et les fonctionnaires, inappropriée enfin, parce que passant outre les deux espaces de pouvoir de l’entreprise : le management et les partenaires sociaux. Quel dommage que cette présidence, qui a tant fait pour soutenir l’économie française à un moment difficile et l’aider à préparer l’avenir en accompagnant le développement des PME, se laisse aller à des initiatives électoralistes d’aussi courte vue.











