Vaterland

La grande Allemagne avait juré sur l’autel de la libre entreprise que jamais on ne prendrait sa classe politique en flagrant délit d’ingérence dans le monde des affaires. Et de hausser le sourcil à chaque oukase du gouvernement français dans ce domaine. 
 On se souvient des levées de boucliers outre-Rhin lors de l’OPA de Sanofi sur la franco-allemande Aventis. Et des cris d’orfraie lorsque la France fit barrage de son corps pour sauver Alstom des griffes de Siemens. Ce qui, par parenthèse, n’a pas trop mal réussi au premier nommé. Faisant fi de cette tradition séculaire, Angela Merkel vient d’appeler à la rescousse son nouvel ami Jacques Chirac pour favoriser le rapprochement entre Deutsche Börse et Euronext, la seconde préférant visiblement une alliance avec la bourse new-yorkaise. Décidément, tout fout le camp. Et l’Europe pâlit un peu plus lorsque les intérêts nationaux prennent le pas sur la logique des affaires.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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