La grande Allemagne avait juré sur l’autel de la libre entreprise que jamais on ne prendrait sa classe politique en flagrant délit d’ingérence dans le monde des affaires. Et de hausser le sourcil à chaque oukase du gouvernement français dans ce domaine.
On se souvient des levées de boucliers outre-Rhin lors de l’OPA de Sanofi sur la franco-allemande Aventis. Et des cris d’orfraie lorsque la France fit barrage de son corps pour sauver Alstom des griffes de Siemens. Ce qui, par parenthèse, n’a pas trop mal réussi au premier nommé. Faisant fi de cette tradition séculaire, Angela Merkel vient d’appeler à la rescousse son nouvel ami Jacques Chirac pour favoriser le rapprochement entre Deutsche Börse et Euronext, la seconde préférant visiblement une alliance avec la bourse new-yorkaise. Décidément, tout fout le camp. Et l’Europe pâlit un peu plus lorsque les intérêts nationaux prennent le pas sur la logique des affaires.









