Les deux Caisses d’Epargne de la région Centre n’en forment plus qu’une depuis le 16 novembre. Un ensemble de 1 800 salariés et de 211 points de vente qui ...
affiche une ambition majeure pour les trois ans à venir : renforcer ses positions sur le marché des entreprises. Jean-François Paillissé, président du directoire de la nouvelle Caisse d’Epargne Loire-Centre, rappelle les enjeux de la fusion. La Lettre Valloire : Le 16 novembre, la fusion des Caisses d’Epargne Centre- Val de Loire et Val de France-Orléanais a été officialisée. En quoi cette fusion était-elle si importante pour vous ? Jean-François Paillissé : En réunissant leurs forces, les deux entreprises seront plus puissantes et plus efficaces pour accompagner les projets de leurs clients. Dans la configuration ancienne de 25 Caisses d’Epargne réparties sur le territoire national, Val de France- Orléanais et Centre-Val de Loire occupaient respectivement les 20e et 21e rangs, en nuançant tout de même puisqu’en terme d’efficacité (mesurée par le ratio charges d’exploitation sur produit net bancaire, NDLR), les deux mêmes caisses se situaient aux 4e et 5e places. Après le mouvement en cours de fusion des Caisses d’Epargne régionales, qui réduira leur nombre à 17, la Caisse Loire-Centre occupera le 10e rang. Avec 906 M€ de fonds propres, elle pourra s’engager dans des opérations que ne pouvaient assumer les deux établissements dont elle est issue. Les 17 Caisses d’Epargne françaises, qui correspondent chacune à un territoire au moins aussi vaste qu’une région administrative, seront de vraies banques universelles de proximité. L. V. : Que pourrez-vous faire aujourd’hui que vous ne pouviez entreprendre à l’échelle d’une demirégion? J.-F. P. : Nous pourrons accompagner les entreprises sur des projets importants. Ce sera la même chose avec les collectivités locales. Il aurait été difficile, pour la Caisse que je dirigeais, de financer le tramway de Tours. Aujourd’hui, ce sera possible et je n’imagine pas que l’on ne fasse pas appel à nous. Pour la 2e ligne du tramway orléanais, nous sommes déjà retenus. Nous pourrons également financer des opérations de partenariat public-privé (PPP) plus importantes que des gendarmeries ou des collèges, par exemple des hôpitaux. L. V. : Comment vous situez-vous, en terme de taille, par rapport à vos concurrents en région Centre ? J.-F. P. : Parmi les mutualistes, nous sommes désormais la deuxième banque à l’échelle de la région Centre, derrière le Crédit Agricole Centre-Loire et devant la Banque Populaire Val de France. Si l’on retient le critère du produit net bancaire (PNB), le “chiffre d’affaires” des banques, nous sommes pratiquement au niveau du Crédit Agricole Centre-Loire, qui couvre deux départements de la région Centre, le Loiret et le Cher, auxquels s’ajoute la Nièvre. Nous représentons deux fois et demi le Crédit Mutuel du Centre, le seul établissement qui a le même périmètre que nous, c’està- dire la région Centre et elle seule. Nous avons 1 424 000 clients, soit plus d’un habitant sur deux de la région. L. V. : Dans quels domaines la Caisse d’Epargne Loire-Centre peut-elle gagner des parts de marché dans les années à venir ? Quels moyens compte-t-elle se donner ? J.-F. P. : L’esprit de la fusion est bien de se donner de nouvelles ambitions et de conquérir des parts de marché. Nous attendons une progression de 10 % par an sur le marché des professionnels (artisans, professions libérales et TPE) et une progression annuelle de 24 % sur celui des entreprises (+ 750 000€ de CA par an ou plus de 9 salariés, NDLR), soit un doublement de nos parts de marché d’ici à 2011. Pour cela, nous doublons le nombre de commerciaux dédiés aux entreprises. Ils seront 35 à 40 d’ici au début de l’année prochaine, contre 15 précédemment pour l’ensemble des deux caisses. En additionnant le personnel du front office et du back office, cela fera 70 salariés supplémentaires pour ces deux marchés des professionnels et des entreprises. En parallèle, nous comptons bien maintenir et même renforcer notre position sur la clientèle des particuliers, un métier qui représente aujourd’hui 80 % de notre PNB. L.V. : Les processus de fusion, engagés dans les années quatre-vingt, réduisent de plus en plus le nombre des banques régionales. La Caisse d’Epargne Loire-Centre n’est-elle qu’une étape ? J.-F. P. : Le précédent processus, qui avait donné naissance aux Caisses Val de France-Orléanais et Centre-Val de Loire, a tenu une quinzaine d’années. Aujourd’hui, avec le périmètre de Loire-Centre, nous estimons posséder une taille critique durable. Nous avons l’avantage d’être à la dimension de la région administrative. La mutualisation de certaines de nos activités va profiter à nos caisses régionales. L’objectif est que chaque Caisse d’Epargne accueille une plate-forme au service des autres. Mobiliz, que Tours partagera avec Poitiers, sera ainsi chargée de faciliter les opérations de déménagement bancaire de nos clients. En 2008, cela représentera 60 personnes à Tours, essentiellement par redéploiement interne. L.V. : Comment seront répartis les effectifs du siège entre Orléans et Tours ? L’un des deux pôles ne vat- il pas phagocyter l’autre ? J.-F. P. : Un des principes qui a conduit cette fusion est le souci de l’équilibre. Nous employons 250 personnes sur chacun des deux bassins d’Orléans et de Tours. Nous n’avons pas découpé les directions et préféré répartir les fonctions entre chacune des deux villes. Les ressources humaines, les moyens généraux et la communication interne sont regroupés à Tours, tandis que les finances, l’audit et les services de la direction générale sont désormais installés à Orléans. Une trentaine de personnes ont été amenées à quitter Tours pour Orléans et réciproquement. Nous n’avons pas oublié les autres villes du territoire régional. A Blois, le centre d’appel Direct Ecureuil, qui emploie aujourd’hui 80 personnes, pourrait se développer dans les années à venir. L.V. : Le monde bancaire est sorti secoué de la crise des subprimes et certains prédisent une poursuite du mouvement. Craignez-vous un impact local à la fois sur la production de crédits et sur le bilan de la banque? J.-F. P. : La crise des subprimes est très éloignée de nos bases et impactera peu les bilans de nos banques. C’est un phénomène américain. En France, où les emprunteurs privilégient les taux fixes, les banques n’ont pas délivré de prêts supérieurs à la valeur du bien. Le vrai défi, pour les banques françaises, est d’affronter une concurrence dure où tout le monde est en conquête de parts de marché.














