Les usines régionales de Sofedit pourraient devenir chinoises

L’inquiétude est à son comble au sein du personnel des unités françaises de Sofedit, un sous-traitant de l’industrie automobile spécialisé dans le découpage et l’emboutissage de tôles, qui emploie encore près de 320 salariés à Sermaises-du-Loiret (45), environ 1 000 au Theil-sur-l’Huisne (61), à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou (28), et une petite centaine à Gouzancourt (59) et à St-Romain-de-Colbosc (76). De source syndicale, on apprend que ces actifs intégrés à Metal Forming – une division du géant allemand Thyssen Krupp – pourraient être prochainement cédés au groupe chinois Shougang Steel, le 3e sidérurgiste de l’empire du Milieu. Selon nos informations, les Chinois tiendraient la corde auprès des dirigeants allemands ; ceux-ci auraient aussi mis à l’étude la candidature de l’espagnol Gestamp Automocion (13 000 salariés, 2,4 Md€ de CA) – qui a repris il y a quelques mois le site de l’équipementier Edscha à Briey (54) – ainsi que celle du groupe Magneti Marelli (32 000 salariés, 4,5 Md€ de CA), une filiale de Fiat.
Le projet chinois ne semble toutefois pas du goût des donneurs d’ordre de Sofedit. Toujours de source syndicale, la méconnaissance des intentions réelles de Shougang a conduit PSA à résilier une réaffectation de commandes pour un montant de 50 M€. Tous ces événements ont conduit le comité central d’entreprise à user de son droit d’alerte, il y a une quinzaine de jours. Le périmètre de la cession de Metal Forming (5 500 salariés) – qui pourrait être officialisée d’ici à la fin novembre – comprend aussi deux sites en Allemagne et quatre au Royaume-Uni (Tallent) ; deux de ces usines britanniques devraient d’ailleurs prochainement fermer leurs portes. Rappelons que la région Centre a payé un très lourd tribut à la restructuration engagée par Sofedit depuis 2008 ; celle-ci s’est déjà traduite par la fermeture traumatisante des usines de Vendôme (41) et d’Amilly, près de Montargis (45). Ces mesures drastiques ont permis de ramener les effectifs à environ 1 600 personnes, trois fois moins qu’avant la mise en œuvre des différents plans sociaux.
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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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