Difficile, aujourd’hui, de séparer développement des territoires et Caisse des Dépôts. Si la vieille dame – née au lendemain de l’épopée napoléonienne – est de plus en plus souvent appelée, au travers de ses filiales, à intervenir comme prêteur ou investisseur en fonds propres dans les entreprises (cf. LV n°537), il convient de ne pas oublier ses métiers traditionnels et son implication forte dans le financement de l’économie.
La crise a ainsi rappelé le rôle essentiel qu’elle jouait en faveur du logement social. En 2010, elle a prêté 438M€ aux différents acteurs de ce marché en région Centre, soit + 130% par rapport à 2006, l’année qui a précédé les turbulences de l’économie mondiale. Deux raisons principales à cela : l’effet volume, qui est dû à l’accélération du rythme des mises en chantier mais aussi aux nouvelles obligations qui ont renchéri le coût de production des logements, mais aussi la moindre utilisation des fonds propres dans les programmes engagés par les collectivités locales et les offices HLM, avec un recours plus massif à l’emprunt, rendu moins cher grâce à la baisse générale des taux.
Dans le domaine des infrastructures et des projets d’aménagement, la Caisse est très largement intervenue. Les ressources du Livret A, pour l’essentiel affectées au logement social, auront également servi à financer les lignes de tramway d’Orléans (135 M€) et de Tours (105,6 M€), ainsi que les nouveaux hôpitaux orléanais, public (avec, au total, plus de 200 M€ qui leur seront prêtés) comme privé (prêt de 19,3 M€, qui s’ajoutera à un apport de 4,6 M€ au capital de la Holding St-Gatien, futur exploitant du pôle hospitalier nord d’Orléans). Les deux universités régionales sont aidées, notamment celle de Tours, qui va consacrer 195 M€ à la restructuration d’un patrimoine immobilier vieillissant et peu performant sur le plan énergétique.
La Caisse des Dépôts est enfin au tour de table des sociétés d’économie mixte, au côté des collectivités locales. Outre leur champ d’action historique (aménagement, gestion, portage de projets immobiliers), les Sem s’engagent désormais dans les nouvelles technologies (infrastructures numériques) et le développement durable (production d’énergie renouvelable). Une concession à la modernité que la Caisse des Dépôts va poursuivre en pilotant plusieurs programmes d’investissement d’avenir (PIA), financés par le grand emprunt.














